Pertuis
Julien Pourpe a repris l'exploitation familiale à l'aube de son 40e anniversaire, après une carrière déjà bien remplie. Courgettes, pois chiches, blé, thym et même grenades... Il cultive ce qui lui donne envie, en petite quantité, en mettant un point d'honneur sur la qualité, et toujours avec le sourire.
Portrait Julien Pourpe, maraîcher en diversification au Grand Cornarel sur Pertuis.
© Crédit photo : CL
Julien a 39 ans lorsqu'il se lance le défi de reprendre l'exploitation familiale, choisissant de mettre ses pas dans ceux de ses aïeux en devenant la 4e génération d'agriculteurs à vivre de l'agriculture. C'était il y a trois ans, alors que son père lui confiait son envie de partir à la retraite. À ce moment-là, il travaille à la Société du canal de Provence. Même s'il se sent épanoui dans son travail, à l'aube de ses 40 ans, l'envie d'un retour aux sources le taraude. Car avant ça, le désormais agriculteur a eu plusieurs vies.
"J'ai fait mes études dans l'aménagement paysager, un bac professionnel et un apprentissage. Puis à cause d'un gros problème de dos, on m'a conseillé de faire autre chose. Je me suis retrouvé un peu par hasard dans le commerce." Il enchaîne alors avec un BTS et une licence, puis met un pied dans l'hydraulique. Il sera également commerçant durant presque cinq ans. Mais c'est chez lui, là où il a grandi, qu'il choisit désormais de se poser.
Si son père l'a poussé à faire des études, "l'agriculture a toujours été dans un coin de la tête", avoue-t-il. Lui qui a toujours baigné dedans "sans aucune contrainte" tient-il à préciser, ressentait un besoin d'y revenir.
Comme Julien n'a pas encore 40 ans lorsqu'il décide de s'installer, il profite du cursus 'Jeune agriculteur' et se fait également accompagner par la Chambre d'agriculture de Vaucluse.
Quand il arrive sur l'exploitation, cette dernière s'étale sur 17 hectares d'un seul tenant. "De superbes terres, riches, profondes, mais pas simples à travailler", analyse l'agriculteur. Son grand-père et son père étaient maraîchers et produisaient de nombreuses cultures - dont melons, courgettes, artichauts -, mais aussi des céréales. Proche de la retraite, le père de Julien ne se consacre plus qu'au blé et garde quelques petites terres de maraîchage, qu'il vend via un réseau de primeurs.
Lorsqu'il reprend l'affaire, l'agriculteur n'a pas nécessairement en tête l'envie de continuer dans cette direction. "Je n'avais pas forcément pensé à faire du maraîchage", admet-il. S'il a des doutes sur le type de cultures à mener, il sait en revanche qu'après des années de management, il veut travailler seul. Il décide également de convertir toute l'exploitation en bio. "Un réel défi" avoue-t-il, puisqu'à cette période survient la crise du bio. Mais cela ne l'empêche pas de se lancer à fond dans le projet : il entame la saison avec un hectare de courgettes (sous toutes ses formes et ses couleurs), ainsi que des aubergines. Et continue aussi les céréales, avec du blé et de l'orge, tout en relançant le melon.
Julien souhaite aussi développer d'autres cultures : il se tourne alors vers différentes diversifications, en grandes cultures d'abord, et met en place dix hectares de pois chiches, et en arboriculture, avec des grenades sur un petit demi-hectare. "J'ai planté 135 arbres il y a trois ans, et j'ai eu ma première production cette année, avec 200 kilos", se réjouit le producteur.
Avec cette nouvelle production, il s'est aussi lancé un challenge : celui de trouver la variété la mieux adaptée à ses terres. Alors il en a planté dix différentes et suit avec attention leurs évolutions. À terme, il vise les trois hectares avec seulement les types d'arbres les plus productifs. Pour ses recherches, il est soutenu par le syndicat France grenade.
Enfin, il a ajouté une troisième corde à son arc, en choisissant de se diversifier dans les plantes aromatiques, avec deux hectares de thym et un hectare de romarin. Le but ? Mettre en place son propre atelier de transformation, un projet monté dans le cadre du Contrat de transition, dispositif Feader piloté par la Région Sud. Si pour le moment, le dossier n'avance pas au niveau de la Région, il espère néanmoins le voir rapidement aboutir pour qu'il soit opérationnel lors la prochaine récolte, l'année prochaine.
Ce que Julien préfère dans son nouveau quotidien d'agriculteur, c'est le bonheur qu'il y trouve chaque matin en se levant. "Je m'éclate", insiste-t-il, pointant la satisfaction quotidienne de voir concrètement le résultat de son travail. "Voir l'évolution de la graine que je mets à pousser jusqu'au retour des clients, puis savoir ce qu'ils en font, c'est vraiment une super récompense." Le maraîcher travaille avec un réseau de primeurs. Une trentaine de clients en qui il a confiance. "C'est important pour moi de savoir qu'ils vont valoriser le produit."
S'il reconnaît tout de même que ce n'est pas tous les jours facile, "il y a 95% de positif et je ne regrette pas le moins du monde ma décision", assure-t-il. Pourtant, cet été, il a enchaîné les problèmes. "J'ai tout eu : les canicules, des maladies. J'ai planté et ça n'a pas poussé. Économiquement, c'était compliqué." Mais même un pied à terre, Julien ne se démotive jamais. D'autant qu'il a un soutien de taille : son papa. "Il m'apporte son expérience, c'est ma station météo la plus fiable et, surtout, il me laisse faire mes propres choix. C'est vraiment un luxe de pouvoir travailler dans ces conditions."
Pour la suite, Julien veut continuer sur sa lancée, sans pour autant s'agrandir. "Je veux continuer d'être à petite échelle, garder un contact humain et faire de la qualité, en petites quantités." Il commence à se tourner vers de la transformation avec de la farine de pois chiches et du caviar d'aubergine, "pour élargir un peu" sa gamme.
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