Santé
Le dioxyde de carbone est un gaz insidieux qui mérite toute l'attention des opérateurs. Claude Rozet, conseiller en prévention des risques professionnels à la MSA Alpes-Vaucluse, rappelle les conditions de prévention optimales pour les vignerons et leurs équipes, à mettre en place lors des vinifications.
Concernant le CO2, trois actions sont à mettre en œuvre pour travailler en toute sécurité dans le chai.
© Crédit photo : ML
Lors des vinifications, le sucre contenu dans le raisin se transforme en alcool sous l'effet des levures, entraînant un dégagement important de CO2. Ce dioxyde de carbone a des effets néfastes sur la santé - maux de tête, irritation de la peau, des muqueuses, des voies respiratoires, du système nerveux - pouvant, dans certains cas, être mortels.
Le CO2, qui s'échappe des cuves, forme un disque de 2-3 cm d'épaisseur au-dessus de la cuve, puis s'écoule le long de celle-ci se concentrant dans la partie basse du chai et se diluant dans l'air ambiant, augmentant ainsi le taux de CO2 dans l'air respiré par les opérateurs. "Dans des cas extrêmes, notamment à l'ouverture des caves le matin, ce phénomène peut être responsable d'accidents mortels comme lors des interventions en cuve", rappelle Claude Rozet, conseiller en prévention des risques professionnels à la MSA Alpes-Vaucluse.
Trois actions sont à mettre en œuvre pour travailler en toute sécurité dans le chai.
En captant le CO2 à la source, en haut des cuves en fermentation, il est possible de l'évacuer en utilisant sa propriété à s'écouler naturellement. Le captage à la source nécessite de réaliser un départ le plus haut possible sur la cuve, pour y connecter un tuyau souple que l'on relie à des tuyaux fixes qui amènent le CO2 directement à l'extérieur du chai. Lors de la construction d'un chai ou de son agrandissement, il est important de prévoir avec les fabricants de cuverie des départs pour y fixer les canalisations d'évacuation.
Le captage à la source permet de supprimer le CO2 dans la cave, et d'assurer une exposition des opérateurs inférieure à la valeur limite d'exposition professionnelle (VLEP qui est de 0,5 % de CO2 dans l'air).
Attention : il faut continuer de prendre des précautions avant d'entrer dans une cuve et bien respecter le protocole d'intervention prévu pour ce type d'activité.
Lorsque le taux dans la cuve est supérieur à la VLEP de 0,5 % de CO2 en volume d'air, il est nécessaire d'utiliser un ventilateur pour extraire le gaz. Le type de ventilateur, centrifuge ou hélicoïdal, doit être choisi en fonction de la cuve. Un variateur peut être très utile, afin de régler la puissance du ventilateur, et ainsi éviter que de l'air à 20 mètres/se- conde n'arrive dessus l'opérateur, alors qu'il transpire.
La rédaction d'un protocole d'intervention en cuve définissant les modalités des différentes étapes de l'intervention - donnant l'autorisation à la personne de descendre dans la cuve, comment cette personne est équipée, qui met en place le ventilateur, combien de temps à l'avance, est-ce que la ventilation est maintenue pendant le travail... - est obligatoire.
"Nous recommandons aussi de ventiler mécaniquement avant et pendant l'opération, d'être équipé d'un détecteur pendant toute la durée de l'opération, et, si possible, réaliser l'opération à deux avec un opérateur et un surveillant", pointe Claude Rozet.
Indispensable, le détecteur (fixe et/ou mobile) à cellule infrarouge permet de signaler une trop forte concentration de CO2 car, rappelons-le, le CO2 est un gaz inodore, ce que l'on sent en entrant dans le chai ce sont les molécules aromatiques de la fermentation. Le détecteur est employé avant d'entrer dans le chai, durant le travail et avant d'entrer à l'intérieur d'une cuve.
Les détecteurs fixes peuvent être connectés à la ventilation générale d'un chai, afin de la déclencher dès qu'un seuil de concentration prédéfini est atteint.
En enlevant le CO2 de la cave et en ayant des protocoles d'intervention en cuve bien cadrés et rigoureusement suivis, on pourrait parvenir à supprimer tous les accidents mortels en cave. Dans tous les cas, la MSA Alpes- Vaucluse a développé un site et une application (lire ci-dessus) - http://msa-vinification.fr/- sans oublier les équipes du'Service de prévention des risques' qui se tient à la disposition de tout agriculteur s'interrogeant sur ses pratiques : prp.grprec@alpesvaucluse.msa.fr.
POUR ÊTRE précis
La MSA Alpes-Vaucluse a développé le site et l'application msa-vinification.fr qui permettent, grâce à un calculateur gratuit, de réaliser le suivi des vinifications et de quantifier le CO2 émis par cuve et pour l'ensemble de la cuverie. En renseignant quotidiennement les densités des moûts de chaque cuve, leurs températures et les actions effectuées dessus, cette application permet d'éditer des courbes de production de CO2 par cuve, sans complément d'information.
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