Préfecture
Négocier avec la GMS oui, mais tout en incitant les consommateurs à revenir aux produits locaux ! Avec une meilleure lutte contre la francisation, voilà la stratégie commune portée par la préfecture, les syndicats agricoles et la Chambre d'agriculture, présentée jeudi dernier.
La préfète de Vaucluse organisait une conférence de presse avec les principaux syndicats agricoles du Vaucluse et la Chambre d'agriculture, afin d'interpeller le consommateur.
© Crédit photo : ML
L'héritage agricole du Vaucluse est incroyable, "nous pouvons le faire vivre et il fait vivre", souligne d'entrée Violaine Demaret, préfète de Vaucluse, lors d'une conférence de presse qui se tenait jeudi 2 février. Pourtant, toutes les filières sont touchées de plein fouet par les difficultés présentes d'un bout à l'autre de la chaîne, de la production à la commercialisation.
"Notre objectif aujourd'hui est de rappeler aux Vauclusiens la chance qu'ils ont d'être dans un tel département, et qu'ils ont une part à jouer par leurs comportements de consommation", explique la préfète. Dans la démarche de la représentante de l'État, nulle culpabilisation, juste un souhait de relancer un cycle vertueux, pour les uns comme pour les autres.
À ses côtés, trois présidentes : Audrey Pizza, celle des Jeunes agriculteurs ; Georgia Lambertin, pour la Chambre d'agriculture ; et Sophie Vache, de la FDSEA de Vaucluse. La cohérence entre les deux syndicats et l'organisation professionnelle se fait de plus en plus grande. "L'étau se resserre", alerte Georgia Lambertin. Pas question se s'opposer les uns aux autres dans une telle situation de détresse pour le milieu agricole.
Produire de façon raisonnable, dans le respect de l'environnement, en répondant aux attentes sociétales... Les demandes faites à l'agriculture sont légitimes. Mais, comme pour tout, les adaptations des pratiques culturales ont un coût. "Dernièrement, nous avons mis l'accent avec les producteurs de pommes1 sur les prix pratiqués en GMS [Grande et moyenne surface, ndlr] qui ne sont pas suffisamment rémunérateurs. Maintenant, nous devons revenir sur l'importance de consommer des produits vauclusiens", explique Sophie Vache. Via les circuits courts, mais aussi en privilégiant l'origine France et locale dans les magasins.
Alors que la GMS se plait à utiliser l'image des agriculteurs pour ses campagnes de communication, tous soulignent le décalage parfois marqué avec certaines enseignes et le travail qui reste à faire. "Avec certaines, tout fonctionne bien ! Donc si on y arrive, c'est que c'est possible de faire encore plus avec les autres", affirme Audrey Piazza.
L'Association nationale pomme poire a dernièrement obtenu de la grande distribution une revalorisation de 15 centimes du prix de la pomme, suite de la manifestation du 14 janvier. Pourtant, la satisfaction n'est pas optimale : la demande était à 20 centimes, et d'autres produits mériteraient également une revalorisation de la rémunération producteur, via une meilleure répartition des marges plutôt qu'une augmentation du prix aux consommateurs.
La prochaine réunion, au niveau régional, se tenait cette semaine. "Habituellement, ces discussions se tiennent en avril. Mais vu la conjoncture, nous avons jugé bon de réunir tout le monde plus tôt cette année", énonce Violaine Demaret. Pour les agriculteurs, le scepticisme reste de mise, l'habitude de voir peu d'enseignes à ces réunions prédominant depuis plusieurs années...
"Aujourd'hui, nous parlons d'agriculture positive. En Vaucluse, nous sommes capable de fournir une production diversifiée et de qualité, qui s'inscrit dans l'agriculture française considérée comme l'une des plus vertueuses du monde", souligne Audrey Piazza. Pour elle, une telle réponse aux consommateurs ne peut aller sans une accentuation des contrôles des produits passant les frontières pour être vendus en France : "On retrouve sur les étals des produits qu'on ne cultivent plus de la sorte depuis au moins la génération de mon arrière-grand-père". Pointée du doigt par la présidente des JA autant que par celles de la FDSEA et de la Chambre d'agriculture : la francisation des produits, vue comme une tromperie du consommateur.
"Entre cette démarche magique qui se fait grâce à la transformation ou l'emballage, et le principe d'équivalence du bio entre les pays, il y a tout de même des problèmes de fonctionnement à souligner. Ce sont des pratiques que l'on retrouve au sein même de l'Union européenne", rappelle Philippe Bon, vice-président de la FDSEA de Vaucluse et producteur de fraises de Carpentras. Les crispations sur le sujet rejoignent ainsi aisément les revendications pour une meilleure rémunération, en lien avec la manière de produire.
Sur les fraudes à l'étiquetage, Violaine Demaret assure vouloir accentuer les contrôles. "Il y en a déjà, mais il faut continuer à en faire, voire les accentuer et avec une meilleure articulation interdépartementale, notamment avec le Gard", affirme la préfète.
La presse locale invitée à la conférence de presse de la préfecture aura-t-elle su remplir son rôle afin d'inciter les Vauclusiens à se tourner de nouveau vers ses producteurs ? La stratégie avait fonctionné pendant le Covid. Mais dans une situation de crise du pouvoir d'achat, cette fois, l'incertitude continue de peser.
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06/06/2023
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