compagnie des amandes
Le pari d'Arnaud Montebourg, ancien ministre du Redressement productif, autour de la relance de la filière amande, semble se diriger vers une vraie réussite. À l'occasion d'une première récolte dans le Vaucluse, le président de la Compagnie des amandes a fait quelques annonces.
La société Pellenc a prêté à la SAS 'Amandes de la Renjardière' un dispositif de récolte mécanisé, constitué d'un vibreur frontal de dernière génération et d'une bâche automatique attelée.
© Crédit photo : PN
C'est l'histoire d'un pari qui aurait pu sembler un peu fou, mais qui ne s'avère pas l'être tant que cela. En 2016, un groupe de producteurs et de transformateurs provençaux de l'amande crée le 'Syndicat des producteurs d'amande de Provence' autour d'une idée : relancer la filière amande. André Pinatel, ancien président de la Chambre régionale d'agriculture, en devient le président et rencontre Renaud Muselier, président de la Région Sud. Quelques mois plus tard, à la boulangerie du Salon international de l'agriculture, Renaud Muselier prend un café avec Arnaud Montebourg et François Moulias : les deux hommes ont pour intention de créer la Compagnie des amandes, dont le projet serait de relocaliser la culture de l'amande en Provence et Occitanie. Ce qu'ils feront en 2018.
En octobre 2020, un premier verger voit le jour dans le Vaucluse, chez Vincent Fabre, à Pernes-les-Fontaines. Huit mois plus tard, un second verger est planté à Sérignan-du-Comtat, en présence de Renaud Muselier. Et, en ce début de septembre 2023, la première récolte de ce verger vient d'avoir lieu. "En volume, elle est symbolique, mais elle marque la concrétisation de nombreuses années d'efforts", explique François Moulias, directeur général de la Compagnie des amandes. Tous les partenaires de l'opération sont là : la Région, représentée par Bénédicte Martin, les partenaires de recherche et d'expérimentation, depuis Inrae jusqu'à la société Pellenc, qui a prêté un vibreur frontal et une bâche automatique pour faire la récolte. Et, au premier rang, la famille Dupond, propriétaire à 51 % de la SAS 'Amandes de la Renjardière', propriétaire du terrain.
Car telle est la particularité du modèle économique proposé par la Compagnie des amandes. "Depuis le néolithique, le producteur est rémunéré à la récolte. Or, l'amandier met six ans avant de rentrer en production. Nous avons décidé de ne pas acheter la terre, de la laisser en propriété aux agriculteurs, car la propriété doit rester à celui qui l'exploite : c'est l'une des grandes conquêtes de la révolution française", clame le très républicain ex-ministre du Redressement productif.
"Nous nous sommes associés à une dizaine de producteurs pour l'instant, avec le projet d'atteindre 80 projets à terme, sur le principe suivant : 51 % pour le paysan, 49 % pour la Compagnie. Nous créons ensemble des sociétés d'exploitation, comme ici, qui plantent les arbres, installent l'irrigation, cultivent et récoltent. Nous avons reçu 4 800 hectares de déclarations de candidatures. Aujourd'hui, 210 sont plantés, 120 autres sont validés et en attente de plantation. Nous écartons parfois - pour des raisons pédologiques, climatologiques ou hydrologiques - certains projets. Au final, 575 hectares sont dans les tuyaux." De bons chiffres, même s'ils sont, d'après Arnaud Montebourg, "un peu en dessous de ceux que nous nous étions fixés".
Le verger de Sérignan-du-Comtat est mené par un chef de culture, Patrick Serre, avec le soutien de l'équipe technique de la Compagnie des amandes, dirigée par l'ingénieure Eugénie Coutagne. "C'est un peu notre verger pilote, où nous mettons en place des tests grandeur nature. Quand nous sommes arrivés, c'était un 'open-field' (champ totalement ouvert, ndlr). Moi qui suis Provençale, je n'avais jamais vu ça. Les amandiers sont en 3e feuille, ce qui explique la faible récolte de cette année. Nous menons la culture en conventionnel. C'est un choix affirmé : nous n'avons pas voulu mener la culture en bio, car comme c'est notre premier verger, nous avons encore beaucoup de questions à trancher. Mais nous conduisons toutefois cette culture sur un mode agroécologique, en pratiquant l'enherbement des rangs, en plantant 7 kilomètres de haies sur les 100 hectares, en régénérant les sols par apports de matière organique."
Un important travail de recherche - mené par la doctorante Anjélica Leconte, avec le Centre d'écologie fonctionnelle et évolutive (Cefe-CNRS) et Inrae - a permis, en trois ans, d'identifier une solution de biocontrôle contre le ravageur de l'amande, la guêpe Eurytoma amygdali.
Cette première récolte est aussi l'occasion de lancer une nouvelle proposition d'achat de récolte, destinée cette fois aux petits producteurs indépendants, professionnels ou particuliers, sous forme d'un contrat de trois ans. Car la Compagnie des amandes est sur le point de créer sa propre casserie, à Signes, dans le Var. "Le permis de construire a été signé, nous avons le soutien financier de La banque des territoires, de France Relance 2030, de la Banque publique d'investissement et de la Région Sud : il ne manque plus que les banques, pour obtenir l'emprunt qui nous permettra de boucler le financement de ce projet", explique Arnaud Montebourg.
Christian Mounier, vice-président du Département de Vaucluse, en charge de l'agriculture, est enthousiaste pour ce projet qui ouvre, à ses yeux, des perspectives : "Dans ce département où certaines filières, telles que la lavande, sont en difficulté, ces nouvelles opportunités sont de potentielles solutions pour les exploitations agricoles." Et l'élu de rappeler que, si le Département ne propose pas d'aide à la plantation, "en revanche, nous accompagnons financièrement la remise en culture des friches".
POUR ÊTRE précis-
À l'occasion de ce chantier de récolte, la société Pellenc a prêté à la SAS 'Amandes de la Renjardière' un dispositif de récolte mécanisé, constitué d'un vibreur frontal de dernière génération, et d'une bâche automatique attelée. "Ce sont des machines qui ont été développées au départ pour la récolte des olives", explique Fakhri Souissi, chef du département 'Arboriculture' chez Pellenc. "Le développement du marché des amandes nous a amenés à les adapter à cette production. C'est un dispositif qui recourt forcément à pas mal de technologies. Nous formons donc les utilisateurs pendant la première semaine d'usage. Mais une fois formés, on peut atteindre un rendement de deux à trois arbres à la minute."
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