Plusieurs témoignages croisés entre distributeurs et coopératives ont démontré la force des actions collectives ou bilatérales de partage de valeur comme la contractualisation ou la vente directe auprès de la distribution locale. (©M.S.)
L’identification des perspectives sur les tendances de consommation, qui mettent en avant l’approvisionnement local, la traçabilité et la qualité, a permis lors de cette rencontre de faire le lien avec les spécificités du modèle coopératif, ses atouts économiques, son offre régionale, et le réseau de distribution local, dont les formats évoluent, ainsi que les attentes produits et services logistiques. Plusieurs témoignages croisés entre distributeurs et coopératives ont démontré la force des actions collectives ou bilatérales de partage de valeur comme la contractualisation, la vente directe auprès de la distribution locale, la reconnaissance et valorisation des actions RSE, la mise en avant des produits coopératifs en rayon.
Avec la signature d’un accord en septembre dernier, Coop de France et la FCD ont décidé d’ouvrir quatre chantiers : renouveler la relation commerciale, rechercher toutes les synergies permettant d’améliorer la compétitivité des entreprises, déployer le développement durable, et mobiliser les réseaux locaux. Concrètement, des groupes de travail, composés de cadres des entreprises adhérentes à Coop de France et à la FCD, se réuniront tous les mois. Un point d’étape sera fait à l’automne 2016. Mais c’est surtout un état d’esprit que les deux dirigeants veulent faire évoluer. « Le marché est tiré par les produits des PME, par les produits santé (bio, sans gluten….), et le local : +7% sur un marché qui progresse globalement peu », explique Jacques Creyssel, DG de la FCD. « Les consommateurs semblent moins intéressés par le « made in France » que par le « made in local ». »
Virginie Grimault, directrice de l’Action Territoriale FCD, explique les freins qui peuvent limiter l’approvisionnement en produits locaux dans les enseignes : « La décentralisation du référencement peut être très difficile à mettre en place ». Les enseignes sont en recherche de produits incarnés, de marques locales reconnues qui permettent d’alléger la pression des prix lors des négociations. « Le surcoût de gestion des stocks et de la logistique ne pourra être justifié que par l’attractivité du produit. » L’organisation est différente selon les enseignes. Au-delà de l’organisation d’un circuit de livraison approprié, il faut aussi penser à l’accueil personnalisé nécessaire au magasin.
Une organisation logistique à revoir.
En termes de RSE (Responsabilité sociétale des entreprises), « les consommateurs sont de plus en plus informés, mais nous devons encore plus travailler pour que cela redescende jusqu’au consommateur », souligne Patrice Poulain, directeur régional hyper Carrefour. « Nous sommes en train de retisser le schéma régional de nos plateformes, qui sont de plus en plus multiformats, pour réduire les frais de transport. » Christian Mounier, président de la commission agricole du Conseil départemental, reconnait que la filière fruits et légumes manque d’organisation et, qu’aujourd’hui, la pyramide des âges agricole est inquiétante. « Il faut ramener des jeunes, mais pour que les agriculteurs aient un avenir, ils doivent vivre de leurs produits, et il ne manque pas grand-chose. » L’appel est lancé auprès des enseignes de la distribution. « Les choses doivent changer, cela passe probablement par plus de contractualisation ». Mais il appelle aussi les enseignes à jouer le jeu, et au moins à ne pas faire de promotion à l’extérieur du magasin sur des produits étrangers en pleine saison de production. « Nous reprenons la main dans les magasins pour développer l’approvisionnement local, laissez-nous le temps de nous organiser », commente Véronique Lautier, responsable sourcing à Auchan la Seyne-sur-mer (83).
Des opérations se mettent en place notamment avec Carrefour au niveau national. Rachel Blumel, directrice du département alimentaire de Coop de France, et Guillaume Georgeon, acheteur vins chez Carrefour, détaillent l’opération mise en place du 8 au 14 mars avec l’enseigne pour mettre en avant des vins coopératifs, sans axer sur le levier prix, et sortir de la spirale promotionnelle. « Nous avons voulu montrer que les coopérateurs avaient un vrai savoir-faire, et ne produisaient pas que des vins d’entrée de gamme », explique Guillaume Georgeon. « Alors que le prix de vente moyen en raison est de 3 euros, sur cette double page présentant 12 vins, nous avions une moyenne de prix de vente à 6,50 euros. » Coop de France n’est pas intervenu sur le choix des caves, elle a juste demandé : que les caves aient participé à la campagne de promotion nationale, que l’offre représente tous les vignobles français, et qu’il n’y ait ni lot, ni promotion. Les résultats de l’opération, qui n’ont pas encore été diffusés, semblent pour l’instant plutôt positifs.
Magali Sagnes
ICI
Votre encart
publicitaire !
MALADIES DU BOIS

Publiez facilement vos annonces légales dans toute la France.
Grâce à notre réseau de journaux partenaires.
Attestation immédiate, service 24h/24, 7 jours/7

06/06/2023
Chaque semaine, retrouvez toute l'actualité de votre département, des infos techniques et pratiques pour vous accompagner au quotidien...
Découvrez toutes nos formules
Inscrivez-vous GRATUITEMENT à nos newsletters pour ne rien rater de notre actualité !
S'abonner