MOBILISATION
Lundi matin, le Vaucluse, le Gard et la Drôme ont décidé de s'unir pour faire entendre leur colère face aux prix de vente des vins en Côtes du Rhône. Plus d'une centaine de viticulteurs des antennes départementales de la FDSEA et des JA sont allés rendre visite aux négociants.
Ils ont pris soins de déposer plusieurs bennes de sarments de vignes partout où ils sont passés.
© Crédit photo : CL
Ils sont venus déterminés. Il y a un an déjà, ces mêmes vignerons étaient allés tirer la sonnette d'alarme chez plusieurs négociants. Douze mois plus tard, rien n'a changé. Excepté que, lundi dernier, ils étaient encore plus nombreux et encore plus énervés. "On est en train de crever. C'est la dernière sommation, ensuite, on ira voir les commerciaux de la grande distribution", prévient d'entrée, Sylvain Bernard, secrétaire général de la FDSEA de Vaucluse.
Cette fois-ci, ce ne sont pas deux mais bien trois départements qui ont choisi de faire force commune, à l'appel des syndicats départementaux FDSEA et JA. La Drôme s'est ajoutée au combat des Vauclusiens et des Gardois. Le dispositif de sécurité était également très impressionnant, avec pas moins de huit fourgons de gendarmerie mobile et des renforts du Peloton de surveillance et d'intervention de la gendarmerie (PSIG). L'appel à mobilisation était le même que la dernière fois, au même endroit : 'Stop à l'enfumage, on veut des prix'.
Sur place, la colère était rapidement perceptible. D'abord à cause de la situation : des vins achetés au rabais et des marges bien trop importantes pour les négociants selon les viticulteurs. Mais aussi car depuis l'annonce de la mobilisation, quelques jours plus tôt, plusieurs vignerons auraient reçu "des tentatives d'intimidation" de la part de négociants, assurent Sophie Vache, présidente de la FDSEA 84, et Sylvain Bernard. "On nous a demandé de ne pas venir aujourd'hui, sinon, on ne prendrait plus notre vin, c'est inadmissible", affirment plusieurs vignerons, scandalisés. D'où la forte tension planant dès les premiers échanges.
À Châteauneuf-du-Pape, face à Samuel Montgermont, à la tête du syndicat professionnel des négociants de la Vallée du Rhône, la tension était palpable et le cordon de sécurité de la gendarmerie sur le qui-vive. Vauclusiens, Drômois comme Gardois n'ont pas mâché leur mot, rendant coup pour coup. "La crise touche toute la filière. Je peux vous garantir que, depuis deux ans, j'ai travaillé. On a fait des avances qu'on veut sécuriser sur la rémunération", a commencé par assurer le négociant. Pourtant, la réponse ne s'est pas fait attendre de la foule. Première salve : "Les accords de durabilité ne sont pas encore en activité que vous trichez déjà !" Et deuxième salve, sur les prix cette fois : "Il y a deux ans, on nous a dit que c'était à cause de nos stocks. Depuis, on n'a jamais eu de stocks aussi bas, mais les prix, eux, le sont. Rien ne change", clame le groupe, en ébullition, attendant des réponses.
"Vous nous prenez pour des cons. Vous dites que vous nous écoutez, mais à partir de quand ? Ce n'est pas vrai !", s'agace Sylvie Meynier, vice-présidente de la FDSEA 26, qui poursuit : "On vous demande de vous mettre à la table des négociations !" C'est dans ce but que la tournée des négociants a été organisée, afin de leur remettre une convocation pour discuter "ensemble" du partage de la valeur, jeudi 29 janvier, à la Chambre d'agriculture de Vaucluse.
Un rendez-vous pour parler, mais surtout trouver des terrains d'entente. "On en a marre de se faire balader. On demande le respect de notre profession, et on va parler", confirme la viticultrice drômoise. L'invitation stipule d'ailleurs "Présence de l'ensemble des partis obligatoire", et le message est clair et répété : "Celui qui ne sera pas là le 29, on viendra le chercher", assure le secrétaire général de la FDSEA de Vaucluse.
Le discours fut le même toute la journée. Pierre Perrin, de la Famille Perrin, a assuré : "À chaque fois que vous me demanderez d'être là, je serai là". Cependant, il a aussi demandé aux vignerons "de ne pas se tromper de cible." Le négociant a assuré ne pas faire beaucoup d'export ni de grande distribution, et être engagé auprès des viticulteurs. "L'année dernière, j'ai donné la totalité de mes prix d'achat et jamais une citerne de la communauté européenne n'est venue chez moi. Ne vous trompez pas de combat : je suis là pour vous aider", déclare-t-il, ajoutant que, la veille encore, il avait acheté du ventoux à 135 €.
Pourtant, dans l'assemblée, les viticulteurs savent pourquoi ils étaient venus. "On n'est pas ici par hasard", assure Mathieu Peysson, viticulteur dans le Drôme. "On sait que vous n'êtes pas le plus volumique, mais vous êtes bien loin de l'image que vous voulez vous donner. Vous faites partie des mauvais payeurs. Les prix que vous avez donné l'année dernière, on a vérifié, ce n'est pas possible." Le négociant s'est engagé à venir avec des chiffres le jour de la réunion du 29 janvier, et assure vouloir continuer à travailler main dans la main avec la filière viticole.
La tournée s'est poursuivie jusqu'au coucher du soleil, à la rencontre d'autres négociants et courtiers, avec quelques échauffourées en fin début de soirée. Reprise des négociations le 29 janvier prochain, les convocations sont toujours en cours de distribution.
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