flassan
À Flassan, l'épicerie Jouvaud approvisionne le village depuis cinq générations. Explication sur un succès discret, mais tenace, avec Yoan Jouvaud.
Yoan Jouvaud épicerie flassan
© Crédit photo : PN
Connaissez-vous ce proverbe : "C'est dans les vieux pots que l'on fait les meilleures soupes" ? L'histoire et le succès tranquille de l'épicerie Jouvaud, dans le petit village de Flassan, au pied du Ventoux, pourraient être une parfaite illustration de cette maxime. Alors que tout le monde est à la recherche du modèle économique idéal, la famille Jouvaud vit sa vie depuis 1895 en ayant tout l'air de l'avoir trouvé, sans faire le moindre tapage pour autant.
Cette histoire a commencé en 1895, avec Jules Marcellin. Boucher de Mormoiron, il décide de monter quelques kilomètres plus haut, en direction du Ventoux, jusqu'à Flassan. Lui et sa femme, Victorine, s'installent dans une maison proche de l'église, devant une jolie petite placette. Au rez-de-chaussée, il y ouvre une épicerie, qui fait aussi dépôt de tabac. Dans un local attenant à la boutique, il y a son petit abattoir, qui lui permet de vendre la viande qu'il achète sur pied et débite sur place.
En 1913, leur fille, Louisa, prend le relais. À cette époque-là, il n'y a pas moins de trois épiceries dans le village, qui compte 320 âmes. Une autre époque, où les déplacements jusqu'à Carpentras étaient comptés et où l'approvisionnement des foyers étaient assurés à la fois par les potagers et basse-cour de chacun, les fermes des environs et un réseau de petits commerces de proximité. Louisa se marie avec un Flassanais, Paul Jouvaud, qui reprendra la gestion de l'épicerie à la mort de son épouse. En 1954, leur fils, Yves, prend à son tour la responsabilité du petit commerce. Mais l'époque est au changement, et Yves déborde d'idées : il commence par agrandir l'épicerie, en consacrant la seule chambre restant en rez-de-chaussée au commerce. Il fait venir de nouveaux produits, de bric et de broc. "L'épicerie, à cette époque, c'était une vraie caverne d'Ali Baba", se souvient sa belle-fille, Hélène. "On y trouvait un nombre de choses incroyables, de tout et de rien." Quand le boulanger de Flassan décide de quitter le village pour aller s'installer à Villes-sur-Auzon, Yves adjoint à son épicerie un dépôt de pain. Et il en fait aussi un lieu d'animation locale, en tuant l'agneau pascal sur la petite placette, par exemple.
Le fils d'Yves, Gilles, est un technicien plus qu'un commerçant dans l'âme. Il fera d'ailleurs une belle carrière à Bédoin en tant que directeur des services techniques municipaux. Mais sa femme Hélène, agent d'assurances à Carpentras, saisit l'opportunité, en 1993, lors du départ à la retraite de son beau-père, et reprend le flambeau de l'épicerie familiale. "J'en étais cliente, d'abord, de cette épicerie ! Et puis j'aimais ce travail qui se passait dans mon village natal, pour des gens que je connaissais depuis mon enfance." Elle la tiendra jusqu'à son propre départ en retraite, en 2019.
Et c'est alors son fils, Yoan, qui saisit le bâton témoin et prend le relais. "J'avais fait des études agricoles, au Campus Louis Giraud de Serres, et puis j'ai passé un diplôme dans les métiers de l'animation. J'ai travaillé sur la Côte d'Azur et en Haute-Savoie, en tant que directeur de centres de vacances et de loisirs. C'est un métier que j'adore, mais j'avais envie de travailler dans mon village natal. Quand ma mère a eu envie de prendre sa retraite, je me suis dit que c'était un choix de vie qui pourrait me convenir."
S'il a pris le relais, Yoan a aussi apporté sa "patte" à l'épicerie familiale. "Quand j'ai vidé la maison de mes grands-parents, ainsi que leur cave, j'ai retrouvé quelques belles pièces, comme des vieilles balances à fléau, mais aussi des caisses en bois avec des marquages. Je les ai utilisées pour garder la trace de l'histoire de ce petit commerce familial. J'ai également mis en place la vente en vrac de produits de bases, tels que les pâtes, dans de grands bocaux transparents." Enfin, Yoan joue sans excès la carte de la communication. Surtout, en fait, pour qu'on se souvienne que l'épicerie Jouvaud est le fruit du travail de cinq générations. Sur la façade, une jolie peinture murale, sans chichi, rappelle les prénoms de ceux et celles qui l'ont précédé, ainsi que la période où ils ont tenu la boutique.
Aujourd'hui, quand on lui demande le secret de longévité de l'épicerie, il répond sans hésiter : "Notre disponibilité, le fait que nous soyons ouverts tous les jours, tôt le matin et dans la soirée. Mais aussi le fait que nous nous approvisionnons nous-même, hors de tout réseau, et le plus possible auprès de producteurs locaux" : vins ou miel de Flassan, petit épeautre et porc du Plateau d'Albion, bière et saucissons de Carpentras, cartes postales venues de Saint-Pierre-de-Vassols... sans compter le bel étal de fruits et légumes, en majorité locaux.
Ce sens du service et de la disponibilité, cette qualité des approvisionnements sont récompensés par une fidélité sans faille des Flassannais, mais aussi de la mairie et des associations locales. Et puis, cerise sur le gâteau, Yoan propose, fort de son expérience antérieure, des animations, à l'occasion d'Halloween ou des fêtes de Pâques.
Alors, à une époque où les déplacements sont de plus en plus coûteux, en argent comme en pollution atmosphérique, qui sait si les commerces de proximité, tels que l'épicerie Jouvaud, ne sont pas une vraie solution d'avenir ?
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06/06/2023
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