FRSEA Paca
Forte des mobilisations de l'an passé et du travail syndical construit dans le cadre des élections Chambre d'agriculture, la FRSEA Paca entend bien porter haut les spécificités agricoles du Sud à l'échelle nationale. Lors de son assemblée générale à Villelaure (84), ses représentants ont affiché leur détermination et évoqué les grands défis à venir.
Sous la présidence de Laurent Depieds, la FRSEA Paca est en ordre de marche pour accompagner les agriculteurs.
© Crédit photo : MS
"Nous avons fait le travail syndical. Nous avons fait le travail organisationnel. La FRSEA est en ordre de marche et à votre service." C'est par ces mots que Laurent Depieds, président de la FRSEA Paca, a ouvert l'assemblée générale 2025. Cette année, c'est la commune de Villelaure, dans le Vaucluse, qui a accueilli les débats. À ses côtés, Romain Blanchard, secrétaire général, est revenu sur une année 2024 marquée par des mobilisations historiques.
"On entendait les anciens raconter leurs luttes. Aujourd'hui, nous pouvons dire que nous étions de ceux qui ont amené les tracteurs jusqu'au port de Marseille", a-t-il lancé avec fierté. Et de rappeler que la région Sud fait partie des rares à n'avoir perdu aucun département lors des élections aux Chambres d'agriculture.
Forte de ces résultats, la FRSEA Paca s'accorde bien à faire entendre la voix des régions méditerranéennes. Deux élus issus de la région siègent d'ailleurs au conseil d'administration national : Romain Blanchard (13) et Sophie Vache (84). "Il reste du chemin à faire pour renforcer la représentation de notre région dans les instances nationales, mais la dynamique est là", souligne Romain Blanchard.
L'assemblée a également été l'occasion d'évoquer l'avenir du syndicalisme agricole et les chantiers à venir, notamment autour de la régionalisation des structures. La région est en effet l'une des deux régions pilotes dans ce pro- cessus.
La question de la féminisation des instances syndicales, relancée lors du congrès de Grenoble, continue de faire débat. La proposition d'instaurer des quotas, portée par le président, Arnaud Rousseau, a suscité des réactions contrastées - y compris chez les premières concernées. Elles ne veulent pas être élues pour leur sexe, mais pour leurs compétences. Et en réciproque : quels hommes aujourd'hui sont prêts à laisser leur place pour que les femmes en occupent plus ?, s'interroge-t-on dans la salle. Il faut tout de même nuancer la situation, car des femmes, il y en a : "On a de plus en plus de femmes présidentes de FDSEA", souligne Romain Blanchard, "et souvent elles arrivent sur des FDSEA en difficulté". Georgia Lambertin, aujourd'hui présidente de la Chambre régionale, est la seule femme au bureau de Chambres d'agriculture France : "Un homme et une femme ne sont pas égaux...mais complémentaires. C'est cette complémentarité qui fait la richesse."
Les jeunes, eux aussi, peinent à s'engager pleinement. "À la Chambre d'agriculture du 04 que je préside, la moyenne d'âge du conseil d'administration est passée à 41 ans. Mais tu as des jeunes papas, des mamans, des investissements récents et des dettes... C'est compliqué de trouver la juste mesure. D'autant que l'administration nous oblige à monter de plus en plus en compétences", souligne Laurent Depieds.
Brigitte Amourdedieu, nouvelle présidente de Solaal pour la région, a rappelé combien l'engagement syndical est exigeant. "Je me suis engagée, car je n'étais pas seule sur l'exploitation. Mais cet engagement a représenté plus d'un mi-temps de travail."
Aujourd'hui, elle s'investit pour Solaal, mais alerte aussi sur le manque de moyens humains pour gérer les dons et mener les actions de solidarité : "Notre région est celle qui reçoit le plus de dons en nombre... mais pas en volume. Et ce qui prend du temps, c'est de gérer chaque don, peu importe le volume."
Garantir la dignité du métier par une juste rémunération, obtenir des règles équitables à l'échelle européenne et simplifier les démarches administratives. Tels étaient les trois axes des dernières élections Chambre.
"Nous allons structurer nos filières pour redonner de la valeur économique à nos fermes. C'est là que réside notre marge de manœuvre", affirme Laurent Depieds, qui entend mettre en place des outils via les commissions créées au sein de la FRSEA, en s'appuyant sur les compétences techniques, notamment des Chambres d'agriculture. "Il faut mobiliser les compétences, là où elles se trouvent."
L'assemblée a aussi permis un échan- ge avec la Draaf, Stéphanie Flauto, et Bénédicte Martin, vice-présidente de la Région Sud. Cette dernière est notamment revenue sur l'accord qui vient d'être passé avec la Région pour améliorer le dispositif Feader et éviter les retards de règlements. Les Chambres interviendront notamment sur la préparation des dossiers, afin que "ces derniers puissent être instruits dans de bonnes conditions". Quant à la nouvelle programmation, "nous travaillons avec Régions de France pour arriver à une position commune et tirer le meilleur parti de la Pac pour la région", précise Bénédicte Martin. "Une autre de nos priorités est de rendre les aides plus lisibles." Elle souligne la hausse du nombre de dossiers de DJA, 240 cette année, "un nombre jamais atteint et l'explosion des dossiers pour l'investissement en deux ans : 2025 et 2026, deux nouveaux appels à projets seront ouverts".
Enfin, la filière viticole reste sous très forte tension. "Depuis deux ans, les viticulteurs des Côtes du Rhône sortent 1 600 euros par hectare de leur poche pour survivre", alerte le viticulteur rhodanien, Julien Latour. Une lueur d'espoir cependant : des aides devraient arriver prochainement grâce à la mobilisation de Jérôme Despey, 1er vice-président de la FNSEA, au niveau national.
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