Agriculture biologique
Alors que les marchés ne permettent pas de donner des perspectives aux agriculteurs bio de la région, les attentes sont de plus en plus grandes. Pour Sandrine Faucou, présidente de la commission 'Bio' de la Chambre régionale d'agriculture Paca, il ne faut pas rester les bras croisés.
Cette année l'Agence Bio organise le Bio Tour afin d'aller à la rencontre des consommateurs qui se posent des questions sur la Bio. Le bus s'est notamment arrêté deux fois en Occitanie, comme ici, place du Nombre d'Or à Montpellier.
© Crédit photo : Agence Bio
Med'agri, oui, mais pas sans l'agriculture biologique ! Sandrine Faucou, présidente de la commission 'Bio' de la Chambre régionale d'agriculture Paca veille au grain. "Depuis le début, Tech&Bio est imbriqué dans Med'agri, offrant au salon une attractivité et un rayonnement, certes, mais aussi des réponses aux questions que les agriculteurs se posent même en conventionnel", reprend-elle. Dans une région où le changement climatique s'avère être "frontal", la recherche d'outils, solutions et possibilités est permanente.
Sur ce point, l'agriculture méditerranéenne est donc déjà plus que résiliante, explique-t-elle. D'autant que la bio continue à gagner du terrain. En 2023 en Paca, c'était 34,7 % des surfaces, plus de 217 000 hectares, quelques 5361 fermes soit 29,8 % des structures de la région engagées en bio.
"Nous avons entrepris tout un travail d'externalisation des connaissances de l'agriculture biologique. A ce jour, il est essentiel d'expliquer les conséquences des choix de ce mode de production, mais surtout de montrer factuellement l'impact de l'agriculture biologique", insiste-t-elle.
Alors que les agriculteurs s'enfoncent dans un certain marasme, particulièrement depuis les fortes inflations qui ont suivi le début de la guerre en Ukraine, l'agriculture biologique est à la peine. "Continuer de se convertir ? Agronomiquement parlant c'est possible. Le problème vient plutôt du marché qui fait qu'on manque de perspectives. Depuis mai jusqu'à maintenant, il y a eu de la grêle, des problèmes sanitaires comme la FCO en élevage, de la sécheresse...", énumère Sandrine Faucou. Selon la présidente de la commission 'Bio', l'ensemble de ces éléments bloquent les projections vers la prochaine campagne. "Je n'avais jamais eu ce regard de ma vie. Les précédentes années n'étaient déjà pas bonnes, mais alors là, personne ne sait ce qui va nous tomber sur le coin de la figure. Les trésoreries sont déjà siphonnées par l'effet ciseau, et pour le coup, c'est valable que l'on soit bio ou non", souffle l'agricultrice.
Jusqu'ici, la bio de la région surnage et essaie de se donner du corps, notamment en faisant se rencontrer les différents acteurs.
"Au niveau national, il y a eu un travail sur plan pour la bio en trois axes : la communication d'une part, la conversion, l'économie et la chaîne de valeur d'autre part, et enfin la recherche et l'innovation. Ce projet porté par feu gouvernement a donné un cadre national pour que chaque région puisse décliner son propre plan", souligne-t-elle.
Alors tant pis si le gouvernement a tardé, en Paca, cet été, le travail s'est fait "en freelance", plaisante-t-elle. Puis de reprendre : "En ce moment nous sommes un peu à marche forcée. Ce que je voulais c'était qu'on puisse se rencontrer pour partager le constat qu'il ne faut perdre ni en capacité de production, ni du point de vue économique pour la région". Alors amont et aval se sont rencontrés en juillet. Première pierre à l'édifice pour cette déclinaison régionale du Plan Ambition Bio 2027, ce qui est ressorti de cette journée sera présenté lors du salon Med'Agri.
Quant au Plan Agriculture Méditerranéenne, s'il est pour le moment difficile de le voir comme une réponse pour les exploitations bio, aucun doute qu'elles auront toute leur place dans sa construction. "Quand on sait que près de 30 % des exploitations de notre région sont en bio, évidemment qu'il y a quelque chose à faire. La bio est le système le plus abouti puisque de la terre à l'assiette, il met en œuvre les solutions les plus respectueuses avec moins d'intrants. Nous avons expérimenté des choses qui peuvent servir à l'ensemble des agriculteurs. À l'heure actuelle, tout prouve que la bio n'est pas une lubie, mais bien une nécessité qui fait loi", développe Sandrine Faucou.
Si les acteurs régionaux de la bio se sont rencontrés, pas question de mettre la charrue avant les bœufs, il faut d'abord valider les orientations avant de mettre en place de nouvelles idées. En revanche, l'Agence Bio, dont l'agricultrice est administratrice, n'a pas attendu pour décupler son travail de communication. C'est par exemple le cas au niveau de la restauration collective. Pour "mettre du bio partout où il n'y en avait pas", il a été question de faire rentrer les produits dans les formations de cuisinier, ou encore d'initier les chefs à de nouvelles méthodes de travail de l'alimentation. "L'idée est de favoriser les interactions et de s'appuyer sur des chefs ambassadeurs pour montrer que travailler des produits bio, c'est possible, facile, et pas plus cher", explique Sandrine Faucou. Sur ce point, il faut encore accentuer le référencement pour rendre la bio plus accessible. "Il faut informer et faire évoluer les mentalités autant que les pratiques."
Le travail s'effectue également auprès du consommateurs. Grâce à des financements Ecophyto, l'Agence Bio a pu organiser cette année le Bio tour. Sur le modèle du bus de l'Aventure du vivant, un bus s'est déplacé lors d'un tournée à la rencontre des citoyens qui pouvaient s'interroger sur l'agriculture biologique. "Ce sont les producteurs et les acteurs du bio qui doivent aller à la rencontre du consommateur. Il faut recréer du lien", martèle l'agricultrice. Bien accueillie par le grand public, l'initiative a également permis aux élus des territoires visités de prendre connaissance de la présence d'exploitations et structures bio sur leur terrain. Mission rapprochement réussie donc.
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