monteux
Fils d'une Montilienne et d'un militaire, Nicolas De Cecco s'est installé comme éleveur ovin en 2011 dans le village de Monteux. Un métier qu'il a choisi dès 15 ans, et qu'il aime tellement qu'il a pris des responsabilités syndicales pour le défendre.
Nicolas Cecco et ses Mérinos d'Arles antiques, à la laine fine et grise.
© Crédit photo : PN
Monteux a longtemps été une commune en bonne partie consacrée à l'élevage. Ses importants espaces pâturables ont accueilli près d'une trentaine d'éleveurs. "Aujourd'hui, nous ne sommes plus que deux", constate Nicolas De Cecco qui, dans le même temps, affirme que la profession attire à nouveau les jeunes. Et il en est la parfaite illustration.
Il découvre l'agriculture en classe de 3e, alors que la famille habite en Seine-et-Marne. "Ma mère travaillait pour Groupama, et sa clientèle était composée en grande partie d'agriculteurs. Comme elle savait que j'aimais énormément les animaux, et que je préférais largement être dehors que dans un bureau, elle m'a proposé, lors de mon stage de découverte des métiers en 3e, de le faire chez un exploitant agricole, Jean-Maris Boeglin, à Pringy", se souvient l'éleveur. C'est là qu'il découvre une exploitation comprenant d'une part des grandes cultures, mais aussi de l'élevage de vaches allaitantes et de brebis Suffolk. "J'ai tout de suite eu un coup de cœur pour ces dernières !"
Après ce stage, il y retourne l'été, pour les moissons, s'initie à la conduite des engins agricoles. Et confirme son intérêt pour l'agriculture en général, et l'élevage des moutons en particulier.
"En 2005, mon père a pris sa retraite militaire. Il est entré à la DDE et il a trouvé un poste à Carpentras. Ma mère étant originaire de Monteux, c'était l'occasion de se rapprocher de la famille." C'est alors que Nicolas commence un BEP 'Production animale' à Saint-Maximin, dans le Var. "J'ai fait des stages chez Jean-Marie Boeglin, une partie de mon apprentissage dans le Var." Puis, en 2006, il obtient son BPREA au lycée agricole de Carmejane, à Digne-les-Bains. Là, Nicolas réalise son apprentissage chez Jean-Jacques Exbrayat, éleveur à Pernes-les-Fontaines. "Ici, les élevages c'est complètement différent de la Seine-et-Marne, avec la transhumance, la garde en colline. J'ai découvert toutes ces spécificités grâce à lui."
Sa première transhumance, en août 2006, il en garde un sacré souvenir : "M. Exbrayat venait d'être victime de sa première attaque de loup. Comme je n'avais pas de chien de travail, il m'a donné une jeune chienne de quatre mois, Isa, et on est monté tous les deux en apprentissage au mois d'août. Les deux premiers jours ont été une vraie catastrophe : on venait de mettre des chiens de protection avec le troupeau. Les brebis en avaient peur, ce qui agitait encore plus les chiens, et faisait donc encore plus peur aux brebis, et ainsi de suite...".
Il travaille pendant deux ans et demi sur l'exploitation, jusqu'à son diplôme obtenu en 2009. "J'ai commencé par prendre en garde les bêtes d'éleveurs d'Aubignan, à Buis-les-Baronnies et au lac du Paty à Caromb." Petit à petit, il constitue son propre troupeau, jusqu'à en avoir 150, ce qui lui permet de s'installer en 2011.
"J'ai des Mérinos d'Arles antiques, plus petites que les autres Mérinos, avec une laine très fine. J'ai aussi quelques Suffolk pour me rappeler mes premières amours !"
Il fait paître ses brebis autour de chez lui : "J'ai trouvé des terres à pâturer autour de Monteux. D'année en année, les gens viennent me voir pour me proposer de faire manger les bêtes sur leurs terres. L'été, je les amène en Savoie, près de Saint-Jean-de-Maurienne, car ici il fait trop sec". La prédation, il connaît : "Ici, je ne me fais pas attaquer, même si des loups ont été vus aux Confines, et qu'il y a eu des attaques à Violès et à Entraigues l'année dernière. Mais encore cet été, j'ai eu une attaque en montage, et deux brebis ont été tuées".
En ce début d'octobre, Nicolas vient de revenir avec ses 400 bêtes des pâturages de montagne, où il les avait amenés en juin dernier. Les agnelages vont bientôt commencer. "C'est prévu pour la mi-octobre. Un marchand vient me chercher la majeure partie des agneaux, une fois sevrés, pour les faire engraisser. J'en garde une centaine, que je fais tuer et découper à Tarascon. Je les vends ensuite en direct, car je me suis équipé d'une remorque frigo pour les transporter."
Il avait envisagé, en 2021, d'acheter 200 bêtes supplémentaires. "Mais juste avant de monter en Savoie, je me suis sévèrement blessé au genou. Je me suis aperçu que déjà, avec 400 bêtes c'était compliqué en cas de pépin, et qu'en passant à 600, je risquais de rentrer dans un autre système, en embauchant un salarié permanent par exemple. J'ai donc changé mon fusil d'épaule, et j'ai pris 300 bêtes à garder en hiver, d'un ami éleveur en Savoie."
Il s'est impliqué rapidement dans la vie de la Fédération départementale ovine, jusqu'à en être, aujourd'hui, co-président, avec Sébastien Constantin, éleveur à Aurel. "Nous sommes de bons exemples, Sébastien et moi, de la diversité du monde de l'élevage ovin : il est sédentaire, moi je transhume, il est fils d'éleveur, moi néo-paysan. Mais tous les éleveurs du Vaucluse ont forcément deux sujets de préoccupation en commun : les dossiers Pac et la prédation. Et puis ici, dans le pourtour méditerranéen, nous avons des méthodes d'élevages bien spécifiques, qui ne sont pas toujours comprises par les éleveurs du nord ou du centre de la France : on fait manger de la colline, notamment pour participer à la protection contre les incendies, on ne fait pas autant attention à la génétique. C'est aussi pour défendre nos spécificités que je me suis engagé."
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06/06/2023
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