« L’effarouchement est une méthode finalement peu pratiquée en France, davantage en Espagne ou au Portugal, notamment sur les cultures bio », explique Henri Picot, fauconnier
« L’effarouchement est une méthode qui existe depuis plusieurs années, bien qu’elle soit peu connue. On travaille principalement dans des entrepôts, pour les villes ou les structures agroalimentaires, comme Perrier à Vergèze dans le Gard par exemple. Notre but avec ces rapaces c’est d’abord d’éloigner les populations de nuisibles que rien n’effraie plus aujourd’hui, et qui sont parfois protégées, ce qui complique la lutte. On peut intervenir sur toutes espèces. Idéalement, il faut intervenir deux fois, le matin et le soir, pour inscrire dans le mental des nuisibles la présence de prédateurs. Naturellement, la buse n’attaquera pas les corneilles, ce serait même plutôt l’inverse. Mais mes oiseaux ont été dressés et le résultat est que les corneilles fuient et quittent la zone de production. »
Déplacer les populations.
Deux méthodes de dressage sont possibles : soit prendre les poussins à 15 jours, « ce qui entraîne une imprégnation précoce à l’humain », soit commencer à les dresser à 3 mois. « Cette dernière méthode est celle que je pratique, car je tiens à préserver le caractère sauvage des rapaces », note Henri Picot. Pour l’éleveur, il est essentiel que ces oiseaux restent des rapaces pour attaquer les nuisibles. « L’objectif n’est pas forcément de tuer les corneilles, pie et autres pigeons. En production agricole, il faut d’abord dégager le phénomène ailleurs et les faire sortir des parcelles. Le fait d’introduire un rapace crée une appréhension innée chez ces oiseaux entraînant un déplacement des populations très rapide. »
Pour les espèces protégées comme le choucas des tours, la technique reste possible, à condition d’avoir fait les démarches administratives d’autorisation d’effarouchement auprès de la DDTE (direction départementale du travail et de l’emploi) et de la Dreal (Direction Régionale Environnement Aménagement Logement). « Idéalement, je vous conseille de faire ces démarches en début d’année pour avoir les autorisations au moment de la récolte ou des dégâts », note Henri Picot qui poursuit : « Le pigeon est le plus coriace. Il faut souvent faire des prélèvements à l’aide de cages. La corneille et le choucas ne reviennent pas instinctivement une fois qu’elles ont été au contact de rapace. »
Le fauconnier est déjà intervenu chez deux arboriculteurs du GRCeta avec des résultats très intéressants puisque les populations ont migré et n’ont plus détruit les récoltes de pommes.
Céline Zambujo
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06/06/2023
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