Le président de la FDO, Emilien Bonnet, aux côtés du président de la commission agricole du Conseil départemental, Christian Mounier. (©FDO84)
Drôle d’ambiance lundi 11 avril à Cheval Blanc, lors de l’assemblée générale de la Fédération départementale Ovine de Vaucluse. Au cours de la partie statutaire, les éleveurs présents ont pu constater que leur syndicat était dans une bonne dynamique d’adhésion et financière. Avec une augmentation de 9 % de ses adhérents, la FDO confirme son rôle central dans la filière, en représentant 70 % des éleveurs du département, et plus de 90% des effectifs en brebis. Petite filière départementale en nombre, celle-ci demeure attractive, comme le démontrent les nouvelles installations qui voient le jour ces dernières années, et le maintien de ses effectifs en brebis et en élevages. Ces bons résultats sont le fruit de la qualité d’accompagnement existant en Vaucluse et proposé aux éleveurs par la FDO, la Chambre d’agriculture et les services de la DDT, comme l’a souligné le conseiller départemental et maire de Cheval Blanc, Christian Mounier, rajoutant : « Le conseil départemental de Vaucluse fera son possible pour que le soutien à l’élevage puisse se poursuivre, malgré la redéfinition des compétences et des interventions dans le cadre de la loi NOTRe ». Dans son intervention, Emilien Bonnet, président de la FDO a précisé : « Notre activité en 2015 a été dense, notamment en matière d’accompagnement des éleveurs dans leur déclaration PAC. La complexité des dossiers et la nouvelle réglementation en sont pour beaucoup. Le loup continue de nous préoccuper, même si nous avons eu moins d’attaques, la protection des troupeaux toute l’année pèse sur nos trésoreries et notre moral. L’organisation de la foire aux agnelles de St Christol, le 1er dimanche d’août, reste une activité importante de notre syndicat, vitrine de notre filière qui rassemble des milliers de visiteurs chaque année. » Les bons chiffres du syndicat présentés par le président de la FDO ont rapidement laissé la place à l’inquiétude et à l’exaspération dans la salle, lorsqu’est venu le moment d’aborder les sujets de la PAC et du loup.
L’incertitude à la veille des déclarations PAC 2016.
« C’est quoi cette usine à gaz, je déclare quoi dans mon dossier 2016… ? !Comment prévoir nos investissements quand on ne connaît pas encore le montant des aides 2015, quand on ne sait pas si notre contrat MAEC 2015 a été accepté… ? Le retard de paiement des aides 2015 est inacceptable - nos trésoreries sont à sec-, on a besoin de cet argent qui nous fait défaut. Nous avons engagés d’importants frais pour les mesures loups, pour embaucher des bergers… Qui accepterait de ne pas être payé sur autant de mois ? » Autant de questions et d’invectives lancées par les éleveurs à la représentante de la DDT 84, ainsi qu’à la vice-présidente du Conseil régional Paca, Eliane Bareille, en charge de la délégation pastoralisme et ruralité.
Il est vrai qu’en ce début d’avril, période de démarrage de déclaration de la PAC 2016, les dossiers de l’année dernière ne sont pas complètement instruits, et comme le précise Delphine Cathala, chef du service agriculture de la DDT 84 : « Nous faisons tout notre possible pour traiter les dossiers, mais nous sommes bloqués par des problèmes de logiciels inhérents à toutes les DDT, ou d’exigences en nouveaux justificatifs pour mettre en paiement les mesures loups de 2015. Cela aura un impact certain sur la date de mise en paiement des aides découplées et des aides du 2e pilier. La date de juin sera dure à respecter et un grand nombre d’aides ne pourront être versé aux bénéficiaires que cet automne ».
La gestion des surfaces non agricoles, ainsi que la mise en place de visites rapides pour contrôler systématiquement les proratas des parcours, ont complexifié l’instruction des dossiers 2015, mais les éleveurs refusent d’être pénalisés financièrement par le manque d’anticipation de l’Etat, quant à la gestion de cette nouvelle PAC.
Propos partagés par Eliane Bareille, qui a découvert l’ampleur du chantier et des difficultés lors de sa prise de fonction en janvier dernier : « Le basculement de la gestion des aides du 2e pilier de la PAC au Conseil régional a été très compliqué. Nous nous inquiétons également des retards pris car de nombreux problèmes subsistent. Le rattrapage de paiement pour les aides 2015 se fera sur le budget 2016 pour ne pas pénaliser les éleveurs. Pour ce qui est des mesures de protection contre le loup, 86 % des dossiers 2015 ont reçu en acompte, ce qui est le meilleur ratio régional mais nous allons faire tout notre possible pour les solder au plus vite, car j’ai bien noté que d’importantes factures, notamment celles concernant les bergers, restent impayées ».
Les éleveurs rassurés du soutien des collectivités locales envers leur filière n’en demeurent pas moins inquiets, quant au calendrier de paiement des aides, car il va falloir expliquer aux banquiers d’attendre ou négocier des billets de trésorerie. La déclaration PAC 2016 ne s’annonce pas sous les meilleurs auspices, car les questions sans réponses sont encore trop nombreuses. La FDO de Vaucluse veillera à accompagner au mieux les éleveurs ovins du département pour sécuriser leurs dossiers.
Jean-Louis Blasco, FDO84
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