Préfecture
Avant son départ prochain, son successeur ayant enfin été nommé, Violaine Demaret préfète de Vaucluse a tenu ses engagements jusqu'au bout. Mardi 13 février, elle découvrait notamment le modèle unique de l'association Récupagrie Comtat, la plateforme de collecte des plastiques agricoles du Vaucluse.
Avec la préfète, plusieurs élus municipaux et des communautés de communes partenaires de Récupagrie montraient l'engagement du territoire dans cette initiative.
© Crédit photo : ML
C'est une nouvelle qui leur est "tombée sur le coin de la figure", affirme tout à fait sincèrement André Bernard, président de la Chambre régionale d'agriculture Paca alors qu'il serre la main de Violaine Demaret. Elle le sait, cette visite de la plateforme de collecte Récupagrie Comtat du mardi 13 février aura un goût d'adieu. Mais la préfète sur le départ n'en reste pas moins préfète jusqu'au bout, a-t-elle tenu à rassurer les personnes qui l'entouraient. Dans son agenda il a fallu prioriser, mais sur ses huit derniers rendez-vous, quatre étaient effectivement consacrés à l'agriculture du département, dont celui-ci.
Il faut dire que cette visite était attendue. "Pendant le 'Week-end gastronomique' en novembre, nous avions eu l'occasion d'expliquer à la préfète que nos plastiques agricoles étaient recyclés à près de 95 % dans notre département. Récupagrie est une innovation unique en son genre, d'autant qu'il s'agit d'une structure associative", retrace Claire Merland, directrice de la FDSEA de Vaucluse. Même si elle aurait dû se poursuivre par une visite de la Sica Domaine de la Crozette à Carpentras - finalement annulée pour des raisons d'agenda -, la visite intègre le cycle amorcé avec le syndicat pour présenter les filières et innovations du secteur agricole, et vient "boucler la boucle de ces derniers 18 mois", souligne la préfète.
Bien heureux de pouvoir montrer sa structure à la représente de l'État, Michel Recordier, producteur de fraises de Carpentras et président de Récupagrie Comtat fait ainsi découvrir l'aspect tout à fait unique en France et en Europe de la plateforme de collecte vauclusienne.
L'aventure commence en 2006 avec une vingtaine d'agriculteurs et quelques partenaires... Ils sont aujourd'hui 388 agriculteurs fin 2023. Si le nombre d'adhérents augmente, le tonnage stagne autour de 1 500 tonnes. "C'est normal, car nous avons de plus en plus recours à du paillage biodégradable. En plus de ça, en temps de crise, des bâches qu'on gardait cinq ans, aujourd'hui on les fait durer sept ans", explique l'agriculteur-président.
Il ne perd pas toutefois pas son objectif de vue : "Que le Vaucluse soit géré à 100 % par Récupagrie", bien sûr ! Pour cela, il met les bouchées doubles, car avec une association de bénévoles et deux salariés à temps partiel, il faut redoubler d'effort pour aller, entre autres, chercher les communautés de communes. "Il faut souligner à quel point Les Sorgues du Comtat ont été visionnaires en nous accompagnant dès le départ. Aujourd'hui, nous bénéficions d'une structure bien en place qui profitera aux générations futures", ajoute-t-il. Un engagement que Christian Gros, président de la communauté d'agglomération, réaffirme : "Ça a marché car il y a des gens qui y ont cru ! Nous devons continuer d'encourager les créatifs. Il y a toujours des risques, mais soyons contagieux dans notre volonté".
Découvrant peu à peu l'ampleur de la démarche, Violaine Demaret confirme : "À un moment, on a eu des audacieux, des hurluberlus, des fadas qui ont osé, et c'est la preuve qu'on n'a pas besoin d'être 50 pour concrétiser une idée. Aujourd'hui, grâce à vous, le Vaucluse dispose d'un outil unique qui me donne envie de le faire connaître".
"Vous pouvez être fier de cette initiative", ajoute-t-elle. Et ils le sont ! En 2022, les Schémas européens de collecte des plastiques agricoles usagés visitaient le point de collecte, présenté pour son exemplarité1. "Il faut qu'on vous valorise plus à votre juste valeur. D'autant que vous avez un vrai intérêt à vous faire connaître davantage par la société publique", souligne la préfète. Dans un contexte tendu où les propos de soutien se mêlent à ceux d'agribashing, toute revalorisation de l'image des filières agricole est effectivement bonne à prendre.
Les charges restent toutefois le point de difficulté principal. Et la préfère ayant rappelé son engagement "jusqu'au bout", les agriculteurs ont évidemment fait remonter une crispation majeure. "On paye une taxe pour le recyclage de nos plastiques à l'achat, mais on doit en repayer une pour déposer les matériaux usagers", signale Michel Recordier. Et Philippe Bon, vice-président de la FDSEA et lui aussi producteur de fraises, de compléter : "Par exemple, si j'achète 100 euros de plastiques, pour le jeter, ça me coutera 8 % de frais, impossibles à répercuter". Et le plastique, les maraîchers ne peuvent pas faire sans.
Aux côtés de la préfète, les sous-préfets de l'arrondissement de Carpentras, Bernard Roudil, et délégué chargé de mission territorial, Pierre Castoldi, écoutent attentivement. Ils font partie de l'équipe qui restera au départ de leur 'Numéro une' et savent qu'avec les différents services, leur présence a une importance dans la poursuite des discussions en cours avec le secteur agricole.
Jusqu'à la fin, Violaine Demaret tiendra toutefois ses dossiers. Elle rencontrait d'ailleurs le lendemain les présidentes de la FDSEA, des Jeunes agriculteurs et de la Chambre d'agriculture, pour "monter une liste de courses, afin qu'il n'y ait aucune latence" d'ici l'arrivée de son successeur. Thierry Suquet prendra quant à lui ses fonctions le 4 mars.
Le 14 février, le conseil des ministres actait la nomination de Thierry Suquet à la tête de la préfecture de Vaucluse.
© Crédit photo : Préfecture de Mayotte
Ancien préfet délégué pour la défense et la sécurité en région Auvergne-Rhône- Alpes, Thierry Suquet arrive à Mayotte en 2021. L'île a depuis largement eu le temps de l'éprouver, tant les dossiers ont été nombreux et conséquents : lutte contre l'immigration illégale et crise de l'eau auront notamment été de ceux qui ont soulevé vents et tempêtes, tant chez les Mahorais qu'en métropole. "La fin du chemin de croix", titrait jeudi dernier nos confrères de Mayotte hebdo à l'annonce de son départ, décidé en conseil des ministres le 14 février... Avant cela, il avait été plusieurs fois sous-préfet et administrateur civil. Pour celui qui a fait ses classes à l'ENA auprès de l'actuel ministre de l'Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique (ils sont tous deux issus de la promotion 'Valmy' de 1998), il y a en Vaucluse une certaine attente. Si la crise n'est pas comparable à celle qui court sur le territoire mahorais, de nombreux dossiers sont également sur le feu. Parmi les agriculteurs, l'inquiétude principale réside notamment sur la continuité des discussions en cours, alors que la colère ne redescend pas. Rendez-vous le 4 mars pour l'investiture.
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06/06/2023
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