Violès
Au Domaine des Favards, à Violès, Céline est la quatrième génération à prendre la tête de l'exploitation familiale. Si elle ne pensait pas s'installer, c'est un coup du destin qui l'a ramenée à ses racines, à l'âge de 32 ans. Une belle histoire qu'elle partage et ne regrette pas.
Céline Barbaud a repris le Domaine familial il y a 14 ans.
© Crédit photo : CL
C'est l'histoire d'une viticultrice qui ne se prédestinait pas à faire ce métier. Mais elle fut rapidement rattrapée par son destin.
Au départ, les parents de Céline Barbaud ont tout fait pour la dissuader de reprendre le domaine. "Ils voulaient que je fasse des études, et mon père me répétait que c'était un métier difficile, mal rémunéré", s'amuse-t-elle maintenant. Disciplinée, la jeune femme obtient donc un bac + 5 en chimie et biologie du végétal, avec une spécialisation dans l'utilisation des plantes dans l'industrie agroalimentaire et cosmétique. Pour son stage de fin d'études, la jeune diplômée trouve une entreprise à Montauban, qui fait des extraits dans les sarments de vigne. Il y passera finalement cinq ans, jusqu'en 2010.
Après ces cinq ans d'expérience, Céline ressent le besoin de faire autre chose. "C'était génial, mon boulot était intéressant, mais j'avais fait le tour, je n'avais plus de possibilité d'évolution, et même si j'aimais ce que je faisais, je ne me sentais pas libre", explique-t-elle. Au même moment, au domaine familial, la question de l'avenir se posait aussi. "Il était temps que mon papa arrête, donc soit il fallait vendre, soit que j'essaye de prendre la suite." Coup du destin ?
Âgée d'une trentaine d'années à ce moment de l'histoire, Céline décide de revenir sur l'exploitation durant un an, "pour voir", dit-elle. Elle ne repartira jamais.
C'est en novembre 2011 qu'elle reprend officiellement l'exploitation et devient la quatrième génération du Domaine des Favards. Onze ans plus tard, son père l'aide toujours : "Il n'a jamais arrêté", sourit-elle. Elle ne regrette pas un instant d'avoir pris cette décision.
Céline l'affirme : elle n'a pas choisi de reprendre l'exploitation par dépit ou peine. "Je ne peux pas dire que je n'aurais pas eu mal au cœur de voir le domaine partir, mais ce n'est pas ce qui m'a motivé à tenter l'aventure." Ce n'est pas non plus par amour pour la vigne ou le vin, pas totalement du moins. Sa motivation, c'est tout simplement le plaisir qu'elle avait à vivre ici, à être à la campagne, travailler en extérieur... Elle confie : "Avant je travaillais 35 heures, j'étais enfermée dans un laboratoire, avec un salaire de cadre et presque 10 semaines de congés par an, pour autant, je me sentais en prison."
Aujourd'hui, tout a changé. Elle l'assure, le sourire aux lèvres : "Même en travaillant 80 heures par semaine, sans possibilité de partir en vacances, en dépendant de la météo, je suis tout le temps en train de vivre. Et j'ai en permanence cette sensation d'être libre."
Lorsque le père de Céline a repris l'exploitation, il y avait une partie de la polyculture et le vin était destiné au vrac. Il a tout transformé en vigne, commencé à vendre en bouteille et en direct aux particuliers. "C'est ce qu'on aime, vendre à la personne qui va ouvrir la bouteille", explique Céline, affiliée aux Vignerons indépendants. Il a également créé le camping accolé au domaine. Avant que sa fille arrive, il avait un vignoble de 45 hectares. Mais une fois Céline aux commandes, ils ont fait le choix, ensemble, de réduire la surface et de reconvertir une partie de ce qu'il restait. Aujourd'hui le Domaine des Favards c'est 25 ha de vignes (dont 16 ha restructurés), en bio, que Céline gère quasiment seule, avec son père et un ouvrier. Il a également fallu installer de l'irrigation et rendre la cave plus accessible pour la viticultrice. Mais depuis quelques années, tous les projets et investissements sont à l'arrêt, et pour cause. En 2021, 70 % de la récolte est perdue à cause du gel. Puis, la crise viticole est venue entamer le moral et les comptes.
Les vins de Céline sortent, pour certains, de l'ordinaire. Elle propose notamment une cuvée 100 % carignan (Carino mio) avec des raisins de vignes de presque 100 ans. Elle a aussi imaginé un vin issu de la maigre récolte de 2021 qu'elle a nommé "Les givrés". À l'intérieur, des arômes inhabituels, puisque tous les cépages ont été vinifiés ensemble. "Avec seulement 30 % de la récolte, on n'a pas pu vinifier comme d'habitude, par cépage et par appellation. Donc on a tout mis dans la même cuve, les rouges en Côte du Rhône d'un côté et les rouges Plan de dieu de l'autre." Deux bouteilles qui ont surpris, mais plu. En rouge, Céline propose aussi une cuvée sans sulfite, 100 % syrah. Elle a également du blanc et du rosé. Touche d'originalité, la viticultrice propose aussi du confit de vin, une idée de sa maman.
Céline garde le sourire et reste optimiste. Mais la crise épuise. Après les rénovations effectuées sur le vignoble, elle n'a pas eu le temps de retrouver son rendement habituel, prise de court par l'épisode de gel. Une fois les récoltes à nouveau satisfaisantes, voire, très bonnes, c'est la baisse de la consommation qui est venue frapper à la porte. La viticultrice n'a pas eu d'autre choix que de faire un peu de vrac, et de le vendre à perte.
Pour trouver des clients, Céline met à profit la proximité avec le camping, tenu par sa sœur. "Tout l'été on propose des activités pour mettre en avant nos vins", détaille-t-elle.
Marchés de producteurs, visites de cave, de vignes, dégustations, journées découverte des vendanges : "Il y a quasiment quelque chose tous les jours." Sans compter les quelques salons des Vignerons indépendants auxquels le domaine participe. Pour l'aider, surtout à se développer, Céline vient de recruter. Elle aimerait aussi pouvoir aller à l'export et trouver une personne qui pourrait l'aider à commencer à remplacer son papa.
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