Tous les jours, des tables de dégustation en libre accès étaient d’ailleurs proposées aux visiteurs sur l’espace de 1300 m² d’InterRhône. ©CZ
À chaque édition de Vinisud, les vignobles méditerranéens sont au centre de l’actualité du monde vitivinicole. En 2013, ces vignobles représentaient 50,93% de la production mondiale de vin. Face à une production toujours plus standardisée, les vignobles méditerranéens multiplient ces derniers temps des initiatives pour se démarquer de la production de masse, tout en valorisant leur production : réintroduction de cépages anciens, renaissance de terroirs historiques, patrimoine viticole, œnotourisme méditerranéen… Ces tendances ont bel et bien été au cœur de la 12e édition de Vinisud, qui a refermé ses portes mercredi 26 février au soir.
La fréquentation est donnée en baisse de 5% par les organisateurs par rapport à l’édition 2012 (30 948 entrées contre 32 800 en 2012). Mais les organisateurs soulignent que pour la première fois, les entrées « ont été filtrées […] pour permettre aux seuls acheteurs d’accéder au salon », et surtout, ils soulignent la nette augmentation de la fréquentation de visiteurs internationaux (+6%, à 9652 entrées), comme l’explique Ahmad Monhem, directeur général d’Adhesion group, la société organisatrice.
Plus adulé que Rhônealdo…
Dans les allées, les sourires étaient de mise, les verres tintaient et les notes se prenaient. Car tous étaient là pour déguster les nouvelles cuvées proposées par les vignerons, caves et autres négociants de la vallée du Rhône, qui avaient investi en force le hall 3 et qui, dès l’entrée, clamaient leur présence. Dès le parking de l’entrée Nord s’affichait ainsi en lettres rouges un slogan que l’on ne pouvait manquer : « Plus adulé que Rhônealdo, plus puissant qu’iRhône man et plus excitant que Game of TRhône, les vins de la vallée du Rhône ! ». Et la provocation sympathique continuait sur le dossier de presse « Plus sexy que CameRhône Diaz. »
Ce hall 3, cœur névralgique de la vallée du Rhône, n’a d’ailleurs pas désempli durant ces trois jours. Tout comme les satellites annexes, hall B1, B2 ou B3, où se trouvaient d’autres stands vauclusiens et de la région Paca. Car en 2014, il faut se faire voir pour valoriser au mieux la petite récolte entrée en 2013, récolte qui suit déjà trois années tendues. D’ailleurs, à demi-mots, les inquiétudes pointent au détour des conversations, non sur la qualité du millésime 2013, là, point de doutes. Mais plutôt sur l’avenir et les caprices de Dame Nature. L’absence de réel hiver, le réveil végétal qui se montre déjà dans les vignes, fait craindre le pire. « Il ne manquerait plus que l’on se prenne un coup de gel », pouvait-on entendre de-ci de-là.
L’interprofession et les professionnels avaient donc mis les petits plats dans les grands, et sorti les nappes blanches et les verres rutilants, pour créer sans discontinuer de l’animation sur leur stand. Tous les jours, des tables de dégustation en libre accès étaient d’ailleurs proposées aux visiteurs sur l’espace de 1300 m² d’InterRhône, qui accueillait pour la première fois la dernière appellation entrée en son sein : l’AOP Duché d’Uzès. Tous les jours, à 11h, InterRhône présentait sur son stand le nouveau millésime commenté par un œnologue. Les vignerons vauclusiens proposaient également des master-class thématiques d’environ 1h : lundi, Luberon et leurs accords mets-vin avec Christophe Pichon, Rasteau et son terroir avec Georges Truc et Visan et ses truffes. Mardi Vacqueyras, Ventoux et Beaumes-de-Venise, mercredi Cairanne et Sablet. L’AOC Gadagne et ses vignerons proposaient à la dégustation les vins du nouveau village communal.
Des vins orange à l’œnotourisme.
Mais un salon, c’est aussi un focalisateur de nouvelles tendances. On peut certes se poser la question de leur pertinence sur le long terme, mais il faut au moins leur reconnaitre le mérite d’exister. Et se rappeler que Millésime Bio n’était au départ qu’un mini-salon réunissant 20 vignerons, et qu’aujourd’hui il rassemble chaque année plusieurs milliers de visiteurs, et comptait, en janvier dernier, plus de 800 exposants.
Parmi les tendances notées, celle des ‘vins oranges’. Vins de niche, ces blancs – à la couleur plus ou moins orange –sont des vins issus de cépages blancs qui ont fait l’objet d’une macération pelliculaire longue. Un workshop sur le sujet se tenait d’ailleurs mardi 25 février, animé par Simon Woolf, un journaliste-bloggeur anglais.
Autre questionnement, celui de l’œnotourisme et de sa structuration lente qui a fait l’objet d’une conférence mardi en fin de journée. « La Méditerranée viticole peut-elle devenir une destination à part entière ? », interrogeait André Deyrieux, créateur du magazine web de l'œnotourisme winetourisminfrance.com, en lançant la table-ronde. Visiblement, le premier écueil à résoudre est d’abord celui de création de réseaux locaux permettant de faire travailler les vignerons ensemble. Pas simple, surtout lorsque l’on entend Anne Cannan, Clos Figueras en Espagne, expliquer tout de go que « son voisin vigneron n’est pas son ami ». « Le concept de tourisme méditerranéen est trop vaste », reprenait Per Karlssson, un Suédois installé en France et créateur de l’agence de voyage BKWine Tours. Même son de cloche de Denis Michel, La Lettre T, bi-mensuel existant depuis un quart de siècle, et diffusé en Languedoc-Roussillon aux acteurs du tourisme. « Bâtir une image Méditerranée ?... Ce sera difficile. Il faut plutôt jouer sur les alliances entre le vin et la gastronomie, par pays de destination. »
Céline Zambujo
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06/06/2023
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