L'Isle-sur-la-Sorgue
Aujourd'hui, les bureaux d'Élisabeth Company s'ouvrent sur le plein air. Une nécessité pour elle et ses 4 000 volailles, qu'elle chouchoute au quotidien.
Élisabeth Company et son compagnon, Grégory Viau.
© Crédit photo : PN
Tout au bout du cours René Char, se trouve le chemin de Palerme. D'un coup d'un seul, on quitte l'agglomération de L'Isle-sur-la-Sorgue pour se retrouver en plein champ. Quelques centaines de mètres plus loin, une enceinte de deux bons mètres de haut, une grille en fer forgé et une plaque du même matériau indiquant 'Le champ du coq'.
C'est là qu'Élisabeth Company mène, depuis 15 ans, un élevage de volailles de chair bio en plein air. "Au départ, je voulais créer une activité double, combinant maraîchage et élevage. Puis la Communauté de communes m'a informée que la précédente propriétaire des lieux voulait vendre. C'était un espace entièrement fermé par ce mur de deux mètres de haut, qui protège les volailles contre les prédateurs à deux et quatre pattes. Mais avec un hectare et demi de surface, c'était trop petit pour y faire du maraîchage. Alors, je me suis concentrée sur l'élevage de volailles !", explique-t-elle rétrospectivement.
Élisabeth n'est pas issue d'une famille d'agriculteurs. Après avoir travaillé dans le monde du bâtiment puis dans celui du phoning, elle a ensuite consacré sa vie pendant quelques années à l'éducation de ses deux jeunes enfants. Après quoi, cette jeune femme énergique, préférant le plein air à la vie de bureau, décide de s'orienter vers les métiers agricoles. Elle passe alors son BPREA au Campus Louis Giraud de Carpentras-Serres. Nous sommes en 2008. À 32 ans, la voilà partie pour un premier projet, avec son ancien compagnon, à L'Isle-sur-la-Sorgue. Suite à leur séparation deux ans plus tard, elle s'installe alors chemin de Palerme.
"Il n'y avait qu'une maison d'habitation et des parcelles de céréales, utilisées par le lycée agricole 'La Ricarde'. Il a fallu tout bâtir, tout aménager, au fur et à mesure." Onze parcs sont alors soigneusement enherbés et plantés de diverses espèces d'arbres, amoureusement entretenus par son nouveau compagnon, Grégory, élagueur de son métier. C'est dans cet espace préservé qu'Élisabeth élève aujourd'hui ses 4 000 volailles de chair. "J'ai choisi les 'cous nus', qu'on appelle aussi 'cous pelés', parce que c'est une race rustique qui résiste aussi bien aux coups de froids qu'aux chaleurs élevés. Je les installe ici alors qu'elles sont âgées de un jour. Et je les abats lorsqu'elles ont atteint quatre mois, au lieu des trois mois habituels. J'ai fait ce choix car je trouve que la texture de la chair est bien plus goûteuse à quatre mois qu'à trois."
Aujourd'hui, elle commercialise ses volailles dans un réseau bien constitué : le magasin de producteur 'La Banasterie', à proximité de chez elle, puis dans un réseau de sept Amap, qu'elle livre une fois par mois. Elle travaille aussi dans les Bouches-du-Rhône, grâce à trois magasins de la chaine 'Bio'n'Co', ainsi qu'au marché mensuel de la 'Ferme enchantée', à Eyguières. "Je vends aussi un peu à la ferme, mais c'est très occasionnel, sur commande et sur rendez-vous. Je ne peux pas me bloquer une demi-journée à attendre le client, car il y a beaucoup de travail sur les parcs pour s'occuper des volailles.'
En 2020, Élisabeth a tenté un développement de son exploitation. "Nous avons un terrain, à Lagnes, sur lequel nous avons fait construire un hangar, pour installer notre propre atelier d'abattage, une chambre froide et un espace de stockage. Mais j'avais aussi l'intention de me lancer dans la volaille de ponte, donc j'avais prévu deux bâtiments pour les pondeuses et un centre d'emballage des œufs. Ça a bien démarré, j'avais pris une salariée à 35 heures. Mais nous avons eu une inspection des services vétérinaires qui m'a totalement découragé : il fallait que je fasse des travaux comme si j'avais 25 000 pon- deuses alors que je n'en avais que 450... Là-dessus, la salariée a choisi de partir, et j'ai fait le choix d'abandonner cette piste en 2022."
Pour autant, Élisabeth n'a pas renoncé à chercher une activité de diversification. "Mais au vue des épidémies de grippes aviaires qui se sont succédé, j'ai choisi une diversification qui me permettait de survivre dans le cas le plus grave, celui où l'on me demanderait d'abattre l'élevage entier." Elle a donc aménagé l'étage de sa maison d'habitation pour en faire un gîte deux places, confortable et très bien équipé. "Je le loue exclusivement par le biais du site internet de 'Bienvenue à la ferme', car j'aimerais m'adresser à un public qui s'intéresse au monde paysan, que je pourrais ainsi sensibiliser aux enjeux d'une agriculture paysanne."
Aujourd'hui, Élisabeth est secondée, 15 h par semaine, par une nouvelle salariée, qui travaille également dans un autre élevage volailler. "Les équilibres financiers de la ferme sont les mêmes que lorsque nous avions mené ce projet de développement autour des pondeuses. Et nous allons gagner en sécurité avec les revenus auxiliaire du gîte. Surtout, j'ai retrouvé le métier que j'aime : les deux pieds dans la gadoue une bonne partie de la journée, au lieu de passer la moitié de mon temps à faire du travail de bureau et de gestion !"
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