Bruno Bouche, le nouveau président de JA Vaucluse, représentera le département lors du 50e congrès national qui se tient les 31 mai, 1er et 2 juin prochains à Mâcon. ©C.Z.
S’engager. Porter des combats pour des collègues, prendre sur son temps quitte parfois à trop en faire et mettre en péril sa propre structure. L’engagement, qu’il soit en agriculture ou ailleurs, est d’abord un état d’esprit. Avec la génération Y adepte des réseaux sociaux, de l’instantané et du zapping, on pourrait croire que s’engager est d’un autre temps. Bruno Bouche1, le nouveau président de JA Vaucluse, comme ses prédécesseurs est pourtant de cette trempe. « Forcément, avoir vu mon père et avant lui, mon grand-père, défendre l’agriculture vauclusienne, ça a eu un impact sur moi. Maintenant, je n’ai pas non plus un caractère à attendre que les choses se passent. »
Installé en 2013, président de son canton d’Orange-Est en 2015, Bruno Bouche est président de JA Vaucluse depuis début mai. Mais le jeune vigneron annonce vouloir avec calme dans le costume. « En conseil d’administration, que ce soit à la cave (il est administrateur de la cave de Sérignan, ndlr) mais aussi maintenant à JA, j’écoute d’abord. Je prends les avis, mais j’envoie aussi un message sur ce que je pense de la problématique posée. Après, je cherche aussi à porter un message représentant la majorité du groupe décisionnaire. Mais avec un fil rouge : améliorer la structure. »
Alors quand on l’interroge sur cet apparent manque d’engagement des jeunes dans les instances agricoles, il reste prend le temps puis répond : « Il faut aussi vouloir le faire. Après que l’on soit jeune ou pas, la crédibilité que l’on peut porter, c’est d’abord de savoir ce que l’on dit, ensuite de savoir où l’on veut aller. La jeunesse n’a rien à voir là-dedans. Et enfin, il faut être droit dans ses bottes : à hésiter, on perd sa crédibilité. » Pour autant, loin de lui l’idée de faire un putsch : « On a besoin de l’expérience de tous. Ecouter, voir ce qui a été fait, reprendre le problème avec une autre approche… c’est un peu ce que je souhaite réaliser pendant mon mandat », note-t-il.
« On m’a demandé de réfléchir. ».
Il n’était pourtant pas attendu si tôt au conseil d’administration de JA Vaucluse. Président du canton d’Orange-est depuis début 2015, il s’était dit « intéressé » à entrer au conseil d’administration de JA Vaucluse après les discussions nées de la décision de Geoffrey Canto de ne pas se représenter. « Après l’AG, j’ai vu qu’on me prêtait les épaules pour prendre sa suite. À vrai dire, je ne m’étais pas posé la question. On m’a demandé d’y réfléchir, ce que j’ai fait, posément. » Il prend le temps, discute avec ses proches. « J’ai dit oui, en mettant une condition : ne pas être le président commis d’office qui manage tout, tout seul. Je ne connais rien des autres filières agricoles du département autre que la viticulture. »
Il se monte donc autour de lui une équipe, avec des responsables filières. « Maintenant, je ne souhaite pas ne pas savoir et prendre le risque de faire passer la structure pour ridicule. Et surtout, j’arrive dans quelque chose de totalement nouveau. » Dans les prochaines semaines, il va donc travailler avec ses collègues des filières élevage, arboriculture, maraîchage, plantes à parfum… pour créer des automatismes et faire ainsi remonter, « et descendre », naturellement les informations « en temps réel, pour réagir au mieux dans l’intérêt de la structure ».
Pour lui, au-delà des thématiques qu’il souhaite défendre au cours de son mandat, être jeune syndicaliste veut d’abord dire « être un groupe soudé : s’il y en a un qui tombe, tout le monde doit faire bloc. Et cette cohésion doit à mes yeux se faire à tous les niveaux, chez les JA ou ailleurs : car les crises à répétition montrent bien que la roue tourne pour chacun, et dans les deux sens. Le bateau, c’est d’abord l’agriculture. Il faut être groupé, ensemble, avancer et rebondir, réagir avant que ne soient votés les textes de loi qui pénaliseront l’agriculture ».
Trois dossiers en ligne de mire.
Quant à son projet, il est encore en train de mûrir. « On va le construire avec le conseil d’administration et le bureau. Maintenant, on est déjà tous d’accord sur trois grands axes : l’installation évidemment, réapprendre aux consommateurs à consommer local et de saison, et travailler sur ce lourd dossier qu’est la baisse des charges administratives. »
Plus localement, il souhaite également porter avec ses collègues un dossier très local. « J’aimerais faire en sorte, avec la DDT et la préfecture, que les jeunes puissent faire leur maison sur leurs terres. Pourquoi pas mettre au point une charte avec ces deux structures, une charte établissant les règles et devoir pour que l’on puisse s’installer, vivre, être sur son exploitation pour surveiller et développer son outil de travail ? Ce n’est pas gagné, car il y a eu par le passé des abus. Mais cela serait une réelle fierté si ce projet de charte aboutissait », conclut le président de JA Vaucluse qui sera bien évidemment présent au 50e congrès Jeunes Agriculteurs qui se tient les 31 mai, 1er et 2 juin à Mâcon.
Céline Zambujo
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