Vaucluse 29/09/2020
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Pernes-les-Fontaines : Un consul à la Chèvrerie des Fontaines

Julie et Laurent Christol ont créé la Chèvrerie des fontaines en 2009. Ce petit élevage d’une quarantaine de têtes vit de la vente de ses fromages et de ses bêtes, ainsi que d’une activité de ferme éducative. Le consul honoraire du petit état de Sao-Tomé-et-Principe, état insulaire africain proche de l'équateur, est venu le visiter, samedi 5 septembre, en présence de la conseillère régionale, Bénédicte Martin, et du conseiller départemental, Max Raspail.

L’une des Alpine chamoisée de la chèvrerie, intrigué par l’agitation. (© P. N.)

C’est sur l’ancienne route reliant Saint-Didier à Pernes-les-Fontaines que se trouve la Chèvrerie des fontaines. Un petit chemin de terre permet d’accéder, en une vingtaine de mètres, à l’exploitation. Ce samedi 5 septembre, les voitures furent nombreuses à l’emprunter. En effet, l’exploitation de Julie et Laurent Christol recevait ce jour-là la visite de Jean-Pierre Bensaïd, consul honoraire de Sao-Tomé-et-Principe, l’un des plus petits états du monde – 184e par ordre de taille de population –, constitué de deux îles situées à 200 km à l’ouest des côtes du Gabon, dans l’océan Atlantique.

Invité régulièrement à des visites dans le Vaucluse, le consul n’avait jamais jusqu’ici visité d’élevage agricole. C’est donc avec grand intérêt qu’il a découvert l’exploitation créée par les Christol. Julie, l’exploitante, lui a retracé à la fois son histoire et celle de l’exploitation.

La nature, les enfants, les animaux

« Je ne suis pas fille d’agriculteurs, et, initialement, je me destinais à devenir institutrice. Mais alors que je terminais ma licence de géographie, j’ai appris l’existence des fermes éducatives, ces exploitations qui accueillent des enfants, en famille, avec leurs écoles ou leurs centres de loisirs. Ça m’a tout de suite intéressé, car j’avais depuis longtemps trois passions, la nature, les enfants et les animaux, et que ce genre de projet conciliait les trois », souligne l’agricultrice.

Elle se réoriente alors vers un BTS agricole en gestion et protection de la nature, option animation nature. En attendant de pouvoir s’installer, elle travaille en centre commercial pour gagner de l’argent, tandis que son mari Laurent travaille comme technicien cycle dans une grande enseigne du sport. Alors qu’ils sont à la recherche d’un lieu d’installation, la mairie de Pernes leur propose ce lieu, une ancienne maison de particulier qui semblait plus dédiée à une activité agricole. En février 2009, les Christol achètent un cheptel et, en août 2010, la production de fromage débute.

Premières années ardues mais réussies

« Nous avons acheté nos bêtes chez l’éleveur où j’avais fait mon stage de BTS, parce que je savais comment elles avaient été traitées. Nous avons commencé avec des Alpines chamoisées, une race très présente dans les chèvreries car elle produit du lait en quantité raisonnable dès sa 2e année de vie », explique Julie Christol. Il y a quatre ans, le cheptel a été complété par des chèvres provençales, une race plus tardive donnant suffisamment de lait seulement à partir de sa 4e année de vie, mais un lait plus riche. « Elle est plus robuste et moins caractérielle que l’Alpine, et plus habituée au parcours. »

Mais leur exploitation souffre d’un vrai handicap : l’eau potable n’y est pas distribuée. En 2012, ils vont donc voir Max Raspail, leur conseiller général, qui les soutient dans l’élaboration du dossier, afin que le Département et la Communauté de communes des Sorgues du Comtat mettent en place cette distribution. L’activité peut alors prendre pleinement son ampleur : les Christol commercialisent leurs fromages dans les épiceries et les restaurants, à 10 kilomètres à la ronde, chez eux le mardi et le vendredi soir, et enfin sur le Marché de producteur de Pernes, le mercredi soir. Rapidement, l’exploitation permet d’assurer le revenu de Julie, Laurent continuant pour sa part de travailler dans le magasin d’articles de sport.

Développement de la ferme éducative

En 2014, avec l’arrivée de leur 2e enfant, ils décident d’arrêter le marché du mercredi, et de développer une activité de ferme éducative, qui leur permettra de rester plus sur l’exploitation. « On a eu la belle surprise de voir que tous nos clients du marché nous ont suivis, puisqu’ils sont tous venus sans exception acheter nos produits chez nous ! », se rappelle Julie.

L’activité de ferme éducative se développe, tout d’abord lentement, puis plus rapidement depuis 2018. « Nous accueillons à la fois les enfants en groupes, venant d’écoles, de centre aéré ou de lieux d’accueil de personnes en situation de handicap. Nous accueillons également leurs familles, pour des ateliers pendant les vacances et les samedis, mais aussi des visites-découvertes, avec participation à la traite, tour de l’ensemble des animaux, puis passage par la fromagerie, où les enfants peuvent mouler chacun une petite faisselle et déguster les fromages. » Les familles, comme les groupes, doivent prendre rendez-vous, car une ferme éducative, c’est avant tout une ferme, et que ses exploitants doivent en priorité se consacrer à leurs bêtes.

Aujourd’hui, la Chèvrerie des fontaines a une jolie réputation, tant en qualité de fromagerie que de ferme éducative. Julie y assure la conduite des bêtes, et l’accueil des jeunes et moins jeunes visiteurs, Laurent assurant la production de fromage, et leur commercialisation. Ce dernier a pu réduire à 10 heures son contrat de travail en tant que technicien cycle, et il envisage dans les années à venir de pouvoir se consacrer entièrement à l’exploitation au côté de son épouse. Sincèrement touché par la belle aventure des deux jeunes exploitants, Jean-Pierre Bensaïd est reparti, non sans avoir dégusté – et apprécié – la production de la Chèvrerie des fontaines.

Pierre Nicolas, CLP

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