SAINT-VALENTIN
En visite dans le Var le 5 février, le président de Valhor, l'interprofession du végétal, a mis en lumière les atouts des fleurs locales et le savoir-faire des horticulteurs, soutenant la valeur ajoutée de la production française face à une rude concurrence internationale.
Pour la Saint-Valentin, la filière horticole défend les atouts des fleurs françaises de saison.
© Crédit photo : GL
La traditionnelle rose de la Saint-Valentin est-elle incontournable ? L'espèce, majoritairement importée d'Afrique et d'Amérique latine, reste la plus achetée et représente 58 % des sommes dépensées en France à l'occasion de la fête des amoureux 2024. C'était 65 % en 2023.
S'il est difficile d'interpréter cet infléchissement dans un contexte économique contraint, pour Valhor, il reste primordial de promouvoir les productions de saison et le savoir-faire des producteurs français. Tel était donc l'objet du voyage de presse organisé par l'interprofession du végétal en amont de la Saint-Valentin, sur le secteur de Hyères, au cœur du premier bassin de production de fleurs coupées de France.
"La rose, et la rose rouge en particulier, répond à un vrai standard de consommation à la Saint-Valentin, comme le chocolat pour Pâques. Pour autant, on voit une certaine appétence du consommateur pour la saisonnalité, qui induit une valorisation de la production française avec ses renoncules, ses anémones, son mimosa...", explique Florent Moreau, président de Valhor.
Artisan fleuriste depuis près de 30 ans, il le concède : "Spontanément, le client demande très rarement où est produite la fleur qu'il achète, et peu de distributeurs prennent le risque de ne pas avoir de rose rouge pour la Saint-Valentin. Aujourd'hui, seulement 15 % de la fleur commercialisée en France est issue de la production nationale, qui ne peut satisfaire l'ensemble de la demande. Mais le rôle des professionnels, c'est aussi de valoriser la valeur ajoutée des fleurs françaises", défend-il.
Et c'est sous le climat favorable du département du Var que s'épanouit le gros de la production nationale. Plus de 50 % se font dans un rayon de 25 km autour de la Sica Marché aux fleurs de Hyères, premier marché de vente en gros de fleurs coupées du pays, qui rassemble quelque 350 producteurs et où près de 250 acheteurs (grossistes, expéditeurs, fleuristes) viennent s'approvisionner.
Ici, face aux coûts de l'énergie, aux impasses techniques et à l'âpreté de la concurrence internationale, les horticulteurs ont su évoluer ces 20 der- nières années, pour se concentrer sur une gamme méditerranéenne saisonnière, économe en intrants et en énergie. Sur les 150 es- pèces vendues sur la Sica Marché aux fleurs (Sica MAF), une dizaine seulement représente 80 % des volumes annuels, dont la moitié est commercialisée entre mi-février et mi-mai. En tête, la pivoine, pèse pour 32 % du chiffre d'affaires 2023-2024 de la Sica. Suivent la renoncule (11 %), l'anémone (8 %), la rose (4 %), le gerbera miniature (4 %).
La valeur ajoutée des fleurs locales repose notamment sur leur primeur, la plupart entrant en production avant leurs concurrentes étrangères. La garantie de la qualité est un autre atout majeur. Sur la Sica Marché aux fleurs de Hyères, la marque collective 'Hortisud' assure, depuis plus de 25 ans, provenance, calibre, qualité, standard de conditionnement et potentiel de tenue en vase (d'un minimum de 7 jours à partir du 4e jour qui suit la vente) des fleurs.
La démarche s'appuie sur la Charte 'Qualité fleurs', dont Valhor a confié la gestion à l'Organisme de gestion 'Excellence végétale'. La Sica, qui a participé à sa création, est le seul collectif à actuellement bénéficier de cet agrément, qui couvre désormais une vingtaine d'espèces.
Lancé en 2015 par le ministère de l'Agriculture, le label national 'Fleurs de France' engage aussi les producteurs dans une démarche qualitative, sociale et environnementale, basée sur le référentiel 'Plante bleue', créé par Valhor en 2011.
L'interprofession travaille désormais à faire évoluer cette certification, pour obtenir sa reconnaissance sur le marché international par le FSI (Flower sustainability initiative), qui regroupe des certifications plus ou moins contraignantes selon les pays. Avec l'enjeu, pour la production française, de définir des conditions adaptées aux exploitations qui n'ont pas forcément les capacités de dédier une personne à la traçabilité et à l'enregistrement administratif des pratiques, mais aussi de pousser les pays producteurs de l'hémisphère sud à progresser vers les contraintes sociales et environnementales françaises, plus restrictives, pour lutter contre la concurrence déloyale.
La mention de l'origine n'étant pas obligatoire pour les fleurs, "il est important de faire valoir nos spécificités", prône Gilles Rus, directeur du développement de la Sica MAF. "Ici, la surface moyenne de production est de 7 000 m² ; au Kenya, c'est 50 hectares. On n'est jamais qu'un village d'irréductibles Gaulois. Et puis, réglementairement, on est très encadré, alors une fleur coûte plus cher à produire en France", développe-t-il. "La réglementation, mais aussi la saisonnalité de nos productions qui limite la pression et le développement de la Production biologique intégrée [PBI, ndlr] par l'Astredhor depuis de longues années, fait aussi que nous avons un usage raisonné des produits phytosanitaires", ajoute Jean-Claude Véga, président du groupement des producteurs de fleurs coupées du Var.
Un argument de poids à l'heure où l'Anses a été saisie pour mener une enquête sur l'exposition des travailleurs du secteur fleurs coupées aux pesticides. "On encourage cette saisine : elle répond à des enjeux de sécurité au travail et nous serons contributeurs", assure Florent Moreau. "En complément de cette étude, nous conduisons une analyse des résidus volatils chez les distributeurs", indique le président de Valhor.
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06/06/2023
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