À l'initiative du Département de Vaucluse, professionnels et élus ont visité, le 22 novembre dernier, la Cuma Saint-Ferréol de Lamotte-du-Rhône et la coopérative agricole Terroirs du Sud, à Bollène. ©CD84
Alors que la pluie battante empêche la délégation de faire le tour des matériels de la Cuma, les discours se déroulent bien à l'abri d'un grand hangar. Le président, Frédéric Baumet, présente alors la Cuma Saint Ferréol, créée il y a 38 ans, comptant 39 adhérents et réalisant un chiffre d’affaires de 110 000 € HT. « La valeur de son parc matériel s'élève à 1,18 million d’euros, un parc qui permet le travail dans trois activités importantes : d'abord le travail du sol et semis en grandes cultures, semences porte-graines et plantes aromatiques (trois tracteurs, tout le matériel de travail du sol). Ensuite, le matériel dédié à la culture de la vigne de cuve (machines prétaillage, broyeur sarments, tracteur vigneron, écimeuse, deux machines à vendanger). Enfin, le dernier pôle regroupe des petites activités de travail (broyeur, presse, scie, tondeuse, sous-soleur) », précise le président, relevant le rôle « non négligeable dans l'activité économique locale » de la Cuma : « Elle fait travailler au travers de ses multiples activités les commerces liés à l'agriculture, les coopératives et le négoce en approvisionnement ou collecte. En outre, elle procure des emplois dans un lieu où l'on favorise le partage, l'échange, la mise en commun. C'est une école de la vie pour les jeunes ». Enfin, Frédéric Baumet président évoque le grand projet pour 2017, à savoir « la création d'un hangar photovoltaïque pour mettre à l'abri et pérenniser la Cuma, car aujourd'hui le matériel est disséminé chez les adhérents ». Avant de terminer, le président propose sa version de la traduction du sigle Cuma qu'il définit ainsi : « Une Cuma, c'est Carrément Utile au Maintien de l'Agriculture ». CQFD !
Un exemple de coopération et de réussite.
Puis, la visite se poursuit avec la visite du SIV, le Silo portuaire intercoop de Vaucluse, balayé les vents et la pluie en tempête, jouxtant un Rhône menaçant. Le président, Laurent Sabatier, rappelle l'intérêt de cet outil, créé en 1985 qui peut accueillir 24 000 tonnes de céréales : « Le SIV est, et restera un exemple de coopération et de réussite pour les agriculteurs de notre région. En effet, pour 5,2 millions d’euros d’actif, nous avons perçu 2,4 M€ de subventions (Feoga, état, région, département, commune de Bollène). Le SIV reste un élément portuaire céréalier majeur de la Vallée du Rhône, à la fois outil de stockage mais aussi de commercialisation ».
Enfin, dernière étape, les locaux de la coopérative Terroirs du Sud, à Bollène. Le directeur général, Denis Maucci « heureux de voir que les élus s'intéressent à notre activité », présente l'entreprise et ses multiples ramifications. Il dresse un tableau général du marché des céréales, agrémenté d'un quizz improvisé, et souligne que si la région est idéale pour la production de blé dur, elle l'est plus encore pour les semences hybrides. Pour preuve, « une firme américaine en produit sur 4000 à 5000 ha en Vaucluse ».
En 2016, la collecte a augmenté après une baisse en 2015, favorisée par de meilleurs rendements, explique le président, Jean-Pierre Bouiron, et le président-délégué, Pierre Volle, non sans pointer du doigt quelques inquiétudes : « Les surfaces grandes cultures sont en diminution », rappellent les deux élus. L'avenir passe par la maîtrise des coûts : « Notre coopérative a dû et doit se restructurer pour faire face aux défis de demain. L'évolution est constante et nécessaire, l'adaptation doit l'être aussi dans un contexte où les regroupements s'accentuent. ». Toutefois, président et président-délégué rappellent immédiatement que les fonds propres sont excellents, « car il vaut mieux, dans une négociation, arriver fort et en bonne santé. Ces fonds propres s'élèvent à plus de 6,5 M€ et sont 6,5 fois supérieurs à nos dettes à long et moyen terme. Le résultat est de 226 K€, après affectation d'un résultat exceptionnel de 265,9 K€ ».
Trouver un accord avec la Région.
Le choix des deux visites par le Conseil départemental n’est pas anodin. Il est fait pour démontrer, par l’exemple, les choix fait au niveau du département, comme l’explique Christian Mounier, vice- président du Conseil départemental de Vaucluse, et président de la Commission Agriculture-Eau-Environnement. « Nous sommes heureux en Vaucluse d'avoir cette filière céréalière. D'ailleurs, on aimerait aussi que dans certains endroits les terres soient entretenues avec des céréales plutôt que de voir des friches... », une transition revendiquée pour détailler les grandes lignes des actions à venir : « Nous voulons continuer les aides aux Cuma, mais il faut trouver un accord avec la Région qui a la compétence économique. Nous savons que sur l'investissement nous pourrons continuer. La problématique c'est sur le fonctionnement. Il faudra trouver un moyen pour vous accompagner sur la totalité de vos projets. Nous voulons aussi affirmer notre volonté d'aider toutes les filières, conventionnelles ou bio, les jeunes, la recherche, le développement des circuits courts et toute la représentation syndicale », concluait-il.
Francis Pabst, CLP
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