Vaucluse 07/06/2018
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Viticulture : Les couverts végétaux en essai

Sylvain Arrigoni, vigneron à Visan, a mis en place, depuis 2016, un essai de couverts végétaux sur différents sols son exploitation, essentiellement en vigne. Cette méthode, encore peu utilisée et novatrice dans le Vaucluse, est actuellement en phase de test dans le réseau Dephy ‘Viticulture’, animé par Éric L’Helgoualch. Pour rappel, ce réseau regroupe en France plus de 3000 exploitations agricoles engagées dans une démarche volontaire de réduction de l’usage des pesticides.

Éric L’Helgoualch, animateur du réseau Dephy ‘Viticulture’ et Sylvain Arrigoni, vigneron à Visan.

Pour tenter de trouver des solutions à l’utilisation des intrants et produits phytosanitaires, certains exploitants mettent en place des tests de techniques ou produits alternatifs. Ainsi, dans le Vaucluse, des vignerons réalisent des essais de couverts végétaux, soutenus par le réseau Dephy. C’est le cas de Sylvain Arrigoni, vigneron et gérant de l’exploitation familiale ‘Clos de Chaumais’, qu’il a repris en 2010.

Depuis l’automne 2016, il sème ainsi des couverts végétaux dans les vignes de son exploitation. Cette dernière compte 25 hectares au total qui accueillent différentes production : de la vigne, mais aussi du lavandin et des céréales. Pour l’instant, 13,5 hectares sont alloués à ces essais et accueillent des couverts végétaux. « Quand j’ai commencé à en semer en 2016, je ne me suis lancé que sur deux parcelles. En 2017, j’ai élargi à plusieurs types de sol. À terme, si on trouve le bon couvert qui s’adapte aux terroirs et aux cépages, je généralisais la conduite des engrais verts », explique-t-il.

Passer de couverts végétaux permanents à des couverts végétaux temporaires

La première année de test, il a semé un couvert végétal issu d’un mélange acheté dans le commerce et comprenant de la vesce, du seigle et du trèfle. Puis, il a fait évoluer le procédé en créant son propre mélange. Pour cette campagne, il a préparé un mélange avec de l’orge auto-produite, de la vesce d’hiver, du trèfle incarnat et de la moutarde blanche. Ce mélange a été semé en octobre 2017, à raison d’un rang sur quatre. Les trois autres rangs sont conduits en enherbement permanent ou avec un sol travaillé. « L’objectif est de passer de couverts végétaux permanents à des couverts végétaux temporaires, en changeant les espèces », ajoute-t-il.

Les avantages de la mise en place d’un couvert végétal sont multiples : une meilleure portance du sol pour les traitements ; une meilleure structure du sol « avec des rangs qui se travaillent beaucoup mieux qu’un sol nu » ; un sol plus vivant et plus fertile… « Mais cela constitue également un barrage contre l’érosion du sol et contre l’arrivée des mauvaises herbes », souligne le vigneron. De plus, les couverts végétaux peuvent assurer un apport nutritif pour la vigne.

Les facteurs influençant la réussite de l’implantation d’un couvert végétal sont, entre autres, la date de semis, la dose administrée, les espèces semées, le matériel utilisé pour semer, le type de sol, la préparation du sol mais aussi les conditions climatiques. « Globalement, là on voit que ça a bien poussé. Je l’ai coupé début mai : c’était arrivé à hauteur de la vigne et certaines espèces commençaient à faire des graines. Le fait que ça soit coupé permet de retenir l’humidité, ce qui limite le développement des maladies. En effet, les maladies ont plus de mal à passer de l’étage herbacé à l’étage des feuilles », précise-t-il.

Une solution pour l’entretien des sols

L’objectif du couvert végétal est aussi de bénéficier d’un entretien facilité : passer moins souvent en tracteur, donc moins consommer de carburant, mettre moins d’herbicides, donc au final économiser de l’énergie et du passage. « Le but est aussi de se réapproprier son sol, en mettant moins d’herbicides et d’engrais. Mais il est vrai que ces couverts végétaux constituent un changement d’habitude important : il faut repenser son sol et sa stratégie dans son ensemble. L’agriculture a utilisé ces solutions phytosanitaires sans trop se poser de question pendant une trentaine d’année. Aujourd’hui, on réfléchit à d’autres moyens d’entretenir ses sols, de manière plus propre et écologique. »

Les couverts végétaux semés à l’automne, sont broyés au printemps sans re-travail du sol (temps de travail : 0,5 h/ha), et détruits à l’hiver suivant. « Je ressème chaque année les couverts à l’automne, en alternant les rangs travaillés et les rangs semés », conclut le vigneron.

Claire Plisson

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