VITICULTURE
C'était attendu ! Après celui des Pays d'Oc en novembre dernier, Inter Rhône dépose un accord de durabilité pour les AOC Côtes du Rhône et Côtes du Rhône Villages rouges Haute valeur environnementale et bio. À la clé : des prix d'orientation.
Des prix d'orientation équivalents aux coûts de production minimal ont été établis pour les côtes-du-rhône et côtes-du-rhône villages rouge bio et HVE.
© Crédit photo : Colombe Production
Une réponse à la crise concrète : les premiers accords de durabilité sont annoncés. Une révolution et une première mondiale dans le secteur viticole : ces accords permettent désormais d'établir des prix d'orientation pour les vins certifiés biologique et Haute valeur environnementale (HVE). Après l'interprofession des Pays d'Oc IGP mi-novembre, Inter Rhône, le Syndicat des vignerons des Côtes du Rhône et l'Union des maisons de vins du Rhône (UMVR) ont obtenu un feu vert exceptionnel de la Commission européenne, qui voit en ce dispositif un outil innovant pour valoriser économiquement les producteurs engagés dans ces certifications, et pérenniser les pratiques durables.
À l'occasion de son assemblée générale du 7 novembre 2025, Inter Rhône avait voté à l'unanimité le dépôt d'un dossier visant à mettre en place un accord de durabilité interprofessionnel, portant exclusivement sur les vins rouges des appellations Côtes du Rhône et Côtes du Rhône Villages (sans dénomination géographique). Ce 9 décembre, c'est acté. L'accord global est porté collectivement par les trois structures au nom de la filière, et est prévu pour une durée initiale de deux ans.
"Ce périmètre ciblé sur les rouges des AOC Côtes du Rhône et Côtes du Rhône Villages nous permet d'agir là où les enjeux économiques, environnementaux et d'image sont les plus structurants, dans un contexte difficile. Le cadre est clair, collectif et progressif. Il constituera un outil d'appui et de pilotage de la transition, en complément des démarches déjà engagées localement par de nombreux vignerons et collectifs de producteurs", partage Philippe Pellaton, président d'Inter Rhône. "Cet accord marque une ligne rouge : la durabilité n'a plus vocation à être une charge laissée aux seuls vignerons", poursuit Damien Gilles, président du Syndicat des Vignerons des Côtes du Rhône. Qui renchérit : "Nous refusons que la valeur se construise d'un côté et s'effondre de l'autre. Ces orientations ne sont pas un plafond ni un plancher : elles sont un socle. Un repère collectif pour éviter que la filière ne s'affaiblisse davantage et pour garantir que la transition environnementale reste possible. Ignorer ces signaux, ce serait tourner le dos à l'avenir des Côtes du Rhône. Ce résultat est l'aboutissement de plus de deux ans de travail mené par le Syndicat des Vignerons des Côtes du Rhône, avec une volonté claire : assurer un prix juste et rémunérateur pour les viticulteurs engagés dans une démarche environnementale ou biologique".
Enfin, le message du président de l'UMVR salue l'adaptabilité du contrat : "Nous ne voulons pas figer le marché, nous voulons éviter qu'il se fracture tout en soutenant une production durable. Ces prix d'orientation ne sont pas des verrous, ils sont une base commune. Libre à chacun de s'en inspirer, mais impossible d'en ignorer les conséquences pour l'équilibre de la filière", alerte Samuel Montgermont.
Cet accord repose sur un cadre européen récemment consolidé, qui permet aux producteurs agricoles, lorsque cela contribue à des objectifs environnementaux, d'agir collectivement en dérogeant sous conditions au droit de la concurrence (article 210 bis du règlement UE 1308/2013 et lignes directrices publiées par la Commission européenne en 2023). Cette gouvernance partagée garantit un dispositif commun entre production et négoce, essentiel à l'efficacité de la démarche. Il s'adosse au cadre national porté par Vignerons Coopérateurs de France auprès de la Commission européenne.
Il s'agit d'une première étape structurante pour construire, dans la durée, un modèle viticole plus résilient, durable et économiquement viable, et pour éviter le désengagement d'exploitations engagées dans des démarches environnementales.
Ces coûts ont été établis de façon concertée par deux commissions interprofessionnelles réunissant producteurs et négociants, organisées pour les segments bio et HVE. Elles ont analysé de manière extensive les coûts de production, les réalités de marché et les marges de soutenabilité économique. Elles ont défini les prix d'orientation pour la campagne à venir (voir tableau). Ces orientations tiennent compte des surcoûts liés aux certifications environnementales et visent à garantir une rémunération juste, tout en maintenant la compétitivité de la filière.
Les fourchettes de prix définies pour le HVE permettent d'intégrer la diversité des situations économiques avec une forte variabilité des coûts de production, particulièrement vraie pour les côtes-du-rhône HVE, et d'offrir plus de souplesse dans les négociations.
Enfin, s'il est prévu pour deux ans, les familles professionnelles se réservent la possibilité de renégocier ces prix d'orientation en fonction d'évolutions significatives des coûts de production, des rendements, des conditions de marché ou de la réglementation.
POUR ÊTRE précis-
Concrètement, cet accord doit :
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06/06/2023
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