Pertuis
À 40 ans passé, Julien Lovy, qui travaillait en cave depuis vingt bonnes années, a décidé de lancer son propre projet maraîcher. Pour sécuriser cette création, il a rejoint l'Espace Test Agricole de Pertuis. Avec succès, puisqu'il s'apprête à s'immatriculer.
A 40 ans, Julien Lovy a quitté la fraicheur des caves pour la chaleur des serres.
© Crédit photo : PN
Situé à quelques kilomètres, à l'écart de la zone commerciale de Pertuis, la couveuse agricole est installée sur 4,5 hectares, comprenant un hectare de serre, le reste en plein champ. C'est là que, pour quelques mois encore, l'on peut trouver Julien Lovy - tout du moins quand il n'est pas occupé à la commercialisation de ses fruits et légumes.
Son allure de hipster souriant ne doit pas vous tromper : âgé de 42 ans, ce jeune papa a déjà une sérieuse expérience agricole. Mais pas dans le domaine du maraîchage.
Les grands-parents de Julien étaient agriculteurs, ses parents restaurateurs. Une double filiation qui l'emmène vers le monde du vin : après un bac au lycée agricole de Valabre, à Gardanne, il poursuit ses études avec un BTS viticulture œnologie au lycée agricole de l'Oisellerie. "Très logiquement, j'ai ensuite commencé à bosser en cave, d'abord à Rousset dans les Bouches-du-Rhône, puis à côté de Narbonne, à la Cave de Gruissan, en tant que chef de cave." En 2019, il part au Domaine Lafage à Perpignan, un grand domaine de 450 hectares. "Beaucoup d'administratif et de gestion du personnel, quasiment plus dans les terres : c'est clair, ça ne m'intéressait pas du tout." Il part donc une année plus tard pour rejoindre le Domaine Bagrau, un petit domaine familial. Et là, arrive la Covid19, que Julien contracte rapidement. "Et comme certains, j'y ai laissé une partie de mon odorat, ce qui m'a peu à peu ôté une bonne partie du plaisir de mon métier de technicien de la cave." Dans le même temps, il s'intéresse de plus en plus aux questions environnementales, remettant du coup en question un certain nombre de ses pratiques.
C'est dans les petites annonces de la presse agricole, au printemps 2021, qu'il découvre l'offre de la couveuse agricole de Pertuis, portée par la métropole Aix-Marseille-Provence, et pilotée par l'association Cosens. La Chambre d'agriculture de Vaucluse, elle, assure le suivi des projets agricoles. Il postule, avec un projet d'exploitation maraîchère 100 % bio. Son projet est retenu, et il démarre en janvier 2022. "Ça a vraiment été une année test pour moi, car au même moment nous avons appris, ma compagne et moi, que nous allions bientôt être parents."
Aujourd'hui, Julien cultive ses fruits et légumes sous deux mille mètres carrés couverts, une partie sous l'une des chapelles de la grande serre, l'autre sous une serre-tunnel, et sur presque un demi-hectare de plein champ. "Je suis en maraîchage diversifié", explique-t-il. "Je ne cultive que des légumes de saisons. En fruit, nous produisons de la fraise au printemps, puis du melon et de la pastèque. Cette année, nous allons essayer les physalis, notamment pour la restauration." Il vend toute sa production directement, sur le marché de Cucuron, son village. "C'est un marché très typé provençal, avec son étang en plein village. Puis, comme la couveuse est à Pertuis, il m'a semblé logique d'être aussi présent sur le marché de cette commune, le vendredi matin. Enfin, on travaille avec quelques restaurateurs, situés dans un rayon de quelques kilomètres pour rester cohérent avec la dimension environnementale de mon projet."
La couveuse de Pertuis n'est pas un Espace Test Agricole pour rien : "Effectivement, on teste des choses, comme pour nos concombres, dont la variété a été multipliée dans le Luberon, à partir de graines venues du Liban et acclimatée depuis une dizaine d'années".
Au sein de la couveuse, la solidarité et l'entraide ne sont pas un vain mot. "Bien sûr, on se donne des coups de mains les uns les autres en cas de 'coup de bourre', mais c'est aussi précieux de trouver, regroupés dans un même lieu, des métiers complémentaires. Ainsi, j'achète tous mes plants maraîchers à Jérémy Burles, qui est pépiniériste bio ici même."
Julien Lovy, alors qu'il se dirige vers la fin de ses trois ans de phase de lancement au sein de la couveuse, est vraiment satisfait d'avoir fait ce choix de développement. "La structure de l'Espace Test Agricole, et de la couveuse, c'est hyper-intéressant pour lancer un projet, notamment maraîcher. La plus grande difficulté dans ce métier, c'est de trouver des débouchés pour ses produits, des modes de commercialisation. Or, ici, comme le foncier est déjà en place, on peut se consacrer pleinement à cette recherche. Donc, en 2022, j'ai fait une demi-année de production seulement, le reste du temps étant consacré à cette question." Il a ensuite renouvelé son bail avec la couveuse pour une seconde année, parvient à embaucher durant une dizaine d'heures par semaine quelqu'un pour le seconder. Et en 2024, c'est sa compagne qui l'a rejoint sur le projet.
En fin d'année 2024, Julien va sortir du statut propre aux 'couvés' pour s'immatriculer, et obtenir un statut agricole classique. "Nous avons plusieurs projets, dans le Luberon, avec des opportunités d'installation, maintenant c'est un autre chantier qui commence. Trouver le foncier n'est pas trop difficile : ce qui est compliqué, c'est d'obtenir les autorisations pour accéder à l'eau, pouvoir construire un bâtiment agricole... Mais grâce à la couveuse, nous générons des revenus qui nous permettent de vivre à deux de notre travail." La"fusée couveuse" a lancé le projet de Julien, à lui maintenant de trouver sa place sur orbite !
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06/06/2023
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