TÉMOIGNAGES
Après plusieurs mois de tergiversations politiques, l'agriculture française attend de la stabilité et les mesures concrètes promises et quasi actées avant la dissolution du Parlement. Et avant le Salon international de l'agriculture tant qu'à y être !
Le Premier ministre, François Bayrou, s'est engagé à ce que, pour les entreprises agricoles comme pour les entreprises et les familles, “nous remettions en question les pyramides de normes”. Une annonce attendue au tournant pour les syndicats majoritaires de la FNSEA et des JA.
© Crédit photo : FDSEA 84
Jeunes agriculteurs et la FNSEA sont très remontés contre les propos tenus la semaine dernière par un inspecteur de l'environnement et représentant Force Ouvrière à l'Office français de la biodiversité (OFB). S'exprimant sur France Inter, ce dernier a en effet comparé les agriculteurs à des dealers qui demanderaient “aux policiers de ne plus venir dans les cités pour empêcher le deal”. Les deux responsables syndicaux agricoles ont condamné ces propos, les jugeant “honteux. (…) C'est un affront aux agriculteurs”, a réagi Pierrick Horel, président de Jeunes agriculteurs. “On atteint le niveau ultime de la provocation”, a estimé pour sa part Arnaud Rousseau, président de la FNSEA, qui voit dans cette attaque verbale “tout ce que les agriculteurs peuvent vivre au quotidien : un climat de défiance”. Il y voit aussi l'expression d'un certain militantisme qu'il entend opposer à la neutralité statutaire des fonctionnaires.
Une énième polémique dont le monde agricole se serait bien passé, qui tombe au lendemain de la déclaration de politique générale du Premier ministre, François Bayrou.
Ce dernier s'est engagé à ce que, pour les entreprises agricoles comme pour les entreprises et les familles, “nous remettions en question les pyramides de normes, en redonnant l'initiative à l'usager. S'il faut des remises en cause, nous les conduirons dans un temps bref”.
“Chiche !”, lui ont répondu Arnaud Rousseau et Pierrick Horel, qui veulent la mise en place de ce Varenne et des premières réunions avant le Salon international de l'agriculture.
Alors, quelles sont les normes que nos agriculteurs vauclusiens veulent voir remises en cause à court, moyen et long terme ? Réponses.
“La transmission des exploitations viticoles doit être notre première priorité, en particulier pour notre appellation Châteauneuf-du-Pape. Il est crucial de mettre en place des mesures favorisant cette transmission dans le cercle familial, afin de garantir l'avenir de nos exploitations et d'assurer une installation réussie pour nos enfants. Pour cela, il est nécessaire d'exonérer notre outil de travail lors des transmissions au sein de la famille, tout en établissant des engagements sur la durée pour éviter la spéculation foncière.
La gestion durable et l'irrigation constituent une deuxième priorité essentielle pour le Vaucluse. Afin de faire face aux défis climatiques et de préserver nos ressources en eau, il est vital de développer des systèmes d'irrigation économes en eau. Cela inclut la récupération et l'utilisation de l'eau du Rhône, qui représente une opportunité significative pour nos exploitations et pour l'ensemble de l'agriculture vauclusienne. Mettre en place des techniques innovantes d'irrigation permettra non seulement d'optimiser l'utilisation de l'eau, mais aussi de garantir la pérennité de nos vignobles. En adoptant des pratiques durables, nous pouvons assurer une production de qualité tout en respectant notre environnement. Enfin, la troisième priorité est la protection de l'activité viticole, afin de garantir la durabilité de notre agriculture dans le Vaucluse. Pour cela, il faut adopter une approche responsable sur le plan social et environnemental (RSE). Cela signifie non seulement de respecter notre terre, mais aussi de veiller au bien-être de ceux qui y travaillent. Nous faisons face à des défis importants, notamment en matière de main-d'œuvre. Attirer et retenir des travailleurs qualifiés est vital pour la santé de nos exploitations. De plus, la simplification des démarches administratives pourrait alléger le fardeau pesant sur nos vignerons.
En unissant nos efforts pour soutenir ces enjeux, nous pouvons assurer un avenir prospère pour notre viticulture et préserver la beauté de notre région.”
“En arboriculture comme dans les autres productions agricoles, la priorité est la rémunération de notre travail. Il ne manque souvent pas grand-chose pour que l'on puisse couvrir nos coûts de production, investir dans du matériel – pour rester compétitifs et mettre en œuvre ce qui va nous permettre de tenir compte des enjeux actuels, comme le changement climatique –, et se sortir de quoi vivre de notre métier.
Dix à quinze centimes par kilo, cela fait toute la différence. Ensuite, l'étiquetage et la mention d'origine sont importants : pour les produits frais, c'est globalement le cas ; pour les produits transformés, ce n'est pas toujours clair, voire cela disparaît totalement.
Par ailleurs, je pense qu'il nous faut encore accentuer le travail et la communication faits envers la restauration hors foyer, pour des achats plus locaux et qu'en saison, on privilégie les productions de fruits et légumes du territoire, plutôt que des bananes par exemple, par facilité logistique ou coût.
Autre dossier majeur pour nos entreprises de fruits et légumes : le TO-DE doit être inscrit dans le marbre et pérennisé. Déjà que nous ne sommes pas compétitifs, alors s'il disparaît, nous sommes morts. C'est vital pour pouvoir employer la main-d'œuvre qui nous est indispensable dans nos cultures spécialisées.
Enfin, j'identifie encore deux sujets majeurs : l'eau et les phytosanitaires. Sur l'eau, nos décideurs législatifs doivent prioriser l'agriculture quand des choix sont à faire. Sans eau, pas de production. Quant aux phytosanitaires, on doit pouvoir se battre avec les mêmes armes. Pas d'interdiction sans solution, c'est la base. Ensuite, il faut ces clauses miroirs.
Déjà que nous ne sommes pas compétitifs au niveau des prix, alors si on considère qu'un produit est nocif et interdit en France, dans ce cas, il doit l'être pour tout le monde : on ne peut pas présenter aux consommateurs des produits, d'importation ou européens, élaborés avec.
Le législateur doit être cohérent et appliquer la même règle à tout le monde. Le double discours actuel n'est plus possible.”
“Face aux difficultés que connaît la filière lavande depuis quelques années, la première des choses est de préserver les outils dont nous disposons et de ne pas interdire sans solution. Aujourd'hui, beaucoup de produits phytosanitaires visent à être interdits comme les produits contre la cécidomyie. Mais sans solution efficace, comment lutter contre ce fléau qui ravage nos lavanderaies ?
Ensuite, plus largement, il faut soutenir la filière lavandicole dans la démarche qu'elle porte visant à démontrer que les huiles essentielles ne sont pas toxiques pour la santé, un enjeu majeur pour la pérennité de nos exploitations.
Troisième dossier à défendre, qui vaut pour notre filière PPAM, mais aussi évidemment pour toutes les filières agricoles : valoriser la démarche collective, portée par nos coopératives à qui nous apportons nos productions, et soutenir ces dernières qui doivent faire face à des charges fixes, qui ont explosé, énergétiques, pour passer la crise lavandicole actuelle.
Enfin, tout cela doit être valorisé et porté par des démarches collectives qui dépassent le cadre agricole, en défendant nos zones traditionnelles de production, en premier lieu en soutenant la démarche Unesco pour l'inscription des champs de lavande dans le patrimoine immatériel français.”
"La revalorisation d'un montant de la retraite à 85 % du Smic pour tous les actifs du monde agricole, exploitant ou conjoint, pour une carrière complète sera au centre des revendications que je porterai pour les aînés. Je serai également attentif à ce que le mécanisme de déplafonnement en cas de réversion soit inscrit dans le marbre, avec un calcul sur les 25 meilleures années, sans compter certaines mesures fiscales pour aligner les droits des paysans sur les autres catégories professionnelles.
De façon plus générale, et cela rejoint d'autres revendications, il s'agit de faire reconnaître le métier d'agriculteur et ses retraites au regard de la juste valeur du travail réalisé et de l'implication du monde agricole dans la vie du milieu rural et paysan.
Et tant qu'élu, je porterai les propositions des retraités et me mettrai à disposition des actifs concernant les dossiers que je porte. Nous, les retraités, avons un rôle important pour porter les bons messages dans cette société qui perd de plus en plus le sens des vraies valeurs : respect, travail préoccupations des autres et de notre environnement. Les paysans ont du bon sens et savent de quoi ils parlent.
Élu sur le collège des retraites, je porterai la voix des retraites comme j'ai toujours agi pour les agriculteurs au cours de ma carrière d'actif, du CDJA à la FDSEA et à la Chambre d'agriculture. Je compte sur vous, les retraités, avec qui j'ai pu mener bien des combats depuis près de 50 ans. Nous sommes à la FNSEA régulièrement attaqués, mais néanmoins toujours ceux qui font avancer les dossiers. On peut regretter la lenteur dans certaines avancées, mais notre constance dans l'action finit par payer. Alors, votez et faites bien voter pour cette élection Chambre d'agriculture."
“Les filières maraîchage et grandes cultures se rejoignent autour de trois revendications à mes yeux. Tout d'abord, pas de retrait de matières actives – je pense en particulier aux solutions phytosanitaires – sans avoir trouvé une solution de remplacement.
Ensuite, une juste rémunération avec des prix qui nous permettent de vivre dignement de notre métier.
Enfin, la profession et nos syndicats doivent revendiquer la mise en place d'un logo permettant aux consommateurs de savoir qu'ils achètent un produit 100 % français. Que ce soit une matière première ou un produit transformé. Le drapeau bleu blanc rouge peut prêter à confusion, car on regarde la composition, il n'est pas rare que tout ne vienne pas de France. Il est utilisé par des entreprises qui jouent sur le patriotisme alors qu'en regardant les petites étiquettes, on se rend compte que les matières premières viennent des États-Unis ou d'ailleurs. Il faut que le logo soit la preuve que tous les produits sont français et pas juste transformés ou emballés en France."
"Tout d'abord, il faut impérativement agir rapidement au niveau de la suppression des molécules phytosanitaires sans solutions valables. Cela doit s'arrêter immédiatement ! Les normes sont de plus en plus contraignantes pour la production, et elles ne sont même pas les mêmes partout en Europe. Alors il est urgent de mettre en place une harmonisation au niveau de l'agriculture européenne et de permettre que la France ait les mêmes réglementations que les autres pays. Car on ne cesse de nous enlever les produits pourtant autorisés en Europe. Et il n'est pas question non plus de mettre en place des dérogations : il faut des ré-homologations de produits ou des solutions qui fonctionnent tout aussi bien. Les dérogations, incertaines et à redemander chaque année, ça suffit !
À moyen terme, il est nécessaire d'assouplir la réglementation française au niveau de l'administratif.
Aujourd'hui, on passe trois jours sur l'exploitation et deux jours à faire des papiers. C'est une lourdeur administrative qui n'est pas entendable, et cela ne sert à rien.
Enfin, une de nos priorités chez Jeunes agriculteurs, et qui me tient à cœur, c'est de redonner du revenu aux exploitants. Car sans revenus, on ne peut pas installer des jeunes ou encore faire de la transmission d'exploitation. Il faut donc augmenter la marge au niveau de la vente de nos produits.
Et dernière chose importante, surtout ici : c'est de sécurisation l'eau pour nos filières. Sans eau il n'y aura plus d'agriculture demain."
"En tant que candidat du collège 2 représentant les propriétaires et usufruitiers, deux sujets sont majeurs pour moi : la bonne rédaction des baux entre propriétaires et leur fermier, et le juste partage de la valeur dans les accords privés, notamment quand intervient de l'agrivoltaïsme, du photovoltaïsme ou tout sujet énergétique.
Sur les baux, en tant qu'assesseur au tribunal depuis plusieurs années, je me rends compte combien sont importantes les rédactions de contrats devant notaire. Trop souvent rédigé sur papier libre, peu précis, voire pas rédigé du tout, l'accord oral prévalant encore dans de nombreuses situations, ces baux génèrent trop d'imprécisions qui vont par la suite brouiller les relations entre propriétaires et fermiers.
Pour éviter les soucis et anticiper ceux qui pourraient arriver, en cas de succession par exemple ou de changement de fermier, il faut tendre vers des baux rédigés chez le notaire. C'est ce message que je porterai au cours de la mandature à venir.
Et dans le même ordre d'idée, pour les contrats privés – qui le resteront – je m'attellerai à porter le message d'une juste répartition du partage de la valeur, en particulier quand l'exploitation a le projet de développer de l'agrivoltaïsme ou du photovoltaïsme. La législation a pris du retard et reste encore imprécise. Je serai là pour apporter les informations aux agriculteurs qui s'interrogent sur ce type de projet."
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