ORANGE
Ce passionné de voiture a finalement choisi de suivre les traces de son père et de son grand-père et a repris la ferme familiale en 2012. Avec son troupeau de 80 chèvres alpines, il produit des fromages qu'il vend ensuite sur les marchés et en grande distribution.
Portrait Damien Bagnol, éleveur de chèvres et producteur de fromages de chèvres à la ferme La Valière à Orange.
© Crédit photo : CL
Son troupeau est en réalité bien plus que ça pour Damien Bagnol. S'il a choisi de s'installer sur l'exploitation familiale et de continuer à élever des chèvres, comme le faisaient son père et son grand-père, c'est parce qu'il s'est pris de passion pour ces bêtes. "La chèvre, c'est vraiment affectueux", explique-t-il, alors que l'une d'entre elles lui réclame de l'attention.
L'éleveur s'est installé en 2012 sur le Gaec de la Valière, à Orange, après un bac pro conduite et gestion de l'entreprise agricole (CGEA) et un BEP production animale à la MFR de Richerenches. Il a ensuite pu bénéficier de la dotation Jeunes agriculteurs.
C'est vers l'âge de 15 ans que Damien a choisi de se tourner vers l'agriculture. Pourtant, il n'avait pas du tout ça en tête. "Je suis un passionné de voitures, mais des collègues mécanos m'ont dissuadé. Beaucoup de personnes de mon entourage ont essayé de me faire comprendre que j'avais la chance d'avoir une exploitation clé en main, qui tourne, que ce serait dommage que ça parte à l'abandon." De quoi lui donner à réfléchir et finalement, de le convaincre. "J'aidais déjà pas mal mon père, j'aimais ça, et j'adorais travailler sur le tracteur, alors je me suis lancé." Les chèvres sont déjà présentes sur l'exploitation, il a choisi de les conserver, en parallèle des céréales. "Lors de mes stages, j'ai testé l'élevage de brebis et de vaches, et ça ne m'a pas plu."
Grâce à ses chèvres, Damien fait du fromage. "C'est ça qui nous permet de vivre." Il utilise la technique traditionnelle. À savoir : 2 traites par jour, 7 jours sur 7, 280 jours par an. Le reste du temps, les bêtes sont pleines et mettent bas. Quand les chevreaux naissent, il garde environ 20 à 25 femelles pour son troupeau, les autres partent au bout d'une semaine chez un engraisseur.
L'ensemble de son troupeau est composé de chèvres de race Alpine, meilleure pour la qualité du lait. En fonction de la saison, il arrive à récupérer en moyenne 150 litres par jour. Il est ensuite caillé, avant de devenir du fromage ou de la faisselle. Quotidiennement, ce sont entre 300 et 350 fromages qui sont fabriqués. Damien et ses parents s'occupent de toute la transformation, ainsi que de la vente. "Les matins on est en vente directe, et on fait trois marchés par semaine." Ils livrent aussi à La ferme des 4 saisons, un magasin de producteurs à Orange. Une vente uniquement en local, qui permet à l'éleveur d'avoir aussi le retour des clients. "Quand on vous dit que c'est bon, ça fait toujours plaisir." Pour preuve, sa clientèle est composée en grande majorité d'habitués "qui reviennent chaque semaine. Certains étaient même là avant que je reprenne." Pourtant, en s'installant sur l'exploitation, Damien a fait évoluer la façon de faire les fromages. "Mon père et mon grand-père avaient une méthode ancestrale, ils devaient être les seuls à faire comme ça", avoue-t-il. Alors il est parti se former en centre de formation en fromagerie à Carmejane (04) et a repris une technique plus traditionnelle, mais visiblement toute aussi bonne.
Quand il n'est pas avec ses chèvres ou à la fromagerie, Damien est dans son tracteur.
Lorsque son grand-père a développé la ferme, il avait "un peu de tout", explique l'éleveur. À sa mort, lorsque le père de Damien reprend, il choisit de garder uniquement les chèvres et de cultiver les céréales. Depuis, l'exploitation a continué d'évoluer dans ce sens. Si la partie chèvre n'a pas varié, le reste a doublé de volume. "À la création du Gaec, en 2012, l'exploitation faisait 20 hectares, maintenant elle en fait 40", annonce l'éleveur. "On a beaucoup développé la partie céréales." Cela leur permet d'être autonomes pour l'entretien des bêtes, mais surtout, de vendre le surplus et "faire du chiffre d'affaires en plus". Damien cultive foin, luzerne, blé, orge, et fait des rotations entre tournesol et pois chiches. La moitié de la production part aux coopératives. "Ça permet de payer les crédits du matériel. Mais avec les cours de plus en plus à la baisse, on est content quand on n'y perd pas", s'agace Damien.
Depuis qu'il a repris, ce ne sont pas les seuls changements qu'il a opérés. "On a fait beaucoup d'investissements, notamment en construisant une salle de traite, en agrandissant la fromagerie, en investissant dans des terres, des tracteurs neufs, des rénovations, du matériel."
Mais malheureusement, l'éleveur n'est pas certain de pouvoir continuer les investissements. Si son père a pris sa retraite en 2020, il continue de l'aider régulièrement. "Il vient tous les jours, il est sur les marchés et en vente directe, il s'occupe", sourit Damien. Il peut aussi compter sur sa mère, Pascale, qui a pris le relais pour lui prêter main forte à la ferme, à la fromagerie. Sans eux, l'agriculteur sait qu'il serait impossible de continuer à une telle allure. "Mon père va bientôt devoir arrêter totalement. Sauf si je trouve un associé de confiance, je vais devoir réduire le troupeau et les terres." Une diminution de moitié pour les bêtes s'il veut pouvoir tenir. En attendant, il peut encore compter sur ses parents pour assurer la main-d'œuvre et espérer trouver d'ici là une personne prête à le suivre dans l'aventure, ainsi qu'un retour à la normale des prix des céréales.
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