Bouches-du-Rhône, Vaucluse 15/07/2022
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premiers Échos de la moisson

Coup de chaud sur les épis

Dans le département, chose inédite, les moissons sont

déjà presque quasi terminées. Il a fallu rentrer vite

des céréales dont la maturité évoluait si rapidement

que les cultures se télescopaient, obligeant les céréaliers à faire des choix drastiques. Quant aux prochains semis, nul ne sait trop comment ils se dérouleront, alors que les sols craquent sous la sécheresse et que les cours des matières premières, engrais en premier lieu, s'envolent.

Les débuts étaient prometteurs. Mais, depuis janvier, les inquiétudes étaient croissantes et la sécheresse a mis a mal les espoirs des céréaliers cette année. La moisson est attendue en baisse de 25 à 30 %.

© Crédit photo : ML

Pour les adhérents de la Coopérative agricole Provence-Languedoc (CAPL), la campagne partait bien, semis et surfaces étant en augmentation. À l'automne, l'optimisme se renforçait même, avec des champs poussant et de belle tenue. Mais c'était sans compter la sécheresse accrue qui s'est jointe à la partie, en janvier, et n'a depuis cessé de s'accentuer. "À la différence de 2021 - année très impactée par le gel sur certains secteurs localisés - l'impact sera finalement plus important en 2022 avec la sécheresse qui est véritablement généralisée dans tous les bassins de production", explique Geoffrey Marchand, responsable de marché 'Semences' et de l'appui technique sur la collecte du groupe coopératif agricole. "Ce sont les fortes chaleurs de mai qui nous achèvent", résume-t-il, plutôt amer. La qualité et les rendements semblent de fait assez hétérogènes, mais la CAPL privilégie la prudence et attend la remontée des chiffres officiels. Une chose est sûre : "On a perdu entre 20 et 25 % à cause de cette chaleur !"

Point spécifique également lié à la sécheresse : l'avance d'une dizaine de jours de la collecte. Au 7 juillet, les adhérents de la CAPL étaient déjà à presque 90 % de la collecte, qu'ils imaginaient terminée au début de cette semaine. Une collecte qui n'a, en plus, facilité la vie à personne, puisque les rentrées des différentes céréales se sont télescopées. "D'habitude, on commence par l'orge et le blé suit. Mais cette année, la récolte a été assez mélangée", dévoile le responsable. Choix à faire au sein même des parcelles pour les producteurs, difficultés à tout rentrer en même temps, car pas d'étalement de la moisson comparativement aux années précédentes... S'il estime que tous s'en sont finalement bien sortis, la récolte 2022 restera sans nul doute dans les mémoires.

Sitôt la moisson terminée se pose déjà la question de l'implantation à la prochaine saison. "Avec le prix des intrants, certains se posent même la question de semer ou non", s'inquiète Geoffrey Marchand. Dans un contexte économique global tendu, nombreux sont les agriculteurs interrogatifs. "Il y en a qui se demandent s'il ne vaudrait même pas mieux planter autre chose et privilégier les productions plus valorisables", ajoute-t-il. La prochaine campagne sera donc à surveiller de très près.

25 à 30 % de pertes attendues

Dans les Alpes-de-Haute-Provence et les cantons limitrophes des Bouches-du-Rhône, du Vaucluse et du Var, tout comme les secteurs plus au nord des Hautes-Alpes couverts par l'Union Duransia - regroupement de GPS et de la coopérative Alpesud -, les blés durs étaient mûrs beaucoup plus tôt cette année. Au 5 juillet, plus de 30 % de la collecte étaient déjà rentrés. La sécheresse - qui s'est étendue depuis le printemps jusqu'à la fin de cycle - est le fait marquant de cette campagne. "Avec le sec, les qualités sanitaires sont très bonnes, c'est au moins ça", souligne Renaud Bastide, responsable de la collecte pour la coopérative GPS.

Les rendements sont, en revanche, très hétérogènes et oscillent entre 20 quintaux par hectare et 55 à 60 q/ha. Même observation pour les qualités, très irrégulières selon l'avancée de la céréale au moment des gros coups de chaleur. Les blés rentrés présentent des Poids spécifiques très variables. "On a du très bon avec des PS de 80-82 sur des blés à l'irrigation. Mais, par endroits, les cultures ont beaucoup souffert : les blés se sont atrophiés et les PS ne dépassent pas 70-71."

Au 20 juillet, une grosse partie des moissons sera terminée dans les secteurs les plus au sud de l'union, et début août, même les zones plus au nord seront collectées. "Aujourd'hui, en raison de la maturité des grains, tous les secteurs pourraient être terminés. Le seul paramètre qui pourrait retarder la campagne, c'est la présence des entrepreneurs qui doivent enchaîner les chantiers. Espérons que la pluie ne vienne pas maintenant dégrader la qualité des blés déjà bien mûrs", s'inquiète le responsable de la récolte.

Quelque 12 000 tonnes de blé dur ont été récoltées l'année dernière sur l'ensemble du territoire de Duransia. Cette année, il faudra compter sur 30 % de moins, d'après Renaud Bastide. 

Manon Lallemand & Emmanuel Delarue •
Bouches-du-Rhône, Vaucluse 15/07/2022
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Blé tendre : rendement moyen en "légère baisse"

Le rendement moyen du blé tendre est estimé à 69,5 q/ha.

© Crédit photo : DR

Le rendement moyen du blé tendre est estimé à 69,5 q/ha, en "légère baisse" par rapport à la moyenne décennale, ont annoncé Arvalis et Intercéréales dans un communiqué, le 1er juillet. Un niveau en recul de 2 % par rapport à 2021, et de 3 % par rapport à la moyenne décennale. Les organisations tablent sur une teneur moyenne en protéines de 11,6 %, "proche de la moyenne".

"La récolte française de blé tendre devrait être en légère baisse et est marquée par une hétérogénéité inédite", affirme le président d'Intercéréales, Jean-François Loiseau. "Cette campagne 2021-2022 a été difficile pour les producteurs, avec des aléas climatiques exceptionnels" (sécheresse, gel, grêle) expliquant les variations attendues de rendements. Les blés implantés sur des sols peu profonds ont "particulièrement souffert du manque de précipitations". Néanmoins, "le blé français est au rendez-vous pour répondre à tous les besoins de notre marché intérieur, et assurera son rôle à l'international", assure M. Loiseau.

Céline Zambujo •
Bouches-du-Rhône, Vaucluse 15/07/2022
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Céréales

Le vent de panique sur les marchés financiers touche les céréales

Le blé pris en otage

© Crédit photo : Eddie

Le spectre de la récession, qui a fait dégringoler pétrole et monnaies sur les places financières, a gagné le marché des produits agricoles où les cours du blé, du maïs et des oléagineux suivaient ces dernières semaines une courbe irrégulière mais descendante. Le 6 juillet, les prix des céréales ont chuté de Chicago à Paris, devant la menace de la récession, conjuguée au risque d'une nouvelle vague de propagation du Covid-19, "venant inciter l'ensemble des acteurs à réduire leur exposition face aux risques de marché", selon une analyse du cabinet Agritel. Sur le marché américain, le cours du blé était redescendu vendredi à son niveau du 23 février, veille de l'invasion russe de l'Ukraine. Sur Euronext, le recul, moins spectaculaire, est aussi là, avec mardi soir la tonne de blé sous les 332 € pour une livraison à brève échéance, en recul de 7,5 % sur une semaine.  

Autre facteur de baisse des prix : un nouveau mode de calcul des taxes à l'exportation de la Russie, qui passent du dollar au rouble, entraînant mécaniquement une baisse des taxes de plusieurs dizaines de dollars par tonne.

Céline Zambujo •
Vaucluse 15/07/2022
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L'Isle-sur-la-Sorgue

Du blé au pain, une filière 100 % locale

En 2018, Yannick Mazette, boulanger de l'Isle-sur-la-Sorgue rencontre Loïc Charpentier, responsable de l'exploitation du lycée agricole La Ricarde, dans l'idée d'animer la filière grandes cultures à l'échelle locale. Quatre ans plus tard, le projet se porte toujours aussi bien. Retour sur cette success-story au bon goût de pain.

Cette année, la moisson a commencé avec près de dix jours d'avance pour les élèves du lycée agricole La Ricarde de l'Isle-sur-la-Sorgue.

© Crédit photo : ML

Lorsqu'en 2018 Yannick Mazette, boulanger à l'Isle-sur-la-Sorgue, rencontre Loïc Charpentier, responsable de l'exploitation du lycée agricole La Ricarde, le courant passe de suite. Le premier cherche à animer la filière du blé à une échelle locale ; le second produit la fameuse céréale sur l'exploitation de l'établissement.

"Au départ, je réponds à une démarche d'attractivité promue par le maire de l'Isle [Pierre Gonzalvez, ndlr] en 2017, en me demandant comment nous, boulangers, nous pouvons apporter notre pierre à l'édifice ?", s'interroge Yannick Mazette. Un travail de structuration de la filière grandes cultures est également à l'œuvre au niveau régional, avec la baguette 'Lou pan d'ici'. "Nous avons la chance d'avoir un lycée agricole à l'Isle-sur-la-Sorgue, et un maire prêt à nous accompagner. C'était le moment de faire quelque chose", se souvient le boulanger, désormais président de la Chambre des métiers et de l'artisanat Paca (CRMA).

L'idée est simple : cultiver du blé tendre, le transformer en farine et la vendre aux boulangeries de la commune, afin de produire des baguettes 100 % locales. "Et, en même temps, il fallait bien penser le projet pour que la filière soit pérenne et économiquement viable", explique Loïc Charpentier.

À l'époque, le lycée contractualise avec la Coopérative agricole Provence-Languedoc (CAPL), mais majoritairement en blé dur. Il a donc fallu récupérer quelques hectares pour faire du blé tendre. "Avant, nous faisions des variétés pures en blé tendre. Du montecarlo, de l'arezzo et un peu d'orloge... Il a donc fallu recréer un mélange correspondant à la meunerie, avec 20 % de montecarlo, 20 % de calumet, 20 % d'arezzo et 40 % d'apache, qui donne au pain une couleur un peu ambrée", poursuit le responsable de l'exploitation.

Les premières plantations ont alors lieu à l'automne 2018 sur environ trois hectares, et 18 tonnes sont récoltées l'été suivant, avant d'être transformées en 14 t de farine à la minoterie Giral, à Orange, puisque l'Isle ne dispose pas de sa propre meunerie.

Augmenter la production

Très vite, la démarche prend de l'ampleur. Le lycée agricole pilote les cultures, le meunier s'occupe du circuit de distribution et de l'approvisionnement, et le président de la CRMA continue de pousser le projet, tout comme celui du pain régional 'Lou pan d'ici'.

Ni vu, ni connu, la surface semée augmente très vite, passant à presque 30 hectares aujourd'hui. Si, l'année dernière, les blés ont souffert du gel - ne permettant qu'une récolte de 78 t -, 2022 devrait signer le retour des quantités déjà obtenues en 2020, aux alentours de 140 à 160 t. La moisson vient d'avoir lieu, fin juin-début juillet, avec près de dix jours d'avance.

Malgré la sécheresse, les épisodes de pluie sont tombés au bon moment, comme le souligne Loïc Charpentier : "En février, ça a permis l'apport d'azote nécessaire et, en avril, le développement de la masse foliaire et des grains". À cela s'ajoute "un terroir favorable, aux nappes peu profondes, et un semis précoce, qui fait que le blé était bien enraciné". Floraison correcte, nombre de grains par épi dans la moyenne (environ 45 grains), Poids spécifique légèrement inférieur à d'habitude, mais avec la belle promesse d'une bonne teneur en protéine... Bref, la qualité est au rendez-vous !

Pour les jeunes, l'expérience est intéressante. "Ils sont bien impliqués dans le projet. Il y a un aspect pédagogique, social et économique qui le rend complet", affirme le responsable de l'exploitation. La filière pourrait encore se développer selon lui, "mais on aurait besoin que d'autres producteurs se lancent dans la démarche".

Projet précurseur et déconnexion de la spéculation

Si la farine isloise a effectivement besoin de plus de producteurs pour continuer à s'étendre, les deux hommes peuvent déjà se féliciter du chemin parcouru. "Le projet a évolué dans le bon sens. Mais ce qui est important à souligner, c'est qu'on a été précurseur et visionnaire, surtout quand on voit se qui se passe aujourd'hui", constate Yannick Mazette.

L'initiative se cantonne pour le moment à l'échelon local, certaines étapes restant encore à franchir, mais tout en respectant une perspective primordiale : "Se déconnecter des cours mondiaux et de la spéculation, pour que tout le monde puisse vivre décemment de son métier", précise Loïc Charpentier. "Pour emmener les agriculteurs avec nous, il fallait un modèle économique viable. Je crois beaucoup en la filière et en son développement, mais il faut que l'utilisateur trouve son intérêt", poursuit le président de la CRMA.

Aujourd'hui, la contractualisation auprès de la minoterie Giral d'Orange permet une juste rémunération. "On ne peut plus dire qu'on va uniquement sur des projets qui vont rapporter. C'est vrai, une année, le cours du blé sera peut-être supérieur, une année en forte baisse. Avec cette initiative, on ne subit plus la fluctuation. Mais effectivement, ça doit obliger les agriculteurs à réfléchir sur le long terme", considère le boulanger.

Avec un prix de farine à 0,85 € le kilogramme - en très légère augmentation avec la hausse des salaires, entre autres - la recette isloise est un peu plus chère que la plupart des farines. Mais la démarche reste positive. "Peut-être que le prix est trop élevé pour certains, mais le contrat est réfléchi. Quand on voit l'envolée des prix du blés et la qualité de notre farine - de tradition française et sans additifs -, on se dit que, si on peut jouer le jeu de l'indépendance, il faut y aller au maximum'" proclame-t-il.

"Plus consomm'acteurs que consommateurs", les habitants sont évidemment séduits par le fait de faire vivre une économique positive du territoire, d'autant plus qu'une côte part des ventes de farine est reversée à l'association 'Village monde', toujours dans l'idée de participer à l'attractivité de la ville touristique qu'est l'Isle-sur-la-Sorgue. Reste donc désormais à convaincre les transformateurs : "La hausse en production ne pourra intervenir que s'il y a une demande. Mais, pour cela, il faut une prise de conscience du transformateur".

Une chose reste certaine : la filière joue la carte de la souveraineté, et la démarche semble plaire. Le projet pourra-t-il s'étendre au-delà de la commune et de sa communauté d'agglomération ?"Notre volonté s'applique d'abord à développer correctement cette idée sur l'Isle et la communauté de communes. Mais, dans l'idée, on pourrait l'ouvrir au reste du département", admet Yannick Mazette. Après tout, avec'Lou pan d'ici'- également en partie élaboré dans le Vaucluse aux minoteries Giral et Tarascon- il ne paraît pas indécent qu'un jour le projet local se fonde dans une échelle plus grande... 

Manon Lallemand •
Bouches-du-Rhône, Vaucluse 15/07/2022
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Désherbage

Moins de chimique, plus de  mécanique

Bien avant la moisson, il y a le temps de l'implantation, puis celui du désherbage. Pour choisir, rien de tel qu'une démonstration d'utilisation de herses et de bineuse, afin de mettre en lumière le désherbage mécanique, dans le cadre du programme 'Biodur'.

Lors d'une après-midi de démonstration à l'Isle-sur-la-Sorgue, plusieurs matériels ont été présentés, notamment la herse étrille ETR-AVT.

© Crédit photo : ML

Relancer la filière blé dur en Paca, voilà l'objectif ambitieux que s'était fixé le projet 'Biodur', financé par l'Union européenne et la Région Sud, dans le cadre du Fonds européen agricole pour le développement rural (Feader). En partenariat avec l'Institut du végétal-Arvalis, le lycée La Ricarde de l'Isle-sur-la-Sorgue s'était naturellement proposé de mener des essais, facilitant l'aspect logistique grâce à la présence de matériels agricoles, présents sur place.

"Il y avait matière à étudier dans le cadre de ce projet, principalement dans les manières d'atténuer, voire de contourner, certains freins technologiques à la culture du blé dur", explique Mathieu Marguerie, référent technique grandes cultures chez Arvalis. Parmi les principaux problèmes rencontrés, il cite notamment la gestion de l'azote et de l'enherbement. Le projet regarde également la question variétale et l'adaptation en région Provence Alpes Côte d'Azur.

Sur le plan de l'enherbement, et donc du désherbage, l'institut a pu observer qu'en soit, le simple fait de "ne pas abuser du blé sur blé" - en organisant une bonne rotation des cultures - était déjà un bon moyen de lutte contre les adventices vivaces. Pour mener les parcelles en bio, la date du semis a également son importance : "On note entre 10 à 15 jours de décalage, voire plus, par rapport au conventionnel." Le référent précise aussi l'importance d'un blé bien enraciné, pour pouvoir passer les machines et ainsi procéder à un désherbage mécanique, plutôt que chimique. C'est sur ce schéma que s'est basé le lycée afin de mener l'expérimentation.

L'idée de combiner les outils restant assez théorique pour certains points, il a été décidé, pour la herse étrille, de "viser un passage dès le stade de la troisième feuille, pour avoir un blé plus enraciné jusqu'au tallage". La bineuse pouvant, quant à elle, être passée jusqu'au début de la montaison, l'utilisation des deux outils a semblé à Mathieu Marguerie "assez pertinente", d'autant que le climat sec permet des créneaux de passage de la herse intéressants.

Des tests concluants donc, ce qui a amené Arvalis, Agribio 04 et les Chambres d'agriculture des Alpes-de-Haute-Provence et des Bouches-du-Rhône à organiser une démonstration au lycée agricole, au cours du printemps dernier.

Apprendre à manipuler les outils

Vincent Burens, de la société Novaxi - qui développe des solutions de désherbage - présentait pour l'occasion la herse étrille HE, du constructeur ETR-AVT, basé à Vendeuvre-sur-Barse, dans l'Aube (10). Avant que le tracteur ne se lance dans le champ, le commercial détaille dans son explication : "Chaque dent de sept ou huit millimètres, selon le type de sol, est indépendamment rattachée au support, pour ne pas perdre en précision." Le réglage de la pression se fait mécaniquement ou de façon hydraulique (en option). Les panneaux sont disponibles en six ou sept rangées, et la vitesse d'avancement dépend des sols. "Normalement, l'outil ne fait pas remonter de pierres", assure Vincent Burens. Immédiatement après le passage dans la parcelle, techniciens et élèves du lycée s'agenouillent pour observer. "Cela peut paraître destructeur quand on vient de passer, mais avec l'humidité, le blé couché repart directement après", précise Loïc Charpentier, responsable de l'exploitation.

Dépliée, elle semble gigantesque. Avec ses 12,20 mètres, la herse étrille de précision semi-portée - avec essieu TS de l'Allemand Treffler - impressionne. Repliée sur des longueurs de 7,70 m ou de 3 m, la polyvalence est de mise. "Ces trois largeurs permettent de travailler tous types de cultures", affirme Nicolas de Serres, responsable commercial chez Stecomat. Avec ses six roues de jauge pour porter le châssis, la herse promet le meilleur semis possible, avec une agressivité d'attaque de la terre qui se fait à l'avancement. Une agressivité dont le réglage reste à surveiller. Mal calibrée au début de la démonstration, elle a effectivement offert aux jeunes du lycée la surprise d'avoir arraché quelques plants.

Plus classique, la herse Weeder - et ses 15 années de bons et loyaux services au lycée - a également été présentée. "Avec ses 5,5 mètres, pour croiser au maximum, sa dent longue et fuyante, pour peigner le sol, et son débattement un peu plus simple, on a du bon travail, surtout quatre ou cinq jours après un bon binage, pour égaliser", avance Vincent Burens.

La bineuse du lycée sous toutes les coutures

L'après-midi a permis la mise en avant de la bineuse du constructeur anglais Garford, spécialisé dans cet outil depuis 1953, ce qui permet "beaucoup d'opérations disponibles et donc des outils calibrés et polyvalents", assure Vincent Burens. Ces bineuses inter-rang sont effectivement conçues sur mesure en fonction des cultures, des écartements et du nombre de rang.

Celle présentée appartient au lycée La Ricarde depuis deux ans. "Il y a tout un système de guidage, avec les positionnements des dents et la profondeur du binage. On va venir scalper la mauvaise herbe", développe le commercial de Novaxi. Cette bineuse calcule 30 fois par seconde le milieu du rang, afin d'assurer la position du tablier avec les deux vannes en opposition. Assez lourde pour garantir une stabilité au champ, elle est toutefois relativement simple à manipuler.

"Tout dépend du stade auquel est passée la bineuse. Mais, en général, il y a un vrai gain de minéralisation qui se retrouvera ensuite sur le taux de protéine plus que dans le rendement", précise Mathieu Marguerie. Si celle-ci bine sur tous les rangs, il précise que, pour d'autres qui ne passeraient qu'un rang sur deux, aucune perte de rendement n'a été observée. Les cailloux bougent peu grâce au contrôle de la profondeur, le système GPS RTK est approuvé et fonctionne bien lors des semis, des disques plats peuvent être rajoutés pour les bras lors du travail de terres en dévers... Un instrument sur mesure dont le lycée est aujourd'hui satisfait.

Après un test, certains jeunes s'exclamaient : "Tu as l'âme d'un agriculteur", parlant d'un jeune camarade qui descendait du tracteur. "J'espère bien", a-t-il répondu, dans la même bonne humeur qui aura transcendé toute cette après-midi de démonstrations.

Manon Lallemand •

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