PACA, Occitanie 28/01/2026
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MILLÉSIME BIO

La stabilité des prix pour développer la filière

Croissance des surfaces, marché en hausse, mais tensions persistantes sur les prix et les moyens de production. Alors que Millésime bio se tenait à Montpellier cette semaine, la filière viticole bio met en avant ses atouts, tout en appelant à des règles du jeu plus stables pour assurer sa pérennité.

Sur le dossier du cuivre comme sur celui des prix, Julien Franclet, président de SudVinBio constate une mobilisation inédite. "Conventionnel, bio, producteurs, coopérateurs, négociants : tout le monde va dans le même sens."

© Crédit photo : AL

En ouvrant officiellement le salon ce lundi 26 janvier, le président de SudvinBio et vigneron dans le Gers, Julien Franclet, rappelle l'importance prise par cet événement devenu, en trois décennies, la première place de marché mondiale dédiée aux vins biologiques. En France, ce sont plus de 141 754 ha de vignes bio en 2024, une progression de 7,6% sur un an. À elle seule, l'Occitanie qui concentre 3 347 exploitations viticoles bio et plus de 58 000 ha de vignes, soit plus de 23% du vignoble régional. Des chiffres qui placent la région en tête au niveau national.

En Provence-Alpes-Côte d'Azur (Paca), la viticulture biologique tient bon, consolidant sa place au 3e rang national avec, selon les chiffres de la Direction régionale de l'alimentation, de l'agriculture et de la forêt en Paca, 21% des surfaces viticoles bio françaises, derrière l'Occitanie et la Nouvelle-Aquitaine. Contrairement à la tendance nationale marquée par un recul des surfaces, Paca affiche une croissance de 4% de ses vignes bio entre 2023 et 2024, portée par un climat favorable et des appellations phares comme Châteauneuf-du-Pape (84) ou les Baux-de-Provence (13). Le Vaucluse, lui, règne en maître comme 1er département viticole bio de France, avec plus de 11 000 ha, une dynamique maintenue malgré les défis. Le marché continue, lui aussi, de progresser : estimé à 1,678 milliard d'euros, il affiche une croissance de 7% en valeur entre 2023 et 2024 et une hausse de 50% sur les six dernières années. Tous les circuits de distribution sont en progression, à l'exception des grandes et moyennes surfaces. Derrière ces chiffres encourageants, le président souligne toutefois une réalité plus contrastée : "Ces chiffres très positifs masquent une réalité de terrain et un ressenti très différent", évoquant des difficultés variables selon les modes de commercialisation.

Connaître son coût de production pour vendre au juste prix

À l'automne dernier, des discussions ont été engagées autour des accords de durabilité. Julien Franclet salue "une avancée majeure" pour la filière, permettant aux acteurs de s'accorder sur les coûts de production d'un hectare de vigne en bio et de publier des prix d'orientation pour plusieurs cépages. "Sur le long terme, la stabilité des prix est l'outil numéro un à mettre en place pour développer une filière viticole", insiste-t-il.

Grâce à une dérogation européenne au droit de la concurrence, des discussions amont-aval ont pu s'ouvrir au sein de la filière bio et HVE. En Occitanie, une 1re estimation consensuelle du coût de production a émergé : environ 7 000 €/ha, main-d'œuvre familiale incluse. "Constat partagé également par de nombreuses zones de production viticole nationale", ajoute le président. Bénéficiant d'un contexte sociétal favorable, "les consommateurs sont prêts à mettre un peu plus d'argent dans la bouteille, à condition d'avoir des garanties sur l'environnement, la santé, la biodiversité". L'agriculture biologique répond à ces attentes, même si un frein persistant demeure : le prix.

"Ces chiffres très positifs masquent une réalité de terrain et un ressenti très différent"

"Il y a une légende urbaine qui dit que bio égal cher", regrette le vigneron. Pourtant, les chiffres racontent une autre histoire. Une étude menée lors du salon Millésime Bio montre que 40% des vins présentés sont vendus à moins de 12 € TTC la bouteille. Les travaux assurent ainsi qu'un ajustement de 20 à 30 centimes par bouteille suffirait à assurer la viabilité économique des exploitations. "Ce n'est pas énorme. Si chacun fait un pas, metteur en marché, distributeur, consommateur, on peut y arriver."

Le cuivre, point de crispation majeur

L'autre dossier sensible actuellement reste celui du cuivre, dont l'usage est fortement restreint depuis les dernières décisions de l'Anses. "On réduit souvent ce problème à l'agriculture biologique, alors que 85% des vignerons conventionnels utilisent aussi du cuivre", rappelle Julien Franclet. Produit multi-site, sans phénomène de résistance connu, mais restant un métal lourd qui s'accumule dans les sols, le cuivre présente plusieurs avantages : coûts modérés, réduction des phytosanitaires de synthèse, absence de classement CMR. Son interdiction aurait, selon lui, des effets contre-productifs. "Les vignerons conventionnels se tourneront vers des produits chimiques de synthèse, parfois plus dangereux pour la santé." Pour les vignerons bio, l'enjeu est encore plus critique : "Sans cuivre, on se retrouve dans une impasse totale." L'Anses elle-même a reconnu, dans un rapport datant du mois de juin, l'absence de solutions techniques et économiques viables à ce stade.

La crainte porte également sur les distorsions de concurrence au sein de l'Union européenne, certains pays comme l'Italie envisageant de ré-autoriser des produits à base de cuivre. Certes des alternatives existent, mais elles nécessitent du temps. Les cépages résistants par exemple offrent des perspectives, tout en restant imparfaits. "Résistant ne veut pas dire zéro traitement", souligne le président de SudVinBio. "Et leur développement prend de nombreuses années de sélection..." Comprendre, à demi mot : la filière n'a plus le temps d'attendre.

Anthony Loehr •

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