Vaucluse 30/04/2025
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Mornas

Benjamin Favalier, l'ail en héritage

Benjamin Favalier a repris l'exploitation familiale il y a six ans. S'il a conservé à l'identique la partie tomates de conserve, il a multiplié par dix la production d'ail de Piolenc. Il s'engage pleinement auprès de ce produit qu'il admire et souhaite voir reconnu par une AOP.

Portrait Benjamin Favalier, producteur d'ail de Piolenc

© Crédit photo : CL

Un vrai coup de cœur pour l'ail de Piolenc. Benjamin Favalier le crie haut et fort, pour lui, "c'est la plus belle culture" ! À tel point qu'il est devenu le président de l'Association des producteurs d'ail de Piolenc (Apap), et poursuit le travail de ses prédécesseurs pour faire reconnaître le produit auprès de l'INAO et obtenir une AOP.

Pourtant, lors de la reprise de l'exploitation familiale en 2019, la SCEA 'Les grands prés', la production de cette espèce potagère est minoritaire et ne représente que deux hectares de production. Ce sera donc la pierre angulaire de son projet d'installation. Six ans plus tard, l'atelier pèse 20 des 150 hectares de l'exploitation.

Une passion cultivée

Avant lui, l'exploitation appartenait à ses deux oncles dont le regretté Max Coq, décédé en 2011, ses parents ne travaillant pas dans l'agriculture. En s'installant, c'est donc la 4e génération de maraîchers de la famille qui poursuivait l'aventure. Une suite logique pour lui : "Quand j'étais jeune, j'habitais juste à côté de l'exploitation. J'ai toujours été dans les tracteurs avec mes grands-parents." Il se souvient aussi de ses étés d'enfance : "Dès que j'ai pu, l'été, j'ai donné des coups de main, je travaillais sur l'exploitation." Pourtant, il n'a jamais vraiment eu pour projet de reprendre l'entreprise familiale, et n'a pas non plus été poussé à le faire. "Tout s'est fait naturellement", confirme-t-il.

Tout de même attiré par le monde agricole et le maraîchage, le jeune homme choisit de partir faire des études à Toulouse pour devenir ingénieur agricole. Après des stages en production agricole et des expériences à l'étranger - notamment en Australie, dans une ferme de tomates hors sol, et aux Pays-Bas, pour étudier les serres - et une fois son diplôme en poche, il devient chef de culture sur Avignon. Rapidement, l'occasion de reprendre l'exploitation familiale se présente à lui. "Ce n'était pas forcément prévu mais ça s'est fait, et c'est un choix 100 % personnel", assure-t-il sans regret. Car ce métier, il le fait avec plaisir chaque matin : "C'est un challenge quotidien, une course contre la montre où il faut s'adapter, vivre au rythme des saisons, il y a beaucoup de diversité, c'est tout cela qui me plaît." En saison, il peut aussi compter sur l'aide de sa maman, qui a fini par le rejoindre pour lui donner un coup de main. Entre l'ail et la tomate, deux cultures qui se suivent sur le calendrier, les saisons durent six mois. Alors qu'ils sont six à travailler à temps plein, ils sont prêts d'une trentaine à œuvrer sur les terres de Mornas quand les besoins de main-d'œuvre deviennent plus importants.

Développer et investir

Et pourtant, en 2018, avant de s'installer un an plus tard, l'exploitation était presque à l'arrêt. "Après le décès de mon oncle en 2011, l'autre a pris sa retraite un peu plus tard. C'était un maraîcher d'à côté qui venait entretenir le temps que je reprenne", explique-t-il. Il y avait donc tout à faire... et surtout de grandes possibilités ! "On a pas mal développé et beaucoup investi", confirme le maraîcher, qui a dû se former sur le tas.

Avec une exploitation de 150 ha, repartie sur six communes entre Caderousse et Mondragon, la capacité était là. Mais il fallait aussi avoir un projet, et des moyens.

Si l'ail de Piolenc est présent sur l'exploitation depuis 1980, il ne l'était pas assez au goût du jeune agriculteur, qui à cette époque faisait déjà partie de l'Apap. Il choisit donc de conserver la partie tomate à l'identique, mais de tout miser sur le condiment qui le fascine. "En plus d'augmenter les surfaces, on a développé le commerce et modernisé les techniques de production", détaille-t-il. Il se diversifie en élargissant aussi sa gamme de légumes, avec des oignons et de la pomme de terre.

Objectif AOP

Le marché de l'ail en France est très concurrentiel1. "Dans la catégorie fruits et légumes, c'est celui qui a le plus de labels de qualité : il y en a déjà cinq et deux autres en émergence, dont Piolenc", explique le maraîcher.

Plus de la moitié de l'ail consommé en France est importée (d'Espagne et de Chine). Alors pour contrer cette concurrence étrangère, le producteur mise sur la qualité de son ail de Piolenc. C'est dans ce but que l'Apap porte le projet d'AOP. "Nous souhaitons que notre ail soit reconnu pour ses qualités." Car l'ail de Piolenc a la particularité d'être frais. Il se vend juste après la récolte. Ses atouts ? "Notre terroir, le soleil, le mistral qui lui donnent tout son caractère, une plantation manuelle, la belle coloration", énumère Benjamin.

Ils sont six producteurs à faire partie de l'association. Tous espèrent obtenir rapidement le label, gage de reconnaissance du produit. Mais le chemin est long... Pour obtenir l'AOP, le cahier des charges proposé s'appuie sur plusieurs critères agroécologiques. C'est aussi pour cela que l'agriculteur a opéré de nombreux changements sur l'exploitation. "Il faut faire évoluer les pratiques culturales", admet-il. Il distribue ses ails via des grossistes et la grande distribution partout en France. Mais il a aussi développé de l'export, en Europe notamment.

En attendant d'obtenir le label, l'Association des producteurs d'ail de Piolenc poursuit sa promotion et défense du produit. Ils étaient présents au Salon de l'agriculture, et seront bientôt au Sénat pour faire découvrir ce produit d'exception. Et le jeune agriculteur ne compte pas s'arrêter là et a d'autres projets en tête, notamment faire sortir de terre un méthaniseur agricole avec d'autres agriculteurs des alentours. Mais pour le moment, tous ses efforts se concentrent sur l'ail, un produit qui le séduit tant.

Capucine Lorain •

Les CHIFFRES clés-

Installation en 2019

Exploitation de 150 hectares

20 ha de production d'ail de Piolenc

15 ha de tomates

6 personnes à temps plein et une trentaine d'ouvriers en saison

Capucine Lorain •

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