La journée consacrée à l’adaptation des changements climatiques s’est déclinée en six ateliers. (© M.K)
Pour cette deuxième rencontre, les acteurs agricoles devaient se pencher sur la problématique de l’adaptation des changements climatiques déclinés en six ateliers : la résilience de l’agriculture face aux crises ; la gestion de l’eau en Paca ; l’agroécologie et les systèmes innovants ; la formation ; la qualité ; la recherche et le développement.
Au lycée agricole François Pétrarque, qui accueillait cette deuxième journée de réflexion, la salle dédiée à la gestion de l’eau en Paca était comble, tant le sujet est à enjeux, surtout avec la sécheresse persistante qui frappe la région. Les personnes présentes étaient invitées à commenter une série de questions portant sur la gestion de l’eau au niveau de l’exploitation, la gestion de l’eau collective de l’irrigation en Paca et le potentiel agricole irrigable régional. Retenues collinaires, pression de l’urbanisation, baisse des surfaces irrigables… chacun aborde un sujet qui le concerne. « Le prix du service de l’eau devient un vrai problème et peut être un facteur d’abandon de l’irrigation, c’est un phénomène nouveau », note un agriculteur. Un agriculteur regrette que seuls les projets axés sur les économies d’eau bénéficient de subventions. André Bernard, président de la Chambre d’agriculture du Vaucluse et président de cet atelier, a rappelé l’importance du couvert végétal pour capter l’eau lors des pluies et créer de la matière organique, mais a reconnu que le changement de rythme de la nature rendait difficile de cibler le moment opportun pour planter. Autre problème majeur : les constructions sur les terres agricoles. « L’extension de l’urbanisation se fait majoritairement dans des secteurs agricoles de qualité et irrigués », regrette André Bernard. « Il faut trouver le moyen de réduire ce phénomène et d’obtenir des compensations des surfaces perdues, bien souvent aux abords des agglomérations. Depuis 40 ans, on perd chaque année 400 à 500 hectares de terres irriguées. Cette ressource est indispensable à la vie de notre territoire, il faut savoir l’économiser et l’optimiser au maximum sans nous empêcher de nous projeter à 50 ans. Il faut mobiliser les fonds pour moderniser le réseau et améliorer le maillage du territoire. »
Paca, un territoire pilote.
Recherche, développement et expérimentation étaient au cœur d’un atelier présidé l’après-midi par Christian Gély, vigneron et vice-président de la Chambre régionale d’agriculture, et Yves Faure, à la tête du pôle de compétitivité Terralia et des Comtes de Provence qui transforme les fruits en compotes, confitures confits et coulis. Chacun a souhaité s’appuyer sur son expérience pour introduire le débat. « Le changement climatique et l’adaptation des cultures sont des enjeux globaux qui concernent toutes les filières animales et végétales », a commencé Christian Gély. « Cette année, les vendanges de mes vignes au pied du mont Ventoux ont débuté avec quinze jours d’avance. Je n’ai aucune borne d’irrigation. Cet été, je m’en suis mordu les doigts. D’après les relevés, il fait de plus en plus chaud l’été, mais ça ne se vérifie pas l’hiver. Cette année nous avons connu une gelée que nous n’avions plus vue depuis vingt ans. On ne peut pas parler de réchauffement climatique, mais de changement climatique. »
Murielle Kasprzak
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06/06/2023
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