Vaucluse 02/04/2025
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BEAUMES-DE-VENISE

La passion et le goût d'entreprendre de Quentin Meissonnier

À 21 ans, Quentin Meissonnier a déjà tout d'un grand. Il a repris le domaine familial Saint Roch avec son frère il y a deux ans, et n'a cessé depuis de le faire évoluer. Plantations, marchés à l'export, nouvelles cuvées... Le jeune vigneron ne manque pas d'inspiration et de motivation !

Quentin Meissonnier a repris l'exploitation familiale avec son frère, à Beaumes-de-Venise.

© Crédit photo : CL

L'adage dit que la chance sourit aux audacieux. Et l'audace, Quentin Meissonnier, vigneron à Beaumes-de-Venise, en a fait sa force.

Il s'est installé avec son frère Théo il y a tout juste deux ans sur l'exploitation familiale, au Domaine Saint Roch. À ce moment-là, le jeune homme avait à peine 19 ans. Mais il travaillait déjà depuis quelque temps en tant que saisonnier, pour aider ses parents en manque de main-d'œuvre en pleine période Covid. Tout juste installé, avec un bac professionnel 'Conduite et gestion de l'entreprise vitivinicole' en poche, Quentin prend les choses en mains.

Un pari fou

Le jeune vigneron a toujours su qu'il voulait devenir viticulteur : "Déjà petit, j'avais un tracteur à pédales, et même dans la cour de récréation j'en parlais". Le déclic ? En 2011, lorsque ses parents crée le domaine. "Avant, on était coopérateur à la cave de Beaumes. Ça convenait très bien à mon papa, mais moi je voulais pouvoir vendre le produit que j'aurais fait de A à Z." Une fois installé, le jeune vigneron a donc très rapidement voulu développer l'affaire, surtout sur la partie commerce.

Le domaine participe déjà à 70 salons par an dans la France entière. Cela représente une grande partie de sa commercialisation. "C'est la solution la plus efficace pour vendre du vin rapidement sans avoir de gros investissements", explique Quentin. En effet, 80 000 bouteilles sont achetées en salon chaque année, sur les 180 000 que le domaine écoule. Le reste part via le caveau, la grande distribution, des grossistes et cavistes.

Malgré le temps et l'énergie que cela demande, Quentin décide de poursuivre dans ce sens, mais à l'étranger. Un énorme défi qu'il choisit de se lancer puisqu'il ne parle pas un mot d'anglais.

Direction l'international

Le jeune vigneron l'avoue : "Pas mal de personnes ont essayé de me dissuader". Et pour cause : "J'avais des marchés stables, donc pourquoi vouloir changer ?" lui demande-t-on. D'autant qu'à ce moment-là, le marché du vin devenait de plus en plus complexe. Mais le jeune homme n'a alors qu'une idée en tête : essayer.

C'est ainsi qu'en mai 2023, il part en Roumanie et en Pologne faire des salons. Une expérience qu'il n'est pas près d'oublier. "J'ai pris la baffe de ma vie", avoue-t-il, en rigolant. Sans grande notion en anglais, Quentin se sentait perdu pour répondre aux questions. De retour en France, il s'est donc mis à apprendre la langue de Shakespeare. En parallèle, il s'envole faire des salons à New-York, en Allemagne, en Suède, en Finlande. Il poursuit ensuite en Norvège, au Danemark, en Belgique, aux Pays-Bas, en Irlande, en Allemagne. Un travail de dur labeur qui paye, puisque le domaine a gagné de nouveaux marchés et pu envoyer des bouteilles aux Pays-Bas, en Belgique, en Suède et même au Brésil et en Nouvelle-Calédonie.

Si pour le moment, ces nouveaux marchés ne représentent que 30 000 bouteilles, le viticulteur a de quoi être fier. "Tout le monde me disait que ça ne marcherait pas. J'ai pris les critiques pour avancer, et je ne pensais pas avoir un tel succès." Un début déjà prometteur.

Élargir la gamme

Quentin aime son métier par-dessus tout. S'il a choisi de prendre du temps pour développer ses marchés à l'export, il n'oublie pour autant pas le travail de la terre, qu'il apprécie tout autant. "L'avantage de notre métier, c'est qu'on est libre. On peut toucher à tout. Je me suis découvert une affinité pour le commerce, mais je suis aussi très heureux de pouvoir monter sur le tracteur." Un équilibre qu'il a réussi à trouver et qui lui convient.

Depuis la reprise du domaine avec son frère, ils ont pu augmenter la superficie de 6 hectares supplémentaires, pour atteindre 75 hectares. Un vignoble composé de diverses appellation en Beaumes-de-Venise, Muscat de Beaumes-de-Venise, Vacqueyras, Ventoux, Côtes du Rhône, sans oublier de l'IGP. 

Les deux frères ont aussi fait le choix de diversifier leur gamme, pour s'adapter à la demande. Ils ont ainsi créé un pétillant pour répondre au marché suédois. La production de blanc a aussi été revue à la hausse et un ventoux rouge à 12° a vu le jour. Pour la suite, le vigneron - qui fourmille d'idées - , aimerait développer une gamme de vin d'allocation, en s'appuyant sur des cuvées parcellaires ou à base d'un cépage en particulier. "Des vins atypiques, haut de gamme, des séries limitées", confirme-t-il.

Faire découvrir la vigne

Quentin sait l'importance de l'œnotourisme. D'autant qu'il a conscience de la beauté des paysages dans lesquels il évolue. "On a de très belles balades dans le coin, dans les Dentelles, et c'est un réel atout pour vendre du vin." Alors, le domaine a mis en place un partenariat avec un loueur de Solex. Des visites guidées de la cave sont aussi régulièrement organisées.

Enfin, Quentin croit en la force du collectif. "L'entraide, travailler ensemble sur des projets est l'avenir de notre métier", affirme-t-il. Il fait partie du Conservatoire des AOC de Beaumes-de-Venise. Avec d'autres jeunes vignerons, ils s'activent pour mettre en place de beaux projets, afin de faire rayonner leurs vins. 

Capucine Lorain •

Les CHIFFRES clés-

2011 : création du domaine

75 hectares

Environ 180 000 bouteilles par an

70 salons par an

Environ 25 cuvées

Capucine Lorain •

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