Manifestation
Depuis plusieurs semaines, les agriculteurs multiplient les actions pour protester contre le prix exercés par les grandes distributions, toutes filières confondues. À l'heure des négociations commerciales, ils veulent mettre la pression et montrer leur solidarité. C'est donc devant les grandes enseignes que les Jeunes agriculteurs et la FDSEA de Vaucluse ont décidé de se mobiliser.
Mobilisation JA et FDSEA 84 devant les grandes enseignes pour protester contre le revenus ce jeudi matin 19 décembre.
© Crédit photo : CL
Lors de la dernière mobilisation, ils avaient prévenu que les prochains sur la liste seraient les enseignes de la grande distribution. Ils ont tenu parole.
Depuis plusieurs jours, les différents cantons des Jeunes agriculteurs, fermement soutenus par la FDSEA 84, organisent des manifestations devant les magasins "qui ne jouent pas le jeu", explique Benoît Lurie, du canton Orange Est. Grand Frais, Lidl, Aldi, Leclerc... "On fait ça pour toutes les filières, car on est tous concernés", précise Jordan Charransol, président des Jeunes agriculteurs 84. À l'heure où les négociations commerciales sont actuellement sur la table, "on veut montrer qu'on est là", insiste-t-il. Les agriculteurs, toutes filières confondues, ont déjà écumé une partie des hard-discounts, hyper et supermarchés du département, déversant fumiers, ballots de paille, palettes, vignes à l'entrée des magasins.
Ce jeudi matin, ils étaient plus d'une quarantaine à se mobiliser, d'abord devant le Carrefour de la zone du Coudoulet à Orange pour faire entendre leur colère. Le mot d'ordre n'a pas changé et les mobilisations prennent de plus en plus d'ampleur. "La grande distribution m'a tué", "Viti en danger", "À vous les marges, à nous les dettes", pouvait-on lire devant ce premier magasin.
Ce matin, ce sont les viticulteurs qui ont voulu mettre la pression concernant le prix les bouteilles de côtes-du-rhône. "La marge n'est pas correctement répartie", explique Sylvie Meynier, vice-président de la FDSEA Drôme, venue également manifester. Les calculs ont déjà été faits. Benoît Lurie estime de son côté que la grande distribution prend "plus de 50 % de la valeur". Au directeur du magasin Carrefour, présent sur place et qui a promis de faire remonter le message à sa direction, Sylvie Meynier détaille : "Il y a deux ans, on pouvait vivre de notre métier. Maintenant, on est à l'agonie. Le prix d'une bouteille en moyenne en grande distribution est à 3,88 €, mais nous, on ne nous le paye même pas 50 centimes." Ce qui ne permet évidemment pas de couvrir les charges, au contraire. Alors qu'il faudrait minimum 4 000 € à l'hectare (pour du côtes-du-rhône) de revenu pour le vigneron, la vice-présidente et viticultrice annonce un chiffre qui peine à attendre les 2 600 € actuellement. "Ce n'est pas jouable et pas vivable", conclut-elle.
À coup de peinture au sol et de tas de ceps de vignes, les agriculteurs veulent marquer le coup, mais surtout préviennent : "La prochaine fois qu'on revient, on ne sera pas aussi sage !". Ils veulent aussi montrer qu'ils sont solidaires, quelles que soient les filières, les productions, les modes de culture.
Devant chez Lidl et Aldi, à quelques mètres seulement, la colère n'est pas retombée, bien au contraire. Les enseignes proposent des bouteilles en côtes-du-rhône à moins de 2 €. Et le message est clairement affiché, sur des pancartes placardées sur la devanture : "Les bouteilles à moins de 2 €, mets-les-toi dans le c...".
Les actions des cantons doivent se poursuivre ce vendredi et dans les jours à venir. "Avant de crever, on s'occupera de tous ceux qui nous ont fait crever", ont-ils promis.
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06/06/2023
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