cuma de vaucluse
Dans un environnement chahuté par la crise agricole, la Fédération départementale des Cuma de Vaucluse alerte sur l'augmentation du coût des matériels. Entre entretien et renouvellement, la balance penche sérieusement vers la première option. Elle appelle donc la filière à être plus raisonnable et demande le fléchage des aides vers les structures collectives.
Éric Ereteo, président de la Fédération régionale des Cuma de Paca, et Frédéric Baumet, président de la Fédération départementale des Cuma de Vaucluse.
© Crédit photo : CZ
58 Cuma représentant 1 108 adhérents, pour un parc de 1 397 machines, dont 190 automoteurs (machines à vendanges et élévateurs) et 1 207 petits matériels. Les chiffres diffusés ce lundi 10 février à Mormoiron lors de l'assemblée générale de la Fédération des Cuma de Vaucluse confirment une tendance structurelle, car la fédération comptait encore 1 700 adhérents en 2013. Une lente érosion depuis 2013, qui ne devrait pas s'inverser en 2025.
Pour autant, les comptes de l'association restent sains, avec un exercice 2024 excédentaire de 5 670 € et un autofinancement de 90 %, sans avoir touché aux provisions malgré le départ à la retraite l'an dernier de son animateur, Max Jaubert. Mais ce dernier prévient déjà que 2025 risque de tanguer, en raison de la crise agricole qui pèse sur l'économie départementale et régionale, et qui impacte l'activité des Cuma adhérentes.
Or, une partie du budget de la fédération départementale est directement liée aux investissements de ses adhérents, via notamment l'aide du Conseil départemental : 2 % des 7 % octroyés reviennent en effet au fonctionnement de l'association vauclusienne. "Nous avons eu confirmation par Christian Mounier de la pérennisation de l'aide apporté par le Département pour 2025", annonçait d'ailleurs son président, Frédéric Baumet, en accueillant la cinquantaine de personnes présentes ce lundi matin dans la salle 'La ruche' de Mormoiron. Une bonne nouvelle alors que les collectivités doivent faire elles aussi face à une baisse des dotations de fonds publics.
Cette baisse structurelle des chiffres liés à la fédération trouve sa source dans différentes explications : raison démographique, manque d'engouement pour le collectif, des aides d'États qui n'incitent pas forcément à venir dans le réseau Cuma. "Sans oublier les jeunes qui peinent à nous rejoindre, voire ne savent même plus que nous existons", pointe le désormais retraité Max Jaubert, soulignant que le réseau des Cuma avait même "carrément disparu des programmes scolaires".
Pire, le profil des structures adhérentes laisse entendre que l'érosion n'est pas terminée, car cinq à six Cuma devraient disparaître encore dans les trois ans à venir, en raison d'un manque d'investissement, du non-renouvellement de ses adhérents. "Or, avec trois adhérents, on est hors cadre réglementaire et la Cuma doit être dissoute."
En 2024, la fédération a suivi six dossiers de demande de subvention (pour 15 matériels) auprès du guichet de la Région Sud, pour un montant de 44 535 € d'investissements et 110 883 € d'aides. "Six ! Là où nous en faisions une quarantaine il y a encore peu", s'alarme Max Jaubert. De son côté le Département a octroyé plus de 31 000 €. Autre action assumée par la structure : le suivi des dossiers d'aide du Contrat de transition, lancé en 2023 et piloté par la Région Sud, qui peine toutefois à monter en puissance. "Ces contrats sont complexes à monter au niveau administratif et l'on a des retards dans les paiements. La faute à un manque de moyens humains" et à la mise en place d'une nouvelle plateforme de paiements (https://euro-pac.maregionsud.fr), souligne le président de la Fédération des Cuma.
La Région Sud a confirmé en décembre dernier que l'enveloppe allouée de 700 000 € avait séduit au-delà des prévisions (les demandes sont de 1 million d'euros). "Bénédicte Martin, vice-présidente de la Région Sud, nous a assuré qu'aucun dossier ne serait laissé de côté ou rejeté. Mais cela risque d'impacter l'enveloppe 2025, maintenue et au même niveau que 2024, avec un taux d'aide de 25 % à tout investissement en Cuma", annonce Éric Ereteo, président de la Fédération régionale des Cuma.
En regardant le type de matériel lié aux dossiers déposés, on perçoit toute la difficulté de la filière agricole départementale. Habituellement, les machines à vendanger représentaient le gros des demandes, (il en existe environ une soixantaine en fonctionnement dans le département), aux côtés des matériels de traction. "En 2024, pas de machine à vendanger, hormis un peu de traction sur le plateau de Sault en grandes cultures. L'environnement, c'est aussi fini. Reste un peu de matériel viti."
Les difficultés économiques des exploitations expliquent en partie ces chiffres. Mais pas que. Les cumistes mettent également en avant l'augmentation majeure du prix des matériels depuis la crise du Covid. "Avec 30 à 40 % d'augmentation, pas étonnant qu'il n'y ait pas de renouvellement !", tempête Éric Ereteo. "Mieux vaut bien entretenir ses équipements que les renouveler", complète son homologue vauclusien. Mais faire durer son matériel plus longtemps implique souvent une augmentation des coûts d'entretien, d'autant que le devis pour une machine à vendanger peut rapidement grimper. "Et aujourd'hui, le coût peut rebuter certains. À 450 euros l'hectare parfois pour une machine à vendanger, il ne faut pas s'étonner de voir certains se tourner vers les ETA", renchérit Max Jaubert. Les élus demandent donc un fléchage exclusif des aides vers les structures collectives, "pour amener un peu de raison dans l'établissement des prix du matériel, car on constate tous que dès qu'il y a une aide, le prix augmente mécaniquement", appuie le président de la FR Cuma.
Ces chiffres départementaux ne sont pas isolés de ceux rencontrés en région ou dans l'Hexagone. Le réseau FN Cuma compte 10 057 Cuma pour 255 000 matériels et 5 490 sala- riés en Cuma. "Nous avons rencontré la FN Cuma, car depuis quelques années, leur raisonnement c'est d'augmenter les cotisations de 20 % par an. C'est inadmissible", relève Frédéric Baumet qui annonce que la fédération nationale a fait un tour de France pour prendre le pouls du terrain, "en vue de refondre son projet politique, présenté en juin prochain à Beaune lors de son congrès. On verra s'il en ressort quelque chose". Plus largement, l'inquiétude du président est palpable : "On entend de-ci de-là que les Cuma sont plus attractives, répondent à de nouvelles attentes. Sur le terrain, le ressenti est tout autre. Mais je trouve qu'il est dommageable de rebondir sur l'intérêt du collectif uniquement sur les cendres de la crise agricole. Il faut se réunir, et pas uniquement en temps de crise", s'agace Frédéric Baumet, qui salue toutefois l'exonération obtenue pour les salariés en Cuma concernant le TO-DE. "C'est une distorsion de concurrence enfin levée qui encourage l'emploi partagé. Car nos Cuma peuvent aussi faire office de groupement d'employeurs" rappelle-t-il, voulant conclure sur une note d'optimisme en citant des propos partagés par d'autres : "Les Cuma font partie de la solution, mais personne ne le sait. Le modèle coopératif permet de dépasser le seul cadre de la machine et transcende ce qui fait la force de notre réseau, c'est-à-dire la solidarité".
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