Terre Adonis
Fondée par la Safer Paca, La Coopération Agricole Sud et la Région Sud Provence-Alpes-Côte d'Azur, la SCIC 'Terre Adonis' continue de mobiliser partenaires publics et privés autour du portage du foncier agricole, dans un contexte économique pourtant compliqué.
Les représentants de la Région, de la Safer Paca et de LCA Sud, membres fondateurs de la SCIC, aux côtés de Maxime Rotureau, porteur de projet impliqué et désormais installé en maraîchage à Roquebrune-sur-Argens.
© Crédit photo : GL
Créer des dynamiques locales pour installer des agriculteurs et participer ainsi au développement durable des territoires : telle est la mission que s'est fixée la Société coopérative d'intérêt collectif 'Terre Adonis' dès sa création, en 2019. C'est dans ce but qu'elle travaille à rassembler partenaires publics et privés, pour financer le portage du foncier et ainsi permettre l'installation - ou la consolidation - de projets agricoles, en limitant la charge de l'endettement des agriculteurs bénéficiaires et en garantissant la préservation des terres.
En pratique, grâce à la participation des membres fondateurs de 'Terre Adonis' et de ses multiples partenaires, la SCIC acquiert le foncier par l'intermédiaire de la Safer Paca et le loue au porteur de projet, qui s'engage à apporter un minimum de 10 % du montant de l'acquisition, à rechercher activement des contributeurs et à racheter la terre au bout de 7 à 15 ans. "Nous sommes pionniers sur ce modèle de capital patient", souligne Frédéric Cordier, de LCA Sud. Le nouveau règlement intérieur de la SCIC, rédigé l'an dernier, fixe à 45 ans l'âge limite des porteurs de projet et prévoit la mise en place d'un suivi technique, si nécessaire.
L'objectif est "de créer - autour du porteur de projet - un écosystème bienveillant et dynamique. Notre ambition est de mettre l'humain au cœur du projet, porte d'entrée de l'action de la SCIC", explique Camille Gonzales, responsable de la Responsabilité sociale d'entreprise (RSE) au sein de la Safer Paca.
La mobilisation des fondateurs de la SCIC et d'une vingtaine de partenaires financiers1 a permis de soutenir neuf projets à travers la région ces quatre dernières années. Sept projets d'installation ou de consolidation d'installation - représentant un montant global de quatre millions d'euros - ont été menés à bien depuis la création de la structure, en 2019.
Les membres fondateurs ont jusqu'ici assuré près de 60 % du montant total des financements : 29 % pour la Safer Paca, 25 % pour les coopératives, 5 % pour la Région Sud. Les banques partenaires ont abondé à hauteur de 16 % et les porteurs de projet pour 12 %.
'Terre Adonis' a permis d'accompagner une consolidation d'exploitation arboricole dans les Hautes-Alpes, une installation en plantes à parfum et une consolidation en maraîchage dans les Alpes-Maritimes, une installation en viticulture dans le Vaucluse, deux installations en viticulture et une en maraîchage dans le Var.
Deux dossiers de consolidation d'installation en viticulture sont en cours dans le Vaucluse.
Pour autant, malgré les bonnes volontés à l'œuvre, dans le contexte économique actuel, il est de moins en moins aisé de parvenir à lever des fonds. Maxime Rotureau2, installé en maraîchage sur 10,5 hectares à Roquebrune-sur-Argens grâce à la SCIC, en témoigne. "Le fait d'être entouré par les acteurs de la SCIC ouvre des contacts et des réseaux qui m'ont permis d'avoir l'appui des élus locaux. En revanche, quand on a voulu aller chercher des partenaires commerciaux - il n'y a pas de transformateurs sur mon territoire - on a sollicité fournisseurs et distributeurs. Et là, ça s'est compliqué. Soit on a eu affaire à des chaînes nationales difficiles à toucher, soit à des gestionnaires privés pour lesquels la conjoncture post-covid était problématique", explique-t-il.
Le maraîcher - qui a repris une entreprise avec serres et bâtiment d'exploitation d'une valeur de 866 000 € dans la plaine de l'Argens - a dû considérablement augmenter sa participation pour boucler le dossier, auquel ont pourtant contribué la Safer Paca (23,1 %), la Caisse d'Épargne Côte d'Azur (23,1 %), la communauté d'agglomération Estérel Côte d'Azur (5,8 %), la Région (9,2 %) et la Société du canal de Provence (4,2 %). Avec l'aide précieuse de ses parents, pour mener son projet à bien, l'agriculteur a finalement dû abonder au financement de l'acquisition à hauteur de 34,6 %, là où les porteurs de projet soutenus par 'Terre Adonis' n'apportent généralement que 10 %. "Lever des fonds devient plus compliqué ces derniers temps. L'implication des coopératives, qui ont un intérêt direct à sécuriser leur périmètre de production, simplifie souvent la tâche. D'autres acteurs privés sont plus difficiles à mobiliser", observe Camille Gonzales.
Pour les partenaires réunis par la SCIC Terre Adonis, il apparaît ainsi essentiel de s'emparer de cette question cruciale de la levée de fonds. Le Feader impliquant des lourdeurs et contraintes trop pesantes et la possibilité de solliciter les particuliers se heurtant à un problème de gestion, les partenaires en présence réfléchissent aux moyens de mieux sensibiliser les entreprises à la nécessité des productions agricoles sur les territoires. Une vidéo de présentation a déjà été réalisée, et la SCIC planche sur de nouveaux outils de communication et d'incitation.
Il a dit-
"Nous avons souhaité faire partie des associés de 'Terre Adonis' dès le départ, avec une enveloppe globale d'un million d'euros, car il est essentiel pour nous, en tant qu'acteur du développement local, d'aider des agriculteurs à s'installer"
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