Pour mobiliser autour de l’avenir de Saint-Mamet, salariés et arboriculteurs ont tombé -pas seulement- la chemise sur les réseaux sociaux. ©DR
« Chez St-Mamet, nous croyons qu'il faut favoriser la distribution de fruits de qualité, les savoir-faire générationnels d'une agriculture respectueuse de l'environnement. St-Mamet ce ne sont pas que des fruits. Ce sont aussi des arboriculteurs et des emplois dans le Sud de la France. Battons-nous et sauvons St-Mamet ! » C’est sur les réseaux sociaux que l’entreprise fondée en 1953 à Vauvert dans le Gard a décidé de porter l’estocade.
Saint-Mamet, spécialiste des fruits en conserve, emploie plus de 1200 salariés dans les usines et les champs et fait vivre 150 familles d’arboriculteurs. Mais ce fleuron national porté par une marque reconnue sur les marchés risque de disparaître, d’où l’initiative des salariés de l’entreprise et de ses arboriculteurs adhérents qui lancent une page Facebook (www.facebook.com/SauvonsStMamet/?fref=ts), une page Twitter (www.twitter.com/SauvonsStMamet) et une page Linkedin (www.linkedin.com/company/sauvons-st-mamet) pour aider à soutenir Saint-Mamet. Sur la photo, des hommes et des femmes qui refusent « que le marché soit aux mains de produits étrangers ». Les messages ont fleuri dès vendredi 19 février. « Même le patron est sur la photo », note la journaliste de France 2 qui a relayé l’initiative gardoise.
Plusieurs vidéos ont d’ores et déjà été mises en ligne. Mais cette initiative aurait tout aussi bien pu se retourner contre elle puisque ses concurrents ont sauté sur l’occasion pour mettre en défaut l’entreprise et dire qu’elle était fragilisée. « Coup de bol, nos clients nous ont fait confiance et nous avons signé 100% de nos contrats en restauration hors foyer » explique Stéphane Lehoux, directeur commercial de la nouvelle équipe de direction présidée par Matthieu Lambeaux. Ce dernier est arrivé en octobre 2015, suite au rachat par Florac, une société de participations, détenue par Marie-Jeanne Meyer, actionnaire du groupe Louis Dreyfus qui a investi 15 millions d’euros dans l’outil industriel. Saint-Mamet était jusque-là détenue par Conserva Italia.
Objectifs du nouveau président par ailleurs ancien directeur général de Findus France et ex-patron de Findus Europe du Sud : un plan de retour rapide à la rentabilité et à la croissance. En 2015, Saint-Mamet réalise un chiffre d’affaires pour 2015 de 100 millions d’euros. Mais « avec un résultat avant impôt de -500 000 € et une trésorerie négative de 4 M€, la société allait droit dans le mur », résumait Matthieu Lambeaux lors d'une conférence de presse en octobre dernier à Nîmes.
Viser la clientèle urbaine.
Matthieu Lambeaux a fixé la ligne : une croissance de 15 à 20% par an. Afin d’y parvenir, elle mise sur l’innovation et le développement de marchés jusque-là ignorés par la marque : les fruits en morceaux, packagés en portions pour plaire à une clientèle urbaine, à l’image du produit ‘Salad Tonic 100% fruits’ qui a fait son entrée dans les magasins Carrefour City. De même, l'entreprise a prévu d'orienter les fruits au sirop vers le haut de gamme, avec un emballage repensé.
« Saint-Mamet se situe désormais à un nouveau tournant de son histoire avec la perspective, une fois le redressement opéré, de devenir un acteur global et leader en GMS comme en RHF, via des catégories nouvelles et innovantes », indique le président. « On a décidé de faire quelque chose qui paraît fou aujourd’hui en France, à savoir sauver une entreprise en faillite. »
Saint-Mamet, c’est des fruits au sirop, de la confiture, une entreprise « qui a perdu sa boussole depuis dix ans et au moment où elle était en train de fermer on a décidé de la sauver. On vous propose de nous suivre pendant six mois voire plus. L’idée c’est d’aller au-delà et cela prouvera que l’on aura gagné notre pari ». Objectif du nouveau patron ? Etre suivi par 100 000, 200 000, 300 000 personnes… « Faire quelque chose que personne n’a fait. Les grands groupes ont des budgets incroyables pour mener des opérations marketing, nous, on a rien puisque par définition, nous sommes en faillite. Mais on y croit et les produits le méritent ! »
Avec la reprise de Saint-Mamet, Florac a annoncé le lancement de 18 innovations en grande distribution à compter de mars 2016. Une équipe de 20 commerciaux sur toute la France doit permettre la montée en puissance dans les rayons français de la marque gardoise. En utilisant les leviers des réseaux sociaux, la nouvelle équipe souhaite également montrer « quels sont les enjeux d’une reprise d’entreprise qui était en difficultés financières : on s’est donné quelques mois pour la retourner », explique le directeur commercial.
Du côté des arboriculteurs, la mobilisation est entière derrière le projet : « Nous avons besoin que la consommation reparte et nous vous sollicitons à travers ces médias nouveaux », explique Thierry Meynier de Salinelle, arboriculteur à Saint-Gilles, également président de Conserve Gard. La coopérative produit des pêches, des poires, des cerises, des prunes. « Nous allons relever le challenge car la marque le mérite, les agriculteurs le méritent, et les consommateurs sont dans l’attente de cette réussite. »
« Peu de choses a été faites derrière cette marque qui est intacte et il faut tout réinventer : la marque, un projet collectif, pour qu’elle soit plus positive, plus belle plus colorée », note Joël Derrien, responsable marketing. « On a besoin de vous pour liker, partager » cette nouvelle aventure professionnelle, « cette énergie doit se démultiplier : il y a tant à faire sur nos marques ! »
Céline Zambujo
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