Le cap du 4000e kilomètre, ça compte ! ©DR
Elles ont repris sagement leurs études, à SupAgro Dijon, depuis quelques mois. Mais Pauline Thomann et Marie Wirth ont encore des images plein les yeux des six mois qu’elles ont passés à vélo, à la rencontre des exploitants agricoles de quelques-uns des pays de l’Union Européenne. 4675 kilomètres, mais surtout beaucoup de rencontres et d’expériences, ce qui était précisément l’esprit de leur projet initial.
Un voyage-projet.
« Entre la seconde et la troisième, les étudiants de SupAgro ont le droit de prendre une année de césure. Marie avait l’envie d’en profiter pour faire des petits boulots dans des fermes, moi j’avais à la fois envie de voyager et de faire des stages pour découvrir de nouvelles techniques », explique Pauline. « On a donc fusionné nos deux projets en un voyage à deux ! »
Après avoir envisagé de remonter le Danube jusqu’à la Mer Noire, elles finissent par choisir un autre trajet, « un peu moins plan-plan » : elles vont partir de la ville natale de Pauline – Robion, dans le Vaucluse – pour rejoindre celle de Marie, Neubois en Alsace. Mais au lieu de longer les Alpes par l’Ouest, elles vont les contourner par l’Est ! Et donc traverser successivement l’Italie, l’Autriche et l’Allemagne.
Dans chacun de ses pays, Marie et Pauline vont donc chercher une ferme à la recherche de « wwoofer », ces volontaires qui échangent du temps de travail contre un hébergement dans les fermes bio (voir encadré). « Ensuite, pour ce qui est de l’itinéraire entre chaque ferme, on s’est dit qu’on ferait un peu au coup par coup. »
« Fattoria sociale ».
Départ de Robion, donc, le 9 avril 2016. Pour se mettre en jambes, passage dans le Verdon, puis direction la frontière italienne. Le 21 avril, après 745 kilomètres de routes elles atteignent leur premier objectif, la ferme sociale ‘La Bagaggera’, à proximité de Milan. Une exploitation consacrée à l’élevage des chèvres laitières, transformation fromagère – avec un peu de maraîchage un troupeau de cochons – et un point de vente directe. « Le propriétaire de la ferme a un fils atteint de trisomie 21, il a donc voulu en faire une « fattoria sociale » (« ferme sociale », en italien), où l’on accueille des publics en situation de handicap », explique Pauline.
Là-bas, les deux étudiantes ont surtout travaillé avec le troupeau de chèvre. « On a aussi fait un peu les foins avant de partir à la mi-mai. Marie a bossé à la fromagerie, moi je me suis intéressé à la fabrication du pain. On était plus en observation, car il y avait beaucoup de gens. On a mis un peu de temps avant de se positionner », reconnait-elle.
La ferme du ciel.
Après être remontées sur les vélos, mi-mai, direction l’Autriche et la moyenne montagne, il leur faudra grimper 1100 mètres pour atteindre leur seconde destination, la ferme ‘Himmelbauer’ (« ferme du ciel » en autrichien) : un nom qui veut tout dire ! « Une fois arrivé là-bas, on n’a plus touché à nos vélos pendant 3 semaines ! », se souvient Pauline. La ferme est gérée par un couple et leurs deux filles de 15 et 18 ans. « C’est une exploitation consacrée au pastoralisme, on y élève des vaches et des moutons pour la viande. Ils sont très engagés dans la préservation de la forêt autrichienne, dans la lutte contre l’enfrichement, mais aussi dans les semences paysannes », raconte Pauline. « On a aidé au dispatching des bêtes dans les montages. Ils ont aussi un grand jardin potager de deux hectares, en vue de l’autosuffisance, auquel on a aussi beaucoup travaillé, y compris pour la transformation des produits pour la conservation. »
Le coin de trois pays.
Fin juin, Marie et Pauline ré-enfourchent leurs bécanes, et reprennent la route, direction l’Allemagne. Et précisément le petit village de Bertsdorf-Hörnitz, situé dans le Dreiländerereck (« coin de trois pays » en allemand), une enclave allemande à 5 km de l’Autriche et 5 km de la république Tchèque. Dans ce village rue traditionnel, toutes les terres sont attenantes aux fermes. Elles sont accueillies dans une famille de néo-ruraux qui élèvent eux aussi des chèvres laitières et quelques poules. « Ce sont des gens qui veulent absolument garder du temps pour l’éducation de leur petite fille de six ans », explique Pauline. « Alors ils ont fait le choix d’être en mono-traite. Ils perdent 30% du lait, mais ils gagnent 50% de temps ! »
Fin juillet, les deux agronautes quittent ce coin de trois pays pour rejoindre leur pays natal, en traversant la Suisse. Elles arriveront le 3 septembre à Neubois, en Alsace, accueilli par une belle délégation. De leurs voyages, elles ne gardent que de bons souvenirs : pas de « galères » (aucune crevaison en 5 mois !), du beau temps presque tout le temps. Et surtout, de formidables rencontres, qui les ont confirmées dans leurs envies de devenir exploitantes agricoles, dans le secteur du bio. Et, peut-être à leur tour, d’accueillir des wwoofers à vélos !
Pierre Nicolas, CLP
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06/06/2023
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