Deux femmes charismatiques, chacune dans son domaine : l’auteur-interprète, Trinidad Garcia et la viticultrice Brigitte Noël, en marge du Festival d’Avignon. (© M.S.)
L’ambiance est détendue. Un seul homme dans la salle, qui ne se laisse pas impressionner : « Mais l’homme est une femme comme les autres... ». Le ton est donné, pour un peu moins d’une heure d’échanges, avant la reprise pour les comédiennes. La fatigue se fait sentir : tous les jours à 12h20 depuis le début du festival, elles jouent : « Et pendant ce temps, Simone veille ! ».
« Toute époque a ses modèles », lance Trinidad Garcia, auteur de la pièce. « La mienne a eu des personnalités fortes comme Simone Veil… Aujourd’hui, quels sont les modèles des jeunes filles ? Nabila ? » Si les années 90 ont connu le déferlement des top models, pourquoi ne pas offrir à notre décennie : des ‘Modèles au Top’. « Tout au long de ma vie j’ai rencontré, lu, découvert des femmes extraordinaires, au parcours atypique, au courage certain, et avec la volonté de changer et de dépasser les chemins tracés pour elles. Souvent anonymes, parfois connues, mais pas suffisamment pour devenir des figures emblématiques. » Tel est le fil conducteur qui mène Trinidad Garcia pour choisir les intervenantes de ses rencontres ‘Modèles au Top’, organisées durant tout le festival, une fois par semaine.
De la volonté et de l’huile de coude.
Mercredi 27 juillet, c’est une viticultrice qui s’est prêtée à l’exercice. Brigitte Noël, du Domaine Château Noël Saint Laurent, fut la présidente des Compagnons des Côtes du Rhône. Cette viticultrice n’était pas issue du milieu agricole. C’est son mari qui a voulu créer une cave. Elle se forme à Suze-la-Rousse. Il part dans les vignes, elle file à la cave, et n’hésite pas à se salir les manches : rentre dans les cuves… et fais tout ce qu’un caviste ou un ouvrier de chai ferait. « C’est sûr, là où un homme mettrait peut-être deux heures, j’en mettrais trois, mais je n’ai jamais renoncé : de la volonté et de l’huile de coude. Et parfois, c’est pratique d’avoir un petit gabarit pour se glisser dans une cuve… » Comment diriger et se faire respecter par une équipe d’ouvrier ? « Il n’y a pas eu de problème, parce que ce qu’ils faisaient, je l’avais fait mois aussi. »
Elle rencontre en revanche les mêmes difficultés qu’un néophyte, homme ou femme, qui s’installe en agriculture. « Des erreurs, j’en ai fait. Mais on apprend énormément de ses erreurs. Les débuts étaient difficiles… Je rêvais que les cuves débordaient… et elles ont débordé… », narre-t-elle aujourd’hui avec humour. Mais elle n’a pas lâché, dans un monde qui était pourtant presqu’exclusivement masculin lorsqu’elle s’est installée : « On m’attendait au tournant ».
Elle raconte ensuite cette période, presque hors du temps, des vendanges. « La vendange, c’est ton festival d’Avignon à toi », illustre très justement Trinidad, avant de lui demander : « C’est quoi un vin de femme ? ». « Je ne sais pas. Un vin, c’est avant tout l’expression d’une personnalité ». C’est une analyse partagée par de grands œnologues, comme le regretté, Denis Dubourdieu, récemment décédé : « L’intérêt de maîtriser une technique, c’est qu’elle permet d’exprimer un sentiment ».
Magali Sagnes
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06/06/2023
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