AOC Luberon
Pour voir au-delà des crises, il faut des projets. Bonne nouvelle pour les vins du Luberon : la direction de l'appellation et les vignerons regorgent d'idées et de motivation. Charte paysagère, jeu sur la carte de l'œnotourisme, déménagement des locaux... Image et qualité seront les maîtres-mots de 2023.
Joël Bouscarle, président de l'AOC, et Nathalie Archaimbaud, directrice, trinquent aux avancées prometteuses de l'appellation.
© Crédit photo : ML
Retard de contractualisation, moins de volumes en rouge, sorties de chais en léger retard... 2022 peut sembler compliquée, mais il y a, dans le bilan de campagne, de nombreux points positifs. "Avec environ 128 000 hectolitres en 2021, l'appellation accusait une baisse de production de 20 %. Pour 2022, avec 136 951 hectolitres, elle augmente de 7 % par rapport à l'année dernière", note par exemple Sébastien Lacroix, responsable de l'Observatoire économique d'Inter Rhône.
Les rosés se stabilisent en prix, les blancs continuent de monter en volumes comme dans les cours... La diversification semble toujours aussi pertinente. Alors qu'Ambre Caribou, chargée de coordination des sections de la Vallée du Rhône méridionale à l'interprofession, présente le plan stratégique d'Inter Rhône, le responsable précise : "Sur les trente dernières années, et en comparaison avec les autres vignobles, l'analyse fait apparaître des enjeux business sur lesquels nous pouvons jouer. Les deux principaux sont, sans conteste, l'export et les couleurs".
Avec des événements de promotion et un travail sur les profils, l'idée reste d'offrir aux consommateurs une vision d'ensemble sur ce que propose le vignoble. "Il faut saluer la décision politique d'aller dans cette direction et de parvenir à rassembler du monde autour. Ça n'aurait pas de sens d'y aller seul : nous avons plus d'impact en fournissant une carte entière pour toute la région, les consommateurs viennent ainsi à la rencontre de toutes nos appellations", souligne Joël Bouscarle, président de l'AOC.
Il félicite par la même occasion les vignerons dans leurs efforts pour diminuer le rendement : "Même si la décision a été difficile, elle nous a permis d'être en adéquation entre offre et demande, et a contré les effets toxiques d'un surplus de stock. Aujourd'hui, d'autres sont obligés d'en faire autant. C'est une bonne chose d'avoir su prendre les devants".
Alors que l'appellation fête cette année ses 35 ans, dans un contexte tendu que l'on ne présente plus, le bureau fait également preuve d'envie dans ses projets en cours. 2023 s'annonce une fois de plus dynamique !
La grande nouvelle de l'année réside probablement dans le déménagement prochain des locaux de l'appellation. Terminés le "bout de couloir" et la salle de réunion peu accueillante, l'AOC Luberon occupera très bientôt les locaux de l'ancienne poste de Lourmarin. En plus de bureaux dignes de ce nom, une vraie salle - qui permettra l'accueil des journalistes et influenceurs, entre autres - laissera la possibilité de donner une image plus nette à l'œil de tous. "Nous tenions à rester dans la commune, car elle est centrale pour l'appellation, et nous souhaitons maintenir avec plaisir les manifestations que nous y tenons", affirme le président.
L'appellation a notamment bon espoir de déplacer la soirée 'Wine & Dine', qui se tient au cours de l'été, sous les platanes plutôt qu'en plein soleil, l'année dernière ayant été quelque peu éprouvante en termes de chaleur.
C'est ainsi toute une flopée d'événements qui sera organisée pour la suite de l'année, à l'image des actions menées en 2022. Auprès des journalistes déjà, afin de faire rayonner l'appellation dans la presse, et auprès des professionnels du vin : partenariat avec The Buyer au Royaume-Uni, webinaires à destination des USA, afterworks, opération presse... Pour le tourisme aussi, la marche est lancée. Les 'Sunsets vignerons' reprendront avec l'office de tourisme Luberon Cœur de Provence, actions avec le Parc naturel régional du Luberon, cavistes dating...
L'événement clef aura lieu le 14 mai 2023 à la cave de Bonnieux : le Luberon en tous sens. "On vous en parle depuis avant le Covid et nous nous sommes beaucoup investis", rappelle Nathalie Archaimbault, la directrice. La journée s'organisera autour d'une randonnée et d'un pique-nique élaboré par un chef. Au moment de l'assemblée, 19 caves étaient déjà inscrites pour participer à l'événement. Joël Bouscarle souligne également le rapprochement avec l'office de tourisme, permis par le label 'Vignobles & découvertes', dans lequel s'inscrit l'événement : "C'est tellement évident que vin et tourisme doivent travailler ensemble. Pourtant, jusqu'ici, on ne parvenait pas à le faire".
Mireille Thaon, ingénieure pour l'agence de paysage 'TeM', à La Ciotat, faisait également son retour face à l'assemblée, après une année à échanger avec l'appellation au sujet de la charte paysagère1. L'objectif a beau être ambitieux, elle espère la voir signer d'ici la fin de l'année. S'il existe déjà une version intermédiaire, l'ingénieure espère encore obtenir des retours de la part des vignerons sur les différentes fiches paysagères qui viennent caractériser les paysages du Luberon.
Pour les sept axes définis, 50 actions ont été déterminées pour le moment. Le 16 mai, une après-midi de travail sur celles-ci sera d'ailleurs organisée avec les partenaires de l'appellation. Devant l'assemblée, c'est sur le parcellaire qu'elle insiste, puisque les travaux menés depuis le début du projet ont montré un effritement certain.
Alors qu'elle projette une carte de l'appellation et de ses différentes zones, elle explique : "Cette carte montre le morcellement de la consommation foncière, qui conduit à une augmentation des contrôles de l'INAO. Il faut s'adapter, car cela a conduit à l'isolation de certaines parcelles que l'on ne pourra plus cultiver à cause de l'urbanisation alentour". Ainsi, insiste-t-elle sur le besoin de révision du parcellaire de l'AOC.
"Il est nécessaire d'avoir des discussions avec les communes. Mais, effectivement, il faut être très proactif pour travailler sur les parcelles les plus intéressantes, et ainsi aller les protéger avec des zonages supplémentaires, tels que la zone agricole protégée ou les périmètres de protection renforcée", répond Emmanuel Estour, délégué territorial du Sud-Est pour l'INAO. Encore beaucoup d'espoir réside ici dans la loi Zéro artificialisation nette (ZAN).
Cette charte s'inscrit naturellement dans les réflexions menées sur l'avenir du vignoble avec le changement climatique. L'AOC Luberon poursuit ses interrogations sur les Vifa2 - de nouvelles dégustations auront bientôt lieu pour les cépages rouges - et maintient ses échanges avec les Grecs. "Cette collaboration va aboutir à quelque chose au niveau national, puisque l'IFV a été mis dans la boucle pour la réalisation d'un guide des bonnes pratiques", rappelle Joël Bouscarle.
Tout comme Nathalie Archaimbault, il souhaite garder une cohésion forte entre les vignerons face à la période qui les attend. "Serrons-nous les coudes. S'il y a des choses à imaginer et à discuter, mettez-nous dans la boucle, car c'est là que le syndicat pourra aussi vous accompagner", conclut le président, avant d'aller partager avec les adhérents un verre de l'amitié.
Les CHIFFRES clés-
Raphaël Brandazzi, directeur de la FRAOC, présente les évolutions de la demande de distillation.
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Invité à l'assemblée générale de l'AOC Luberon, Raphaël Brandazzi, directeur de la Fédération régionale des syndicats de producteurs de vins AOC du Sud-Est, proposait aux vignerons de faire un point sur l'évolution de la demande de distillation, ainsi que les changements prochains quant à l'étiquetage des bouteilles. Concernant la distillation de crise, quelques incertitudes planaient encore lors de l'assemblée. FranceAgriMer a rendu ses premières décisions le 12 avril. Quelques derniers arbitrages devront encore être fixés, en particulier sur les niveaux de prix à la distillation fixés pour chaque segment1. Le directeur de la FRAOC a ensuite abordé la législation sur les étiquettes. La mise en bouteille de la récolte 2023 devant suivre ces nouvelles règles. Aussi a-t-il invité les vignerons à faire dès à présent les analyses nécessaires pour avoir déjà à l'esprit les ingrédients de leurs vins. "C'est un dossier qui traîne en longueur, et nous avons déjà la certitude qu'il n'y aura pas de moratoire. Les fraudes ont annoncé une certaine souplesse, mais nous ne sommes pas en mesure de vous dire à quel point, raison pour laquelle nous vous encourageons à faire les démarches dès maintenant", insiste-t-il. Une dématérialisation par un QR code (unique par produit) est également possible. La fédération recommandera bientôt des porteurs de solutions.
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06/06/2023
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