TÉMOIGNAGE diversification (Bouches-du-Rhône)
Producteur de poires sur Sénas et Orgon depuis 17 ans, Cyril Devoux a choisi de se diversifier il y a six ans en plantant de la grenade. L'arboriculteur ne regrette pas l'intégration de cette espèce émergente dans ses vergers.
Avec la grenade, l'éclatement est le problème majeur. L'espèce émergente dévoile son lot d'inconnues techniques aux producteurs qui la découvrent, comme Cyril Devoux.
© Crédit photo : CD
Sur Sénas, Cyril Devoux produit en moyenne 900 tonnes de poires et 250 t de pommes. La diversification de sa production avec une autre espèce fruitière est venue d'une réflexion récente sur son exploitation.
À la recherche d'un fruit adapté au contexte climatique et à la demande du marché, l'arboriculteur a opté pour le grenadier en 2018.
Il en plante d'abord 2,5 ha, puis 1 ha supplémentaire en 2021.
Le grenadier est rustique et n'a pas besoin de beaucoup d'eau. La conduite de l'espèce n'est pas très compliquée et les cortèges de bioagresseurs sont encore peu présents dans nos conditions.
L'éclatement est le problème majeur et sa gestion exige un pilotage précis de l'irrigation. Mais l'espèce émergente dévoile aussi son lot d'inconnues techniques aux producteurs qui la découvrent.
L'année dernière était sa première récolte importante. Tout s'est bien passé. Le seul bémol a concerné les rendements obtenus avec la dernière variété qu'il a plantée en 2021, la variété Acco.
"Elle craint une maladie qui est liée à l'humidité et contre laquelle je n'avais pas effectué de traitement. Une fois sorties du frigo, les grenades avaient développé un chancre ce qui a engendré pas mal de déchets. Cette année j'ai rectifié ma stratégie, en traitant avec du cuivre pour ne pas être impacté", rapporte l'arboriculteur, conscient des marges de progrès sur cette nouvelle espèce. En matière de rendement, l'arboriculteur essaye de se rapprocher des 10 tonnes à l'hectare.
"C'est l'objectif, mais nous n'y sommes pas encore arrivés. Certes les jeunes vergers plantés en 2021 ont fait baisser la moyenne mais l'an passé nous étions plus proches des cinq tonnes par hectare", commente le producteur de Sénas.
Dans sa diversification, Cyril Devoux s'est aussi rapproché d'autres agriculteurs qui, comme lui, se sont orientés sur la grenade pour valoriser ce fruit oublié. Les débouchés potentiels sont importants autour de cette production, d'autant plus si elle est estampillée d'origine française.
Pour la commercialisation de ses fruits, Cyril Devoux mise avant tout sur "le fruit de bouche, plus rémunérateur que les jus dont les coûts de fabrication sont aussi importants", rapporte l'arboriculteur.
Après un GIEE piloté par Bio de Provence, c'est un syndicat de producteurs - qui rassemble depuis l'an dernier les producteurs - qui mobilise les connaissances techniques autour de la production et de la commercialisation. Cyril réfléchit d'ailleurs avec ses confrères à la possibilité de développer de nouveaux débouchés autour des co-produits de la grenade. "Cette année, les rendements devraient s'améliorer par rapport à l'an passé. Mais à date égale, le calibre de ses grenades est un peu inférieur", observe-t-il. La récolte pourrait aussi être moins précoce.
Si les résultats sur la grenade sont satisfaisants, l'arboriculteur - qui exploite aussi un verger de 22 ha de poiriers et de 4 ha de pommiers -, pourrait encore planter de la grenade dans le futur et étendre ses parcelles.
C'est aussi le développement de ses débouchés qui conditionnera ses décisions.
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06/06/2023
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