Côtes du Rhône
Le Syndicat général des vignerons des Côtes du Rhône vient de lancer un programme environnemental ambitieux en Vaucluse. Son but ? Préserver les chauve-souris, tout en pratiquant une viticulture durable.
Le Parc naturel régional du Luberon est à l'initiative de deux études visant à rechercher des gîtes de chauves-souris arboricoles.
© Crédit photo : Paramanu Sarkar
Sur les 35 espèces de chauve- souris que compte l'Europe, 30 ont été recensées en région Paca. Pourtant, leur présence est en fort déclin. "Depuis 2001, on a perdu 43 % des effectifs de chauve-souris en France, ce qui représente une crise grave", alerte Emmanuel Cosson, directeur de l'association Groupe chiroptères de Provence, partenaire du programme lancé par le Syndicat général des vignerons des Côtes du Rhône. Selon lui, plusieurs facteurs expliquent cette diminution : "La pollution lumineuse, la mortalité routière, l'agriculture avec certains produits, l'urbanisation...".
Pour enrayer ce phénomène, l'association a cherché des leviers, aux premiers rangs dequels l'agriculture. En France, 50 % de la surface est occupée par de l'agriculture. En Paca, cela représente 28 %. Entre les besoins des chauve-souris et ceux des agriculteurs, un échange permettrait d'offrir des avantages aux deux parties. Dans cette optique et avec une envie de préserver l'espèce et d'avancer vers une pratique viticole durable, le syndicat viticole lance un programme inédit.
Mais face à l'actuelle situation éco- nomique compliquée, "le volet environnement n'est pas la première chose que les vignerons et acteurs du terrain ont en tête le matin en se levant", avoue Damien Gilles, président du Syndicat des vignerons des Côtes du Rhône. Il fallait donc que le programme permette de déployer des solutions sans aucun coût pour les agriculteurs. D'où la quête de financements. Sur trois ans, le projet (coût total de 424 000 €) est financé principalement par l'État, dans le cadre du Fond vert, et la Compagnie nationale du Rhône (CNR) pour 17 % du projet (65 000 €).
Pour que l'opération soit réussie, il faut compter sur un effort collectif. L'enjeu est donc aussi de mobiliser les 4 500 familles qui font des Côtes du Rhône en les incitant à mettre en place des actions non chronophages. Avant cela, des diagnostics sont en cours de réalisation, pour évaluer les besoins en fonction des zones. Ensuite, il sera temps d'informer les viticulteurs avec des ateliers, en collaboration étroite avec des experts techniques pour guider et mettre en place les actions sur le territoire.
Pour faire venir des chauve-souris, il faut remplir trois conditions, explique le directeur de l'association Groupe chiroptères de Provence : avoir des gîtes (nichoirs), des zones de déplacement, et des ressources alimentaires et hydriques.
De fait, les espaces agricoles et viticoles représentent une ressource alimentaire importante pour les chiroptères. "Ce sont des animaux nocturnes qui se nourrissent de beaucoup d'insectes. Parmi eux, quasiment tous les ravageurs de cultures", précise Emmanuel Cosson. Ils ont aussi l'avantage d'être de gros mangeurs. Des tests ont déjà montré que la seule présence des chauve-souris peut permettre l'arrêt de traitements. "Néanmoins, il faut les encourager à venir et ne pas leur enlever tout leur garde-manger", insiste le directeur. Pour cela, il faut des actions concrètes. Favoriser les haies, les couverts, installer des nichoirs, entretenir les bâtis isolés...
Damien Gilles évoque un projet auquel le syndicat est très attaché, qui se veut porteur, "afin de retrouver de l'environnement et de la préservation du territoire dans l'appellation". Et d'ajouter : "Cela renforce l'engagement du syndicat, c'est le premier pas vers la viticulture durable."
Des propos complétés par Sébastien Jaume, référent environnement du syndicat : "Ce projet en faveur des chauve-souris vise à développer la biodiversité et encourager une agriculture respectueuse des écosystèmes, au bénéfice du vignoble."
En plus d'apporter des solutions pour les chiroptères, les agriculteurs aussi doivent s'y retrouver. Au-delà de bénéficier d'auxiliaires naturels et d'un programme à coût zéro, cela doit permettre aux vignerons de bénéficier d'un accompagnement personnalisé et technique, afin de mettre en place les solutions les plus adaptées en fonction de leur exploitation. Mais également d'avoir une meilleure connaissance du terroir, via les études qui pourront être menées et une valorisation de leurs pratiques auprès des clients, partenaires, institutions.
Pour y parvenir, le programme comporte plusieurs volets : d'une part, une étude sur l'alimentation des chauve-souris et une autre sur la vie des sols ; d'autre part, un diagnostic écologique au niveau du Vaucluse. D'ici la fin de l'année une cartographie interactive à destination du public sera mise en ligne, afin de visualiser les actions agro-environnementales mises en place. Si des plantations, de haie entre autres, ont déjà eu lieu, elles vont se poursuivre, et à terme, 700 nichoirs vont être posés.
En l'état actuel, ce programme ne concerne que le Vaucluse, mais un projet similaire a été déposé en Auvergne-Rhône-Alpes et un second devrait l'être prochainement en Occitanie.
À retenir-
Les avantages pour les vignerons :
Les avantages pour les chauves-souris :
ICI
Votre encart
publicitaire !
Bio de Provence
Forums installation-transmission

Publiez facilement vos annonces légales dans toute la France.
Grâce à notre réseau de journaux partenaires.
Attestation immédiate, service 24h/24, 7 jours/7

06/06/2023
Chaque semaine, retrouvez toute l'actualité de votre département, des infos techniques et pratiques pour vous accompagner au quotidien...
Découvrez toutes nos formules
Inscrivez-vous GRATUITEMENT à nos newsletters pour ne rien rater de notre actualité !
S'abonner