La flavescence dorée poursuit sa propagation, portée par la cicadelle Scaphoideus titanus. « Attention, à ne pas la confondre avec la cicadelle de la grillure. S.titanus est plus difficile à observer, car elle saute, et elle est inféodée à la vigne, ce qui explique la rapide propagation de la maladie dans le vignoble », souligne Yves Texier de la Chambre d’agriculture de Vaucluse. La cicadelle responsable de la flavescence dorée, qui n’a qu’une génération par an, traverse 5 stades jusqu’au stade adulte. Les hivers doux ont tendance à allonger la période d’éclosion ce qui engendre une moins bonne efficacité des traitements. L’expression des symptômes se fait au minimum l’année suivant la contamination, voire plus. La prolifération est rapide d’une année sur l’autre, via un coefficient de 10 voire 15 environ. Ainsi, l’observation d’un cep atteint une année donnera 10 à 15 ceps exprimant les symptômes l’année suivante, et ainsi de suite. Ainsi une parcelle atteinte à 20 % est condamnée. Voilà pourquoi il est préférable de l’arracher au plus vite, car elle ne sera qu’un réservoir qui entraînera la propagation de la maladie ailleurs.
En 2014, 65% du vignoble français était en ZLO, soit 503 000 ha sur 800 000 ha. « Cette augmentation est liée à la diffusion de la maladie, mais aussi à une prospection plus intense : plus on cherche, plus on trouve. » En 2015, un peu plus de 10 000 ha ont été prospectés en Vaucluse, soit près de 20 000 km parcourus. « C’est un travail long, fastidieux, en pleine saison, mais c’est essentiel », rappelle Yves Texier. Les symptômes peuvent être confondus avec le bois noir, disséminé par hyalesthes obsoletus, qui n’est pas inféodé à la vigne (elle est également responsable du dépérissement de la lavande). Seuls la Fredon1 et le Sral2 sont habilités à faire les prélèvements au vignoble, afin de réaliser en laboratoire les analyses qui permettront de distinguer BDA ou flavescence.
En complément des traitements, d’autres techniques, à l’efficacité partielle et variable, peuvent être mises en place, telles que l’épamprage, car « les cicadelles aiment le bas des ceps ». Des essais avec des produits alternatifs sont également menés, mais ne sont pas pour l’instant probants : l’huile de neem s’avère photosensible, et l’argile, n’est pas utilisable en raisin de table, car elle laissera des traces sur les baies... « En laboratoire, l’émission de signaux vibratoires qui déroutent les cicadelles fonctionne, mais encore faut-il pouvoir le mettre en place à l’échelle d’une parcelle », poursuit Yves Texier.
L’intervention a été conclue par Christian Mounier, président de la commission agricole du Conseil départemental, particulièrement sensible à cette problématique. En tant qu’ancien agriculteur, il a dû arracher son verger à cause de la sharka. Il a rappelé l’attachement du Conseil départemental pour la production agricole, et son soutien notamment pour la promotion des produits. Après le miel, le raisin de table et la cerise peuvent désormais utiliser la marque « Savourez le Vaucluse ».
Magali Sagnes
1 Fredon : Fédération Régionale de Défense contre les Organismes Nuisibles
2 Sral : Service régional de l’alimentation
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06/06/2023
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