produire sous siqo
Entre les attentes des consommateurs qui évoluent et l'offre en produits agroalimentaires qui explose, les Signes officiels de la qualité et de l'origine (Siqo) sont-ils des atouts toujours aussi indiscutables ? Plusieurs experts en la matière répondaient à cette question dans le cadre du salon Med'Agri.
Différentes personnalités s'investissent pour faciliter l'émergence et le développement des Signes officiels de la qualité et de l'origine. Ils ont témoigné lors du Med'Agri à propos de leurs atouts, indispensables de l'agriculture régionale.
© Crédit photo : ED
Une quantité de produits qui bénéficient de Signes officiels de la qualité et de l'origine (Siqo) aujourd'hui dans la région. Des signes d'identification de la qualité et de l'origine qui couvrent toute la diversité de la production agricole (vins, fruits, légumes, céréales, viandes, PPAM). Pour Sandrine Faucou, référente pour le dossier Siqo à la Chambre régionale d'agriculture Paca, "cet éventail de productions permet de générer une économie indélocalisable, tout en préservant des systèmes de production emblématiques de nos territoires. Dans un contexte où la loi Égalim les introduit avec certains objectifs dans la restauration hors domicile, l'offre autour des Siqo est aussi grandissante".
En matière de signes d'identification géographiques, la région - avec la vallée du Rhône et la Provence - est d'abord représentée en grande partie par la viticulture, tant au niveau des Appellations d'origine protégée (AOP) que des Indications géographiques protégées (IGP). La filière oléicole est aussi très représentée, avec six appellations d'origine. La filière fruits et légumes (hors olive) qui jusque-là était peu représentée, se voit, elle aussi, redynamisée ces dernières années, avec des démarches en cours de reconnaissance. Avec la filière animale et ses fromages emblématiques - le Banon et la Brousse du Rove -, on retrouve l'Agneau de Sisteron, mais également des démarches autour du Bleu du Queyras et de la Tome du Chamsaur.
Dans les différents territoires, d'autres appellations sont déjà bien implantées ou font l'objet de dossiers en cours d'instructions, avec des nouveaux produits comme l'IGP Calisson d'Aix et les Fleurs du Var.
Dans le paysage des Siqo régionales, le Label rouge qui, par ses conditions de production et de fabrication présente un niveau de qualité supérieure à un produit standard, est aussi bien présent. C'est un signe national qui sort de l'image de l'identité d'un territoire. Dans notre région, trois produits Label rouge sont associés avec une IGP (pomme, agneau fermier, miel de lavande et toutes fleurs), un produit Label rouge concerne la pizza surgelée à Manosque, et deux autres projets - sur la semoule de blé dur porté, entre autres, par Panzani et la Semoulerie de Bellevue, ainsi que sur les amandes - sont en cours.
Également gérée par l'Institut national des appellations d'origine (INAO), l'Agriculture biologique (AB) fait aussi partie des Siqo. Dans ce cas, le respect de l'environnement et du bien-être animal sont des garanties attachées à une production individuelle.
"Les Siqo apportent donc des garanties différentes en fonction des signes identifiés. Il y a d'abord des garanties sur l'origine, d'une recette traditionnelle, d'une qualité supérieure ou d'une garantie sur l'environnement et le bien-être animal. Elles répondent toutes à des cahiers des charges élaborés par un collectif de producteurs et garantis par l'État", rappelle Emmanuel Estour, responsable de la délégation Sud-Est de l'INAO.
On dénombre au total près de 306 signes officiels de qualité sur la délégation INAO Sud-Est. Si la viticulture en est le poids lourd, 30 autres produits que le vin bénéficient d'un Siqo.
Autant de produits véhiculant des promesses qui appellent à être honorées. En effet, "la réalité de notre alimentation est avant tout une question de confiance. Elle est plus difficile à construire, et possiblement altérée, quand il y a une moindre maîtrise sur les processus techniques, quand il y a des nouveaux processus de production ou de commercialisation, et quand il y a l'existence de controverse", commente Marie-Odile Nozières-Petit, ingénieur de recherches à l'Inrae et également membre du Comité national des AOP laitières et agroalimentaires à l'INAO. L'experte - qui s'est penchée sur ces notions - rapporte que "la confiance du consommateur vis-à-vis du producteur n'est pas spontanée et qu'il est nécessaire de la construire".
Plus que des attentes, on constate qu'il y a aujourd'hui des demandes qualitatives des consommateurs qui 'pensent' désormais bien plus qu'auparavant leur alimentation. Commentant l'étude de consommateurs Food 360 publiée récemment, Marie-Odile Nozières-Petit expliquait qu'en 2022 l'individu se projette dans son alimentation sur des questions de santé, d'éthique, de plaisir, mais aussi de proximité et de respect du bien-être animal. Autre évolution chez ce dernier : sa propension à payer plus cher est plus faible, mais son nomadisme toujours plus important.
Dans ce contexte de distanciation, les conditions de production sont bel et bien remises en question. Aussi, "pouvoir mettre en avant les attributs de la qualité du produit avec un contrôle certifié par un tiers, et validé par les pouvoirs publics - ce que proposent les Siqo - est un premier moyen de redonner confiance".
Les Siqo constituent une forme de promesse de différence, puisqu'ils impliquent des processus de production et de consommation alternatifs aux produits standards, proposent aussi une constance dans le temps et l'espace, ce qui favorise la confiance et la connaissance du consommateur, en incitant ainsi à fidéliser l'achat.
Si on ne dispose pas d'étude précise sur ce que les consommateurs achètent en termes de Siqo, ou en matière de notoriété et de confiance attribuées aux labels, et si la Haute valeur environnementale (HVE) ne parle toujours pas aux consommateurs, le Label rouge, les AOC ou encore la mention AB captent bien l'attention des familles françaises. Mais des tensions apparaissent depuis plusieurs mois, du fait de l'état des marchés et de leur maturité. La demande fluctue assez fortement et les prix bas dominent, en raison d'une distribution en GMS majoritaire. Le standard monte aussi progressivement en gamme, ce qui pose la question de la réalité de la qualité distinctive proposée par les Siqo.
D'autres contraintes et injonctions génèrent ainsi des tensions sur ces marchés, comme le changement climatique ou la transition agroécologique. De nouvelles attentes sociétales très diverses apparaissent donc. Mais attention de ne pas mélanger les promesses, prévient Olivier Nasles, qui "défend plus la complémentarité des outils dans leur capacité à distinguer des valeurs que leur mixité, parce qu'il est très compliqué de faire passer plusieurs messages dans un signe d'identification", explique-t-il.
En vieux routier des appellations, ce dernier ajoute que construire un Siqo est souvent mal compris par les agriculteurs. "On pense très souvent à tort qu'un signe d'identification va faire vendre le produit. C'est avant tout un outil de distinction et de protection de la valeur. L'AOP ou l'IGP n'est pas un Graal ou la réponse à tous les problèmes. Ce ne peut être qu'un outil de valorisation, mais qui n'a d'intérêt que si l'on sait s'en servir."
C'est tout le message que les personnalités qui s'investissent pour faciliter l'émergence et le développement des Siqo ont porté lors de cette conférence, organisée dans le cadre de Med'Agri.
Les mesures d'accompagnement et de développement autour des Signes officiels de la qualité et de l'origine (Siqo) sont financées par la Région Sud. Cette volonté de la collectivité régionale est accompagnée par la Chambre régionale d'agriculture et La Coopération Agricole Sud. Elle se construit notamment avec le travail collectif du CodeSiqo, qui s'efforce de dynamiser sur les territoires des petits groupes de producteurs s'interrogeant sur le potentiel de leurs productions en matière d'identification. CodeSiqo accompagne la mise en place de nouveaux projets, afin de permettre un retour de valeur sur la production agricole. L'organisme porte aussi les dossiers d'homologation de produits emblématiques de Provence, comme l'amande, le calisson, le blé dur ou le melon.
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