« Nous avons déjà tenté de lancer un premier plan de relance pour l’amande en 2007, mais qui est tombé à l’eau », rappelle André Pinatel, président d’honneur de la Chambre régionale d’agriculture Paca, en charge du dossier. Le contexte n’était peut-être pas favorable à l’époque. Aujourd’hui, il a changé et les transformateurs sont tous partie prenante dans le projet. En effet, le marché mondial – dominé par la production américaine – connaît une hausse des cours, de 3-4 euros/kg il y a 3 ans, à environ 9 euros/kg aujourd’hui. Elle rejoint aujourd’hui le prix de l’amande française. « On arrive à des coûts équivalents », souligne Alexis Bertucat, responsable développement durable au Roy René. Dans ce cas, pourquoi ne pas s’approvisionner auprès d’une filière locale ?
Pierre Sylvain est président du Gipa (Groupement interrégional des producteurs d’amandes), en sommeil depuis 10 ans. « La production provençale représente des volumes trop faibles pour intéresser des transformateurs. » Aujourd’hui, la France produit environ 400 tonnes, principalement en Corse. Le reste de la production provient de Paca, de Rhône-Alpes et du Languedoc-Roussillon. Avec la hausse de la consommation mondiale, boostée, boostée par une forte communication sur les aspects santé, les cours pourraient diminuer. Or, pour l’instant, la contractualisation a du mal à se mettre en place. « L’amande est un marché très spéculatif », explique Pierre Silvain, qui a planté 30 ha d’amandiers, et prévoit d’en implanter 15 ha de plus pour alimenter sa nougaterie, basée à Saint Didier. « Mais il y a une croissance du marché mondial de 12%. Il y a de réelles opportunités. »
Le défi de la professionnalisation.
Avec les USA, leader de la production mondiale, se retrouve l’Australie, loin derrière, mais 2e producteur mondial. La production française doit aujourd’hui relever le défi de la professionnalisation. Ainsi, les Espagnols font facilement 5 à 6 fois plus de rendement, grâce à l’arrosage, à la fertilisation, à la taille… Améliorer les rendements permettrait de gagner en compétitivité. Les Espagnols atteignent ainsi 2000 kg/ha, quant la production française peine à 500 kg/ha. « Même sans changer de variété, nous pourrions viser les 1500 kg/ha », qui feraient toute la différence. « Ce n’est pas irréaliste, des Français font 1200 kg/ha », souligne Alexis Bertucat qui poursuit : « Nous avons un savoir-faire ancestral, une légitimité par rapport à notre terroir ».
M.S.
ICI
Votre encart
publicitaire !

Publiez facilement vos annonces légales dans toute la France.
Grâce à notre réseau de journaux partenaires.
Attestation immédiate, service 24h/24, 7 jours/7

06/06/2023
Chaque semaine, retrouvez toute l'actualité de votre département, des infos techniques et pratiques pour vous accompagner au quotidien...
Découvrez toutes nos formules
Inscrivez-vous GRATUITEMENT à nos newsletters pour ne rien rater de notre actualité !
S'abonner