Chambre d'agriculture
Comme chaque année, le domaine expérimental de la Chambre d'agriculture ouvrait ses portes pour communiquer sur le travail réalisé par les équipes. D'autant plus que Violaine Demaret, la préfète, et Stéphanie Flauto, la nouvelle Draaf, étaient de la partie.
Alexandre Roux, conseiller départemental, Stéphanie Flauto, Draaf, Violaine Demaret, préfète de Vaucluse, Christian Mounier, vice-président du Département à l'agriculture, Georgia Lambertin, présidente de la Chambre d'agriculture de Vaucluse, Christophe Charransol, président du GDA Viticulture, Louis Driey, maire de Piolenc, et André Bernard, président de la Chambre régionale d'agriculture.
© Crédit photo : ML
Jeudi 27 juillet dernier, sur le domaine expérimental de la Chambre d'agriculture de Vaucluse, entre les vignes, sous les panneaux et à l'ombre des arbres, une petite foule de techniciens, vignerons et intéressés se presse. "Comme chaque année, nous ouvrons nos portes pour communiquer sur nos résultats et les essais en cours", explique Christophe Charransol, président du GDA Viticulture, de la fédération départementale de Groupama Méditerranée et lui-même viticulteur.
Comme à l'habitude, il laisse le champ libre aux différents interlocuteurs qui présenteront les essais, sous forme de divers ateliers répartis sur le domaine. Mais avant, il prévient : "Nous avons vécu une année sans pareille, compte tenu de la pression du mildiou. Ne soyez donc pas surpris de voir certaines vignes très atteintes : nous réalisons des essais sur ce point notamment, pour tester l'efficacité des biocontrôles et des cépages résistants, avec des rangs témoins."
Pour cette matinée plus fraîche que l'année dernière - quoique les chapeaux ont tout de même été de rigueur -, des nouveautés font leur apparition auprès des classiques présentations de Sun'Agri ou du bilan climatique de l'année avec le Criiam Sud. Pulvérisation fixe, irrigation précoce ou enterrée, prévention des risques avec la MSA, démonstration d'un pulvérisateur innovant... Pour continuer d'attirer, il faut se renouveler !
Et la technique fonctionne, puisque pour cette matinée portes ouvertes, Violaine Demaret, préfète de Vaucluse, et Stéphanie Flauto, nouvelle directrice régionale de l'alimentation, de l'agriculture et de la forêt (Draaf) depuis janvier, étaient présentes pour découvrir le fonctionnement du domaine et les travaux menés actuellement, en réponse aux enjeux de la viticulture de demain.
L'occasion, pour les représentants des agriculteurs, d'insister sur la nécessité d'aborder le côté technique lors des discussions avec les professionnels. "Le chapeau de toutes ces expérimentations est le changement climatique, doublé des difficultés économiques. Se servir de l'axe technique lors des prochaines réflexions avec les viticulteurs (notamment lors d'une rencontre prévue après les vendanges, ndlr) devrait augmenter les chances d'avoir des pistes sérieuses", insiste Georgia Lambertin, présidente de la Chambre d'agriculture de Vaucluse. Au fur et à mesure des questions posées par la préfète, elle mentionne même le projet de construction d'un local sur le site, afin de participer au bien-être des salariés : "Qu'ils y passent une journée entière ou une demi-journée, ils doivent pouvoir avoir un endroit pour se poser et travailler correctement. Pour se protéger du froid mistral en hiver, ou des fortes chaleurs estivales, manger sereinement, avoir un espace sanitaire... C'est important pour qu'ils aient de bonnes conditions de travail."
Bien sûr, il y a les panneaux photovoltaïques, installés depuis quelques années maintenant. Mais sur le domaine, l'agroécologie et l'irrigation attirent l'œil. Il faut dire qu'avec le climat de ces années, qui se suivent mais ne se ressemblent pas, il faut réfléchir à toutes les solutions possibles. "2023 est effectivement moins chaude que 2022. Mais nous sommes tout de même bien au-dessus de la moyenne, proche de la situation de 2020 et 2017", explique Anne-Marie Martinez, conseillère agrométéo et technicienne irrigation au Criiam Sud.
Une année chaude et sèche donc, contre toute attente, puisque les pluies de juin ont donné l'impression d'une humidité hors norme. "De mi-avril à fin mai, la sécheresse était encore plus importante qu'en 2022 à la même période. Nous avions atteint un nouveau record. Heureusement que les pluies de juin sont arrivées", poursuit-elle. En juillet, la pluie est de nouveau aux abonnés absents, et la contrainte hydrique s'accentue. Avec une répartition des pluies très hétérogènes, il est toujours plus nécessaire de surveiller l'hygrométrie des sols, entre autres avec des sondes capacitives ou une irrigation optimisée grâce un pilotage innovant...
Le GIEE Optim'eau se penche d'ailleurs depuis l'année dernière sur les différentes modalités d'irrigation chez un des membres du groupement, à Séguret. Quatre situations sont observées : pas d'arrosage, irrigation continue pilotée par des sondes, deux heures par jour, tous les jours ou en fractionné. Si les modes d'irrigation quotidiens et fractionnés semblent obtenir les meilleurs résultats quant au poids des baies, les essais n'en sont qu'à leur deuxième campagne. Manon Dublet, l'animatrice et chargée de mission gestion quantitative de l'eau pour la Chambre, rappelle l'importance d'attendre les trois années d'études avant de tirer une véritable conclusion des résultats.
Sur le domaine expérimental, c'est l'irrigation précoce avant floraison1 qui était sous la loupe des techniciens de la Chambre d'agriculture. "On voyait bien qu'il se passait quelque chose avant la floraison, avec les multiplications cellulaires lors des périodes de fortes chaleurs. Nous avons décidé d'envoyer de l'eau sur nos grenaches avant la floraison, puis après pour une irrigation de confort. Puis, nous avons décidé de compléter avec un témoin sec et un autre avec l'irrigation de confort uniquement", détaille Silvère Devèze, conseiller viticulture-œnologie. Un test est également lancé cette année sur l'irrigation enterrée.
"À force d'entendre parler des cépages résistants à la chaleur et avec de bons rendements, en Italie ou en Grèce, nous avons également décidé de lancer un test sur les variétés d'intérêt à fin d'adaptation (Vifa, ndlr) en plus des essais déjà menés sur les cépages résistants", ajoute François Bérud, responsable du pôle 'Viticulture' de la Chambre départementale.
Interpellée par la recherche d'un équilibre sur le domaine expérimental pour trouver des solutions d'avenir, Violaine Demaret reconnaît qu'il y a à Piolenc "de nombreux sujets au cœur des discussions actuelles". Elle propose d'ailleurs de pousser pour la valorisation des travaux au niveau de l'État. "Il faut montrer qu'il existe déjà des solutions qui fonctionnent, parallèlement aux travaux de recherche menés. Nous savons que la profession avance et n'attend pas les dispositifs de crise pour saisir les occasions. Il faut le faire savoir", insiste-t-elle en fin de visite.
Au point de mentionner une potentielle visite du ministre de l'Agriculture et de la Souveraineté alimentaire, Marc Fesneau, pour lui faire découvrir l'importance de ce domaine dédié à la viticulture. Pourquoi pas lors de la reprogrammation de sa visite à Tarascon, qui devait avoir lieu le 24 juillet, mais a finalement été reportée ? Une reconnaissance bienvenue que les professionnels apprécieraient sans nul doute.
Dans un arrêté du 14 juillet 2023, le ministère de l'Agriculture et de la Souveraineté alimentaire a rendu publique la liste des nommés et promus de l'ordre du Mérite agricole. Dans le Vaucluse, sont ainsi distingués :
Au grade d'Officier :
Au grade de Chevalier :
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