blÉ dur
Avec des rendements "exceptionnels" observés cette année dans le Sud-Est, comparativement aux autres bassins de production français, la région a des atouts à faire valoir cette campagne 2024-2025, sur un échiquier mondial où la Turquie challenge le Canada depuis deux ans.
Le point majeur à relever concernant le commerce mondial du blé dur est la montée en puissance de la Turquie, pour la seconde année consécutive.
© Crédit photo : Actuagri
On le pressent depuis plusieurs années, avec la baisse des assolements en blé dur dans le Sud-Est, mais la question est aujourd'hui brûlante : la filière est-elle à son point de bascule ? Sur l'échiquier mondial, les forces en présence bougent leur pied sur pression du changement climatique qui, forcément, impacte l'agronomie et la qualité des moissons, et des choix stratégiques économiques faits par les céréaliers selon les cours du blé observés. Mais en juillet, Arvalis-Institut du végétal notait "un marché blé dur mieux équilibré, grâce à un redressement de la production mondiale".
Pour la première fois depuis six ans, la production mondiale, évaluée à 36 millions de tonnes (Mt) dépasse la consommation. Un effet croisé dû à une augmentation à la fois des surfaces et des rendements - notamment au Canada et en Turquie -, mais aussi aux rendements constatés aux USA et en Algérie. À l'inverse, d'autre pays marquent le pas, comme le Maroc, où la prévision de récolte 2024-2025 est très faible, à 0,7 Mt (contre 1,5 Mt sur la moyenne à dix ans). "Le souci, c'est que c'est la 3e fois en six ans", notait en juillet Clémentine Bourgeois, ingénieure technique régionale de l'institut.
Au niveau européen, la moisson a atteint 7,1 Mt (contre 8 Mt sur la moyenne à 10 ans), confirmant ainsi le trend baissier observé ces dernières années. En cause ? La mauvaise récolte italienne couplée à une baisse des surfaces, une situation comparable au niveau français, même si le Sud a lui signé sa meilleure récolte l'été dernier de la décennie. À l'inverse, l'Espagne est en net redressement par rapport à l'an dernier.
Le point majeur à noter des scenarii de ces dernières années est la montée en puissance de la Turquie, pour la seconde année consécutive. Avec le Canada, les deux pays producteurs pourraient représenter 70 % des exports mondiaux sur 2024-2025, le Canada revenant en force, après une "petite" année 2023-2024.
Ces échanges mondiaux devraient rester sur des niveaux élevés, autour de 9 Mt, équivalents à 2023. "Il va falloir surveiller la politique 'export' de la Turquie, en particulier l'efficacité des prix planchers, d'autant que la Turquie arrive plus précocement sur les marchés que le Canada. Par ailleurs, il faut bien avoir conscience que la Turquie se positionne désormais comme premier concurrent du Canada, qu'elle a l'opportunité d'arriver avant lui sur les marchés, et qu'elle joue un rôle politique majeur, en tant que plaque tournante du blé russe. Sans présumer de la suite, il n'y a pas de raison que ce que nous observons depuis deux ans change en termes de stratégie à l'export du pays, sauf accident climatique", pointait Clémentine Bourgeois.
Autre interrogation majeure liée cette fois au contexte géopolitique : les conséquences des droits de douane européens sur le blé dur russe et la production ukrainienne.
Seule certitude : compte tenu des rendements constatés en Italie, Maroc et Algérie, les trois pays devraient avoir recours, de façon notable, aux importations, attendues en hausse. Dans ce contexte, le Sud a un atout à jouer, avec des volumes et une qualité remarquables cette année.
Dans ce contexte singulier, il est donc primordial de connaître et d'anticiper son prix d'intérêt - c'est-à-dire son coût de production moins les aides - pour mieux se positionner sur un marché que tous les opérateurs attendent volatil.
Pour rappel également, la prévision du prix moyen 2024 est sujette à variation, en fonction du volume et de la qualité de la récolte française, du volume et de la qualité de la récolte turque et de la stratégie exportatrice mise en place, du volume et de la qualité de la récolte canadienne, de l'évolution des cours du blé tendre, sans oublier l'évolution de la parité euro-dollar.
Compte tenu de tous ces éléments, l'Observatoire national des prix Arvalis et de Prévisions Stratégie grains tablait, en juillet dernier, sur une prévision de prix moyen 2024 située entre 270 et 280 €/t. En janvier 2024, ce prix était de 320 €/t, et de 340 €/t en 2023, tandis que la moyenne 2009-2019 était, elle, à 223 €/t.
ICI
Votre encart
publicitaire !
PPAM
Sénat
MELON

Publiez facilement vos annonces légales dans toute la France.
Grâce à notre réseau de journaux partenaires.
Attestation immédiate, service 24h/24, 7 jours/7

06/06/2023
Chaque semaine, retrouvez toute l'actualité de votre département, des infos techniques et pratiques pour vous accompagner au quotidien...
Découvrez toutes nos formules
Inscrivez-vous GRATUITEMENT à nos newsletters pour ne rien rater de notre actualité !
S'abonner