Safer Paca
Le 9 juin, à Cannes, l'assemblée générale de la Safer Paca a été l'occasion de mettre l'accent sur la question cruciale de l'eau et sur le rôle de l'opérateur foncier dans la préservation de la ressource, au plus près des territoires et des acteurs locaux.
Thomas Barralis, directeur départemental de la Safer dans les Alpes-Maritimes, Patrice Brun, président de la Safer Paca, Laurent Vinciguerra, son directeur général délégué, Nicolas Agresti, directeur des études à la FN Safer, et André Bernard, président de la Chambre régionale d'agriculture, ont rappelé l'importance de la préservation de l'eau lors de la table ronde organisée à l'occasion de l'assemblée générale de la Safer Paca.
© Crédit photo : G.Lantes
Protection, régulation et développement sont les piliers de l'action de la Safer Paca, dont les missions sont d'assurer la transparence du marché foncier rural, de préserver les espaces agricoles, naturels et forestiers, de contribuer à faire vivre une agriculture durable sur les territoires, mais aussi de protéger les ressources naturelles et les paysages. À ce titre, l'eau est notamment un enjeu majeur. Et la Safer Paca a profité de son assemblée générale annuelle pour rassembler ses équipes et partenaires autour d'une table ronde consacrée au sujet.
Alors que la sécheresse se fait de plus en plus rudement ressentir - malgré les récents orages parfois violents qui se sont abattus en Provence-Alpes-Côte d'Azur - l'eau et ses usages sont plus que jamais au centre des préoccupations. "Dans notre région, on a su s'adapter de longue date, en stockant et en transportant l'eau pour la rendre disponible, ce qui n'est pas le cas partout. Le canal de Provence maille notamment le territoire de manière efficace. Deux tiers de la population n'auraient pas accès à l'eau sans les aménagements réalisés au fil du temps. Et évidemment, l'agriculture a aussi besoin de cette eau pour produire. Ces dernières années, tout en développant les surfaces irriguées, l'agriculture a déjà considérablement réduit sa consommation. Si on prend une bouteille d'un litre, ce que consomme l'activité agricole représente un dé à coudre. Effectivement, on en a la plus grande utilité à un moment où tout le monde en a besoin, et l'enjeu est d'éviter les tensions. La gestion de la ressource est hautement stratégique pour la paix sur la planète", introduit André Bernard, président de la Chambre régionale d'agriculture.
Enjeu majeur, la préservation de la ressource en eau est partie intégrante des axes stratégiques du programme pluriannuel d'actions de la Safer Paca. "Pour la viabilité des projets, la question de la disponibilité de la ressource est devenue un critère d'arbitrage récurrent dans les débats des comités techniques au moment de rétrocéder les terres. On voit aussi de plus en plus de candidats tenant compte de l'enjeu, avec des projets sobres", indique Laurent Vinciguerra, directeur général délégué de la société d'aménagement foncier et d'établissement rural de la région Paca.
En tant qu'opérateur et aménageur foncier, la structure intervient également sur des actions collectives d'intérêt général. En la matière, le cas du Domaine des sources de la Siagne fait figure d'exemple. "Il s'agit d'une propriété emblématique des Alpes-Maritimes dont la vente nous a été notifiée en juillet 2021, pour 2,9 millions d'euros", présente Thomas Barralis, directeur départemental de la Safer Paca dans ce département. Le domaine qui s'étend sur 122 hectares, classé en zone Natura 2000, est un espace d'exception. Le site, remarquable par la richesse de l'environnement, comprend aussi des bâtisses d'intérêt patrimonial et abrite surtout les deux sources du fleuve la Siagne, qui alimente une vaste partie ouest du département, autour des communes de Cannes et Grasse. "Devant l'importance de cette propriété pour le territoire et la population, nous avons fait le point avec les élus locaux, et nous avons rapidement monté un dossier de préemption partielle. Comme la loi le prévoit, en septembre 2021, le propriétaire nous demandait d'acquérir la totalité du bien. Malgré les risques, la Safer Paca a pris ses responsabilités en achetant le domaine et l'a porté pendant un an et demi, avant de le rétrocéder au Conseil départemental", explique Thomas Barralis.
Nouveau propriétaire des lieux, le Département a confié la gestion du domaine de l'intercommunalité du pays grassois. "Nous avons désormais accès à ces sources qu'il est essentiel de préserver. C'est ce que nous voulons faire en faisant du Domaine des sources de la Siagne un site pédagogique et de recherches. Le but est de penser l'eau différemment, en apportant des explications au public et en travaillant notamment sur les ressources souterraines", éclaire Jean-Marc Délia, maire de Saint-Vallier-de-Thiey et vice-président de la communauté d'agglomération du Pays de Grasse.
Pour Laurent Vinciguerra, l'opération "illustre la capacité de la Safer Paca à faire des choses innovantes et audacieuses. Cela montre aussi combien notre capacité de stockage est essentielle, car tout cela sous-entend des moyens financiers", souligne-t-il. Le dossier met également en lumière l'importance de la dimension collective sur cet enjeu d'intérêt général qu'est l'eau.
Et, pour les responsables régionaux de la Safer, c'est le même esprit de coopération qui doit présider quant au nouveau droit de préemption sur les aires de captage, désormais ouvert aux collectivités en charge de la gestion de l'eau. Les discussions sur les modalités d'application de l'outil sont toujours en cours, "notamment sur la priorité de droit de préemption du fermier" sur les espaces agricoles et "sur la définition de périmètres qui soient opportuns", indique à ce chapitre Nicolas Agresti, responsable d'études à la Fédération nationale des Safer. "Le but est de mettre tout le monde autour de la table, et c'est déjà notre façon de fonctionner. Les collectivités doivent pouvoir s'engager sur des aires prioritaires en garantissant le maintien de la vocation agricole des terres. Mais ce n'est pas à coups de préemption que l'on pourra résoudre la problématique de l'eau. Cela passe aussi par de l'animation foncière et de l'accompagnement sur la maîtrise du foncier qui nous semble plus efficaces", commente Laurent Vinciguerra. Avant de plaider pour la responsabilité et l'intelligence collectives. "Nous devons définir les objectifs et les moyens d'y parvenir ensemble. Il faut laisser aux agriculteurs les marges de manœuvre pour travailler correctement", conclut André Bernard.
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