Pestiriv
L'enquête PestiRiv amène des références chiffrées sur l'exposition des riverains des vignes aux pesticides, mais ne tire pas de conclusion sur un possible impact sur la santé. De grands progrès ont été faits ces dernières années, "mais si la profession peut aller encore plus loin, elle ne réussira pas seule". Les viticulteurs font appel aux firmes et à l'État pour développer des solutions alternatives.
88% des surfaces viticoles ont une certification environnementale : bio, Haute valeur environnementale...
© Crédit photo : Camille Moirenc
"C'est une nouvelle photo qui renseigne sur la précision même des expositions et leur intensité", mais qui ne renseigne pas sur le potentiel impact sur la santé, a souligné Benoît Vallet, directeur général de l'Anses, en présentant le 15 septembre, les résultats de l'enquête PestiRiv, qui vise à rationaliser le débat sur l'exposition des pesticides. "Ce que nous souhaiterions, c'est que ces données soient 'bancarisables', c'est-à-dire sur des supports utilisables de niveau national [...] et que, par ailleurs, elles ne soient pas limitées dans le temps, puisqu'en réalité les questions d'épidémiologie se portent sur des dizaines d'années et pas sur 5 ans."
Menée en 2021-2022, PestiRiv décrit les différences d'exposition aux pesticides entre les résidents de zones viticoles (vivant à moins de 500 m de vignes) et les résidents éloignés de zones viticoles (à plus de 5 km), ces 2 groupes étant tous à plus de 1 km d'autres cultures.
Les deux agences de santé, Anses et Santé publique France, ont étudié la présence de 56 substances chez 2 000 adultes et 750 enfants, dans 265 zones viticoles et non viticoles réparties dans 6 régions (Occitanie, Paca, Auvergne-Rhône-Alpes, Bourgogne-Franche-Comté, Grand Est, Nouvelle-Aquitaine). Pour cela, elles ont analysé des échantillons d'urines, cheveux, poussières, air intérieur, air ambiant et, de manière plus "exploratoire", des aliments du jardin pour y rechercher des fongicides (folpel, cuivre...), des herbicides (glyphosate...) et des insecticides (pyréthrinoïdes).
Elles ont observé "des niveaux de contamination qui pouvaient augmenter jusqu'à 45% dans les urines, selon les pesticides" ; une augmentation de la contamination "qui pouvait atteindre plus de 1 000% dans les poussières" ; et "des niveaux qui pouvaient être jusqu'à 12 fois plus élevés dans l'air ambiant" a exposé, en conférence de presse, Clémence Fillol, responsable de l'unité surveillance des expositions à Santé Publique France.
Face à ce constat, les agences de santé préconisent une application plus stricte du plan Ecophyto 2030, et de "prévenir les riverains au préalable des traitements". Des recommandations "extrapolables à d'autres cultures" que la vigne, soulignent-elles. En effet, si la vigne a été ciblée particulièrement, c'est simplement parce que c'est une plante haute, mais surtout pérenne, ce qui facilite la mise en place de l'étude par rapport à des cultures soumises à rotation.
En conclusion de leur étude, les agences de santé communiquent également sur certains gestes du quotidien permettant de limiter l'exposition : "Disposer d'un système de ventilation mécanique (VMC) dans le logement, se déchausser en entrant dans le logement, nettoyer le logement avec une serpillière ou un aspirateur au moins une fois par semaine, éplucher les fruits produits dans le jardin et limiter la consommation d'œufs de poulaillers domestiques".
Si l'étude n'a pas vocation à répondre à la question de l'impact potentiel pour la santé, "les niveaux observés restent en deçà des seuils les plus défavorables pris en compte dans les autorisations de mise sur le marché", souligne la Fédération des producteurs de fruits (FNPF) dans un communiqué. "L'Anses le rappelle clairement : aucune alerte sanitaire n'est lancée à ce stade et présence ne veut pas dire risque. Ce travail inédit constitue une base précieuse pour améliorer nos pratiques et renforcer la confiance entre agriculteurs et riverains."
"Il est important de rappeler les efforts que font les vignerons pour une moindre dépendance aux produits phytosanitaires", indique Jérôme Despey, président du conseil spécialisé 'vin' de FranceAgriMer. "L'achat de phyto a baissé de 10% sur les 10 dernières années, et la part des produits de biocontrôle a progressé de 56% sur la même période. La viticulture est la première filière bio, avec 21%, contre 9% de surfaces toutes filières confondues." Cela étant, "si on veut produire du végétal ou de l'animal, il faut soigner et protéger. En revanche, nous avons besoin de soutiens et de moyens pour la recherche d'innovations et de solutions, d'autant plus face à la réduction de la palette de solutions, de matières actives, et dernièrement pour le cuivre. C'est un sujet que nous prenons à bras-le-corps car le premier exposé, c'est l'agriculteur." Position reprise par le Comité des vins à appellation et indication d'origine, appelant "les firmes fabriquant les pesticides à faire évoluer leurs produits avec des solutions alternatives. Nous ne devons pas nous retrouver en situation d'impasse technique. (...) L'État a aussi un rôle à jouer, en améliorant dès à présent les procédures d'homologation de substances, en particulier celles de biocontrôle".
En effet, "on ne cultive plus la vigne aujourd'hui comme hier. Les pesticides ne sont utilisés que lorsqu'ils sont strictement nécessaires pour protéger la plante face aux maladies et aux parasites", souligne Philippe Pellaton, président d'Inter Rhône. "Leur emploi s'accompagne des plus grandes précautions pour limiter l'exposition des viticulteurs, de leurs salariés, de leurs familles et de leurs voisins, dans le respect des conditions d'utilisation validées par l'Anses elle-même. Le dialogue avec les riverains est constant et nous souhaitons encore l'améliorer."
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