VALRÉAS
À Valréas, Olivier Clavel a aménagé la cave viticole familiale en ferme hélicicole dès 2007. Il est aujourd'hui le premier producteur français de naissins d'escargots.
Portrait Olivier Clavel.
© Crédit photo : PN
C'est à l'abri d'un tranquille vallon, à quelques kilomètres de Valréas, que se niche 'Les escargots de l'Enclave', l'exploitation hélicicole d'Olivier Clavel. En arrivant sur le site, on est marqué par sa forte ressemblance avec une entreprise viticole. "Et pour cause !" explique-t-il aussitôt : "Quand j'ai repris la suite de mon père Marc, en 2007, nous étions effectivement des producteurs de raisins de cuve, que nous apportions à la cave coopérative La Gaillarde. J'avais fait un CAP et un bac pro viticole, dans l'idée de prendre la suite. Mais à ce moment-là, la crise viticole frappait à plein, et l'avenir me paraissait plutôt inquiétant".
C'est le petit écran qui va lui permettre d'identifier une solution. "Un soir, j'ai vu un reportage à la télé sur un élevage hélicicole, qui m'a donné envie de m'intéresser à ce métier. J'ai commencé à me renseigner, puis je suis parti en formation au CFPPA de La Motte-Servolex, en Savoie. La formation là-bas a duré trois mois, je l'ai complétée avec un stage en entreprise chez un éleveur, à Condrieu dans le Rhône ; et enfin, le stage d'installation en tant que jeune agriculteur."
Le père d'Olivier l'a beaucoup aidé, puisqu'il a passé les cinq dernières années de son activité, avant une retraite bien méritée, au côté de son fils. "Nous avons bâti nous-même la serre climatisée que nous utilisons pour la reproduction, et nous avons imaginé son aménagement, avec des hamacs grillagés installés à hauteur d'homme pour nous faciliter le travail."
Car ce qui fait une bonne partie du chiffre d'affaires de l'exploitation, c'est la vente de naissins, ces grappes d'œufs d'escargots agglutinés. "Toutes les fermes ne peuvent pas s'équiper de serres et de nurserie climatisée. Alors j'ai choisi de m'orienter vers une activité de reproduction de naissins. Une activité rythmée par un calendrier bien précis. Début janvier, 150 000 reproducteurs sont éveillés de leur hibernation. Dans notre serre isolée thermiquement, avec une température maintenue aux alentours de 18°C, ils sont installés dans des 'hamacs' dont le plancher est grillagé, afin que les excréments des escargots puissent tomber sur le sol". Tout un système de goulotte a été aménagé sur mesure par Olivier et son père, pour apporter à manger et à boire aux gastéropodes.
La reproduction se poursuit jusqu'à la fin mai. "Pendant toute cette période, on travaille à plein temps dans les serres de pontes et dans les quatre parcs, pour produire dix millions de naissins par an. Nous sommes équipés pour en produire le double, si besoin". Des chiffres qui font d'ores et déjà des Escargots de l'Enclave le premier reproducteur de naissins d'escargots de France.
Ceux-ci sont conditionnés par boîtes cartonnées de 2 500, les éleveurs n'ont ensuite qu'à les déposer au milieu des parcs. Le transport ne se fait qu'en direct : "Souvent, nos clients se connaissent, s'organisent pour déposer des commandes chez d'autres héliciculteurs qui sont sur leur route pour optimiser le transport".
Cette orientation BtoB s'est confirmée avec les années. Olivier a en effet transformé les hangars de l'ancienne ferme viticole en un laboratoire complet et bien équipé. "Nous avons à la fois une machine à décoquiller les escargots, mais aussi des laveuses et calibreuses de chair. Du coup, nous louons ce labo et ces machines à d'autres héliciculteurs du grand Sud-Est de la France qui ne veulent pas faire de décoquillage manuel."
'Les escargots de l'Enclave' comp-tent deux emplois en CDI, un poste de commercial et un poste administratif. Olivier est le seul à travailler sur la partie élevage, avec l'aide de quelques saisonniers aux périodes cruciales. 90 % du chiffre d'affaires provient de la vente de naissins aux 80 clients héliciculteurs, de la prestation de services, et de la vente d'escargots et de produits transformés aux restaurateurs. Beaucoup de ces ventes se font par le biais du site internet. Les dix pour-cent restants sont assurés par vente aux particuliers, par le biais du site internet 'les-produits-de-provence.com' ou directement au magasin de l'exploitation.
Mais depuis trois ans, Olivier Clavel doit faire face, comme tant d'autres cultures, aux conséquences du changement climatique. "Dès qu'il y a des périodes de canicules, pendant lesquelles il n'y a pas assez de refroidissements la nuit, la bactérie pseudomonas peut décimer un élevage entier en quelques jours." Cette bactérie, apparue dans le Var il y a une dizaine d'années, avait été observée à Saint-Rémy-de-Provence il y a cinq ans. "Maintenant, c'est mon tour, et elle remonte à mesure que les températures augmentent,"
Ce nouveau risque oblige Olivier à commencer la reproduction 15 jours plus tôt, pour faire un début d'élevage en nurserie chauffée et tempérée, avant de les lâcher en extérieur dans les parcs. "L'objectif est de pouvoir les ramasser au mois de juin, avant la période où le risque de canicule est élevé."
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