Les élus concernés par le plan de prévention des inondations du Calavon-Coulon étaient conviés par le préfet, Bernard Gonzalez, à une réunion d’explication à la mairie de Cavaillon. (©M.K )
Dans la salle de la mairie de Cavaillon, une quarantaine d’élus des communes du bassin versant du Calavon-Coulon écoutent attentivement les présentations des travaux de la troisième tranche, qui viennent de débuter, ainsi que les étapes suivantes qui devraient être réalisées jusqu’en 2026, énoncées par le président du Sircc, Didier Perello, et Catherine Gaildraud, pour la direction départementale des territoires de Vaucluse. Les partisans du projet comme les opposants ont patienté à quelques mètres de distance, sous la verrière et devant la mairie, pendant les débats.
« Sur un sujet aussi important que la protection des populations, que l’action publique soit contestée de la sorte m’a poussé à discuter et à rencontrer les uns et les autres », annonce le préfet en préambule. « Je sais bien que tout le monde n’est pas content parmi les élus. Je suis un homme de dialogue, il faut discuter. À ce stade, l’Etat n’a pas donné un blanc-seing pour l’ensemble des travaux, on progresse par tranches. Parfois, l’intérêt général n’est pas la somme de A+B+C+D…l’intérêt général va au-delà. Je me mets à la place des élus, cette question doit être dépassionnée du débat politique, sinon vous n’y arriverez pas. »
Après les inondations de 1994 et 2008 dans le sud Vaucluse, qui avaient particulièrement touché la commune de Cavaillon, le Sircc a lancé un programme d’aménagement sur onze kilomètres, de Robion à la confluence de la Durance, réalisées en onze tranches d’ici 2026, pour un montant estimé à 16 millions d’euros. La troisième tranche, dont la réalisation vient de débuter, prévoit l’élargissement du lit du cours d’eau, la création et/ou la mise aux normes des digues, d’abord sur la rive droite (1,9 M€) jusqu’à la fin de l’année au plus tôt, puis sur la rive gauche (2,7M€) notamment dans le quartier des Ratacans, à Cavaillon, et sur le mur Androuin à Robion. Le montant total de cette phase est estimé à 4,6M€ financés par l’Etat (40%), la Région (20%), le Conseil départemental (20%) et le Sircc (20%).
Des travaux bénéfiques surtout pour la rive gauche, plus densément urbanisée
Dans « une opération de transparence », Catherine Gaildraud pour la DDT, revient en détails sur les réalisations à venir et leurs conséquences. Sur une carte apparaissent les nombreuses surfaces, qui ne seront plus inondées en raison des travaux lors des prochaines crues trentennales et cinquantennales, avec des débits abaissés. Néanmoins, en rouge, apparaissent « des aggravations ponctuelles avec une dizaine d’habitations en secteur aval, qui vont subir des surinondations de 15 cm à 60 cm », mais qui bénéficieront « de mesures de protection localisées et des financements ». Le point d’achoppement entre les rédacteurs du Papi et certains maires concerne ces fameux déversoirs, sites inondés volontairement pour réduire le débit du Coulon et limiter l’impact sur la cité cavare. « Le confortement de digues en rive droite est lié à l’implantation de surverses qui vont éviter aux digues de céder », explique Catherine Gaildraud. Si les améliorations concernent davantage la rive gauche que la rive droite, c’est donc en raison de la densité de population, à savoir « plus d’un millier d’habitations, quatre unités médicales et sept écoles ». « Il ne serait pas possible de protéger de façon identique la rive droite, car il est indispensable de conserver des champs d’expansion de la crue, sauf à aggraver fortement les conditions d’inondation à l’aval », note la préfecture.
Les déversoirs suscitent l’inquiétude
Le maire de Robion, Patrick Sintès, est le premier à exprimer ses craintes, relayé par ses homogues de Caumont-sur-Durance, Lagnes, Le Thor et L’Isle-sur-la-Sorgue. Les inquiétudes portaient notamment sur l’impact économique des déversoirs situés en zones agricoles et la prise en charge des assurances en cas « d’inondations maîtrisées ». « Des mesures seront prises pour limiter l’impact sur la vie de l’exploitation et des études seront menées pour les indemnisations », assure la représentante de la DDT. Qui précise que les tranches 4 à 11 « restent à affiner » et « feront l’objet d’une nouvelle autorisation associée à une enquête publique ». Certains points techniques comme la recherche de zone d’expansion de crues, la capacité d’écoulement des ouvrages ou bien encore le positionnement des déversoirs, pourront donc être révisés, sans toutefois remettre en cause l’objectif du Papi, à savoir la protection des populations. « C’est un programme de très longue haleine qui nécessite encore beaucoup d’approfondissement », glisse-t-elle.
Murielle Kasprzak
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06/06/2023
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