viticulture
Fin juin, les vignobles gardois et vauclusien étaient en émoi, en raison d'une forte contamination au mildiou constatée sur des cépages résistants, pour laquelle Inrae et l'IFV donnaient l'alerte. Pour contextualiser ces observations, les Chambres d'agriculture de l'arc méditerranéen ont déclenché une vaste campagne d'observations sur leur territoire. Objectif : être factuel.
"Les parcelles les plus atteintes se trouvent dans des situations très vigoureuses et des bas-fonds humides, avec une pression de mildiou très forte", explique le communiqué diffusé mardi soir par les Chambres d'agriculture de l'arc méditérranéen.
© Crédit photo : ML
Des symptômes élevés de mildiou sur des variétés résistantes identifiés dans le Gard et le Vaucluse avaient donné lieu à la diffusion d'une information d'alerte, émanant de l'Institut français de la vigne et du vin et de Inrae fin juin. Vraie crainte sur la pérennité de ces nouvelles variétés ou cas ponctuels ? Pour en avoir le cœur net, les Chambres d'agriculture de l'arc méditerranéen ont déclenché ces dernières semaines une vaste campagne d'observations sur leur territoire, afin de récolter des renseignements sur les parcelles de leur réseau. "Nous avons voulu connaître la réalité technique et factuelle", explique François Berud, chef de service 'Vigne et Vin' de la Chambre d'agriculture de Vaucluse. Car "depuis que des dégâts importants de mildiou ont été découverts sur des parcelles de variétés résistantes dans la Vallée du Rhône, les vignerons se posent beaucoup de questions et de nombreuses 'fausses informations' circulent dans les vignobles", note le réseau des Chambres dans son communiqué diffusé mardi soir.
Concrètement, 155 parcelles ont ainsi été observées dans 8 départements1, toutes plantées en variétés résistantes au mildiou - 32 variétés différentes - dans des zones avec des pressions de maladies très diverses.
Ce bilan d'observation a été diffusé en date du 12 juillet. "Il est important de souligner que, même si le nombre d'observations est conséquent, il n'a pas la prétention de dresser un bilan exhaustif. De plus, les variétés ne sont pas toutes implantées sur des parcelles soumises à des pressions fortes : une interprétation trop rapide de ces résultats amènerait à de grossières erreurs", précisent les Chambres.
Ainsi, sur 155 parcelles observées, 9 présentent des dégâts notables sur grappes et seulement 6 avec des pertes de récoltes sensibles (supérieures ou égales à 30 %). Ces parcelles sont constituées de :
"Les parcelles les plus atteintes se trouvent dans des situations très vigoureuses et des bas-fonds humides, avec une pression de mildiou très forte" complète le communiqué des Chambres d'agriculture de l'arc méditerranéen, qui rappellent par ailleurs le contexte particulier de l'année, avec des cumuls de pluies importants ces derniers mois. "Cette année, la pression est exceptionnelle sur ces secteurs", et même "jamais vue de mémoire de vigneron".
En attendant les résultats des prélèvements envoyés à Inrae, ces cas apparaissent donc, en l'état actuel des données, plus particuliers qu'à généraliser à l'ensemble des cépages résistants sur lesquels, dans tous les cas, la recherche a toujours dit que les résistances étaient de facto partielles et nécessitaient un protocole de protection à deux traitements, en encadrement de la floraison.
S'il est donc légitime de se demander s'il s'agit d'un "contournement de résistance ou d'un simple débordement lié à la pression de la maladie", les Chambres signataires tempèrent : "La question reste en suspens, et Inrae pourra nous renseigner grâce aux prélèvements envoyés. D'autres observations intéressantes sur des degrés de sporulation par exemple ont aussi été répertoriées. Pour l'heure, et par mesure de prévention, un traitement de plus a été conseillé sur les parcelles de variétés résistantes dans les zones à forte pression, en plus des deux habituels", conclut le communiqué.
Ainsi, "ces données factuelles ont un intérêt majeur : elles ne remettent pas en cause l'intérêt de ces cépages résistants", résume François Berud, à condition de bien suivre le protocole de protection qui a toujours accompagné les conseils d'utilisation donnés ces dernières années.
Dans le Var, la présence du mildiou reste minime. "Comme le prévoit le protocole, avec deux traitements encadrant la floraison, les cépages résistants tiennent", précise Éric Paul, élu à la Chambre départementale et co-président de la commission'Viti'.
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06/06/2023
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