BEAUMES-DE-VENISE
Valentin Soard s'est installé sur le domaine familial il y a cinq ans, en même temps que sa cousine, Justine. Ils travaillent ensemble au quotidien, se complètent parfaitement mais, surtout, partagent en totale osmose leur passion commune pour la viticulture, laquelle a bercé leur enfance.
Portrait Valentin Soard, vigneron à Beaumes-de-Venise, Domaine de Fenouillet.
© Crédit photo : CL
Depuis son plus jeune âge, à Noël et pour ses anniversaires, Valentin demandait toujours la même chose : des tracteurs. Si l'anecdote est amusante, elle n'est pas anodine : enfant déjà, le jeune homme n'a cessé de s'imaginer au volant d'engins agricoles, au pied des vignes. "La viticulture c'est dans nos gènes", rigole-t-il. Car avant lui, c'était son père, Vincent, et son oncle, Patrick, qui pilotaient le domaine. Eux aussi qui l'ont créé, ce Domaine de Fenouillet que gèrent désormais Valentin et sa cousine. "Avant, nous étions en cave coopérative", explique le jeune vigneron. Eux enfin qui, aussi, l'ont fait passer en bio, en 2012. En prenant la suite en 2021, Valentin est devenu la cinquième génération des Soard à travailler dans les terres.
Valentin ne s'est jamais imaginé faire autre chose que viticulteur. "C'est une passion que j'ai eue à la naissance je pense", explique-t-il, sourire aux lèvres. "Je suis né pour faire ça, je le sais." Il se souvient même : "Quand j'étais tout petit déjà, je réclamais pour aller au travail avec mon père, je voulais le voir dans le tracteur." Alors pour ses études, la question ne s'est même pas posée : le jeune vigneron s'est dirigé tout naturellement vers un Bac pro 'Vigne et vin' au lycée viticole d'Orange. Puis a poursuivi avec un BTS. "Mais j'ai vite arrêté, je préfère être sur le terrain", avoue-t-il. Cependant, pas question de s'installer sans cordes efficaces sur l'arc. Il part donc faire ses armes via un stage de quatre mois en Afrique du Sud. "J'ai eu cette occasion, je n'ai pas hésité. C'était intéressant selon moi de voir ce qui se fait ailleurs, d'autres techniques, des cépages et façons de faire différentes." Là-bas, il apprend la vinification aux côtés d'un Français installé dans le pays. Une fois de retour sur ses terres natales, il œuvre en tant que salarié sur l'exploitation familiale, puis saute le pas et s'installe.
Valentin l'avoue : s'il n'avait pas eu la chance de pouvoir reprendre l'exploitation familiale, il aurait quand même fait le choix de suivre cette voie. "Je n'aurais peut-être pas pu avoir la partie cave, au vu de la conjoncture actuelle, mais je serai allé sur la partie viticulture quoi qu'il arrive." Grâce à la dotation des Jeunes agriculteurs, en 2021, il rentre au domaine.
Valentin ne s'est pas installé seul sur l'exploitation : il était accompagné de sa cousine, Justine, qui a profité de la retraite de son père, Patrick, pour prendre la relève. Le jeune agriculteur peut aussi compter sur l'aide du sien, toujours présent sur le domaine, et de son frère, Félicien, qui vient donner des coups de main. Pouvoir travailler en famille est une des fiertés du jeune homme. D'abord, car "le gros de mon savoir me vient de mon père et de mon oncle." Mais aussi car ils sont tous complémentaires les uns des autres : quand Justine s'occupe de la partie administrative et commerciale, Valentin est dans les terres et pilote la production. "Mon père se charge de l'élevage des vins et mon frère est en cave." Des tâches bien réparties puisque "ce que chacun fait, les autres ont moins d'affinités. Alors on ne se marche pas dessus."
Ce qui plaît le plus au vigneron, c'est la partie du vivant, le travail du végétal. "Planter, faire pousser, l'accompagner, voir l'évolution de la plante jusqu'à la récolte." Il aime être dehors, au contact de la terre, vivre au rythme des saisons et voir mûrir quelque chose dont il prend soin chaque jour.
Valentin est aussi fier de pouvoir faire perdurer le travail qu'avant lui son père et son oncle ont engagé. C'est même un devoir et la force qui lui donne envie de continuer, malgré les difficultés que rencontre la filière. "Il ne faut pas baisser les bras. Quand on a une passion, on continue d'y croire. Et je ne veux pas voir le capital que ma famille a réussi à acquérir depuis des années partir en friches."
Quand il a repris le domaine avec Justine, ce dernier comptait 27 hectares. Pour leur permettre de vivre à désormais trois sur l'exploitation, "on a acheté et loué des terres pour arriver à 35 hectares." Mais la conjoncture actuelle n'est pas favorable. "Plus on fait de volume, moins on arrive à le vendre." D'ailleurs, c'est au total 40 ha qu'ils avaient réussi à obtenir. Mais après réflexions, ils ont choisi, ensemble, d'en mettre cinq en repos, le temps que la situation revienne à la normale. Mais les deux cousins ne se laissent pas abattre et ont des idées pour dynamiser leurs ventes. "On aimerait développer les ventes, surtout à l'export", confie Valentin. Pour le moment, cela représente 30% de la commercialisation. L'idée serait d'ouvrir des lignes vers le Canada, l'Équateur, l'Angleterre ou encore le Japon. "On va essayer de surgreffer un cépage résistant en blanc, voir ce qu'il donne en IGP et trouver des cuvées sortant du lot, comme un muscat pétillant petit degré, légèrement sucré", explique le viticulteur.
Mais fidèle à lui-même, Valentin garde le sourire, guidé par la certitude de savoir qu'il fait chaque jour ce qu'il aime, auprès de ses proches.
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